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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 23:50
Investir dans la surprise Comment décontaminer la culture scientifique spoliée par le corporatisme ?

Miroslav Radman de l’Académie des Sciences, professeur à l’Université René Descartes-Paris5 et fondateur de l’Institut Méditerranéen des Sciences de la Vie à Split, Croatie.

Quand on lui remit un Oscar pour l’ensemble de son œuvre cinématographique, un journaliste demanda à Robert Altmann comment il dirigeait ses acteurs et ce qu’il attendait d’eux. Il a répondu : « J’attends de mes acteurs qu’ils me surprennent et c’est pourquoi je ne peux pas leur dire comment ». Bien sûr, Altmann a préalablement bien choisi ses acteurs, en prenant des risques avec un ou deux jeunes talents pour les rôles secondaires.

Dans la recherche scientifique, la surprise caractérise et défini la véritable découverte. Alors, il faut investir dans la surprise ! Comment ? Voici quelques solutions. Commençons par un diagnostic de l’état actuel de la recherche scientifique. La stratégie du financement de la recherche par l’Union Européenne, y compris la France, est d’évidence peu productive en termes des découvertes scientifiques et innovations technologiques. Sans un changement assez radical, les éventuelles augmentations budgétaires ne mèneront pas aux ruptures innovantes espérées, mais simplement à la continuation des recherches dites « mainstream » (plus de la même chose). Que faut-il changer et comment? D’abord nous devons identifier les freins et les accélérateurs du processus de la découverte et de l’innovation, puis éliminer les premiers et développer les deuxièmes.

Les freins? À mon avis la culture corporatiste a contaminé et intoxiqué la culture scientifique. Corporatisme est devenue le parasite castrateur de la créativité scientifique, au point de la transformer, par sélection progressive, en culture de managers et de techniciens démunis de talent explorateur. Cette sélection a été tellement rapide qu’il y a aujourd’hui un sérieux danger de disparition des chercheurs créatifs - ressources humaines pour les découvertes et inventions.

Ce processus s’est déroulé parallèlement, et de façon semblable, avec l’épidémie de la culture des casinos spéculatifs dans l’économie mondiale qui a marginalisé et paupérisé les créateurs et producteurs des biens matériels et intellectuels. Sauver la recherche et les chercheurs créatifs passe donc d’abord par la décontamination culturelle de la recherche publique. Cette décontamination, il est vain de l’attendre des politiques européens qui se sont entouré d’agents du maintien du statut quo, plutôt que de connaisseurs en créativité et innovation. Ma critique n’a rien de « politique » ni de personnel (je suis assez bien traité par l’establishment) : j’écris ceci parce que je ne veux pas que retombe sur nous la honte de laisser à nos enfants une situation culturelle et financière pire que celle transmise par nos parents.

Ceux qui déterminent la politique de la recherche européenne ne sont pas à la hauteur de leur tâche. Ils sont incapables d’investir dans la surprise. Exemple ? Chose impensable pour les sportifs et artistes de haut niveau, les chercheurs reçoivent de leur propre establishment (institutions qui distribuent le financement public, national ou européen) les listes précises des recherches « finançables » sensées d’être utiles pour l’industrie, donc pour l’emploi. Ce menu des recherches désirables s’appelle « axes prioritaires ».

C’est un peu comme si le Ministère de la culture annonçait qu’il soutenait seulement les musiciens qui composent en Si bémol et les peintres qui peignent les bateaux, de préférence pétrolier et de couleur verte. Autant dire qu’on ne finance pas les innovations.

Les accélérateurs ? Commençons par définir ce qu’est une véritable découverte scientifique et une invention technologique originale. C’est une surprise et une rupture conceptuelle ou technologique. La découverte se reconnaît facilement par la nécessité qu'elle impose de créer un nouveau mot : la radioactivité, l’antibiotique, le sémiconducteur, etc.

Quand le chercheur ne peut pas décrire ce qu’il vient de découvrir avec le vocabulaire existant, c’est qu’il s’agit d’une découverte. ( Le seul visa qui m'autorise faire ces commentaires est une modeste contribution : l'introduction d'un mot – système SOS - dans le vocabulaire biologique). La France a un champion des recherches fondamentales ayant nécessité la création des nouveaux mots (opéron, répresseur, opérateur, inducteur, réplicon,..) – c’est François Jacob. Le créateur d’un nouveau terme - accepté par la communauté scientifique - reçoit souvent le prix Nobel pour le concept, la méthode ou la technologie désignée par le nouveau mot.

