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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 07:24
Que se passe-t-il au sein de notre cerveau lorsque nous lisons ? Ce mystère a été peu à peu dévoilé ces dernières décennies à la faveur d’une meilleure connaissance du fonctionnement de notre cerveau et du développement de nouveaux outils technologiques permettant notamment d’observer avec précision les fluctuations de l’activité cérébrale et neuronale. Ainsi, il était connu depuis désormais plusieurs années que le fait de lire résultait de l’activité simultanée de plusieurs zones du cerveau. « Chaque région a plus spécifiquement en charge un aspect de la lecture », rappelait hier un communiqué de presse de l’INSERM ; déchiffrer les mots, les associer à un sens et les intégrer au sein d’une phrase. Les scientifiques avaient également déjà pu mettre à jour que chacune des aires convoquées pour parvenir à « lire » n’officient pas séparément. Pour être efficace, le travail opéré par notre cerveau nécessite en effet une action commune « grâce à des interactions intenses permettant à chaque aire cérébrale d’échanger avec les autres à longue distance ». Or, ce qui échappait jusqu’alors à la compréhension des scientifiques concernait « la forme prise par ces interactions neuronales à longue distance ». Sans cette donnée, il demeurait impossible de déterminer clairement « qui travaille avec qui et à quel moment » au sein de notre cerveau, lorsque nous lisons ou réalisons n’importe quelle autre tâche cognitive. Une corrélation efficace « C’est une question que l’on se pose depuis 20 ans, mais le matériel à notre disposition ne nous permettait pas » d’y répondre explique Jean-Philippe Lachaux, qui dirige le Centre de recherche en neurosciences de Lyon (INSERM), interrogé par le site Allo Docteurs. Enfin, son équipe, en collaboration avec des chercheurs du Collège de France et du CHU de Grenoble ont pu observer « pour la première fois ces interactions neuronales ». Pour ce faire, Jean-Philippe Lachaux et son équipe ont sollicité des patients souffrant d’épilepsie durant la phase d’exploration précédant une intervention. Au cours de cette période, les patients volontaires ont accepté de voir mesurer leur activité électrique neuronale alors qu’il lisait un conte de fées. « Les résultats montrent que les composantes rapides de l’activité neuronale mesurée dans les aires de la lecture varient de façon corrélée lorsque ces dernières doivent interagir, notamment lors de l’accès au sens du texte » explique l’INSERM. De façon plus concrète, Jean-Philippe Lachaux résume : « Concrètement, on a vu la courbe représentant la région 1 et la courbe représentant la région 2 se superposer ». Des intuitions confirmées Grâce ces travaux, l’équipe confirme une intuition qu’elle avait déjà formulée lors d’observations précédentes qui lui avaient permis de présenter ces interactions rapides, baptisées « activité gamma » comme « d’excellents biomarqueurs du traitement de l’information dans le cortex ». Plus encore, cette étude laisse deviner que « les communications neuronales à distance (…) jouent un rôle central dans toute la cognition humaine ». Aujourd’hui, Jean-Philippe Lachaux et ses confrères voient leurs résultats publiés dans le Journal of Neurosciences. Ils ouvrent de nouvelles pistes concernant la compréhension de différentes pathologies neurologiques et notamment l’épilepsie. Aurélie Haroche 16/05/2012

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Published by Chronimed - dans Concept
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