Il est donc impossible de rédiger un projet de recherche, à la fois original et crédible, promettant une découverte, dans le style : « Je vais découvrir quelques choses dont je n’ai aucune idée et je ne sais même pas comment ça s’appelle ». Et pourtant, même si la découverte est une surprise, par définition imprévisible, il existe des chercheurs et des lieux scientifiques qui ont une tendance chronique à accumuler les surprises. Un institut, devenu Université Rockefeller à New York, a accumulé à lui seul plus de Prix Nobel de médecine que la France. Polytechnique de Zurich (ETH) a ramassé 24 prix Nobel et le petit bâtiment du laboratoire MRC à Cambridge, neuf prix Nobel ! Pourtant, ces institutions n’ont pas investi dans un projet ou un produit.

Mais elles ont imaginé un processus vivant à créer beaucoup des projets et des produits différents pendant long temps. De véritables usines à production des surprises !

Quelle est donc la méthode de ces usines à succès? Quand j’ai demandé au Prix Nobel Max Perutz, qui dirigea pendant vingt ans le laboratoire MRC, en quoi consiste la stratégie du succès du plus productif des laboratoires de recherches biomédicales, il m’a répondu : « Il n’y a pas de stratégie ! Simplement, trouvez des chercheurs exceptionnels.

Donnez-leur les meilleures conditions de travail et de vie. Et – le plus important – laissez leur faire ce qu’ils veulent - « leave them alone ». À une réunion sur la création (avortée) d’une sorte d’Institut Rockefeller parisien, le Dr. Laurent Alexandre, membre du Conseil d’initiative, a dit « Quand les meilleurs chercheurs en France gagneront un million d’euro par an, nous aurons l’excellence scientifique ». Si cela peut sembler vulgaire à certaines oreilles, mais, au moins, le message est clair. Songez à la rémunération des champions des certains sports et arts. Pourquoi ne pas reconnaître la valeur du talent des chercheurs qui ont participé à la création de notre environnement vital ?

Évidemment, le chercheur n’est pas source du profit immédiat, mais les Becquerel, Curie, Flemming, et nombreux autres chercheurs et ingénieurs ont fait gagner bien plus d’argent que tous les plus grands sportifs réunis, sans oublier que ces grands chercheurs sont souvent les meilleurs éducateurs pour les futures générations de scientifiques. Combien cela vaut-il ? Ce n’est ni aux financiers, ni aux industriels de répondre : ils n'en savent rien ! C’est la mission éminente des politiques. Il leur revient d'acquérir le savoir nécessaire auprès de ceux qui sont compétents.

Il leur faudra aussi avoir ceci en tête: c’est n'est qu'à force d’innombrables tentatives qu'on parvient à des surprises et à des solutions. Il est donc nécessaire de financer les échecs des bons chercheurs. Personne ne comptabilise les échecs, mais si on le faisait, on verrait que là où il y a beaucoup d’échecs, il y a aussi de succès et là où il y a peu d’échecs, il n’y a pas, ou très peu, de succès.

Comme le disait Pasteur, « la chance ne sourit qu’aux esprits bien préparés » par cette patience intelligente qui se rencontre seulement chez les gens passionnés, obsédés par leur travail et prêts à supporter de nombreux échecs. À la recherche de l'inconnu les échecs sont inévitables car elles font partie constitutive du processus d’innovation. Hélas, ni les politiques, ni les financiers, ni les syndicats n’ont l’air de vouloir comprendre cette banalité.

La sélection des passionnés de la prise de risque est une clé du succès scientifique ! Mais qui doit les sélectionner et comment? Certainement pas les commissions scientifiques recrutées et instruites par les bureaucraties nationales, ou européennes, qui dissimulent derrière leurs gesticulations démocratiques une puissante médiocratie.

Or, on connaît que la médiocrité attire et génère la médiocrité et l’excellence attire et génère l’excellence. Mettre en avant des scientifiques crédibles est la seule solution. On a eu assez de la « démocrature ».

Comparé à la bureaucratie actuelle, le mécénat était bien plus ouvert. Soucieux de ne pas gaspiller leur argent, les mécènes s'entouraient de conseillers compétents.

Hélas, il n’y a plus de mécènes pour les chercheurs créatifs car, à notre époque, les mécènes et investisseurs potentiels répètent qu’ils ne donneront pas leur argent aux chercheurs « pour qu’ils s’amusent » - en travaillant ! Pourtant, c’est exactement ce qu’il faut faire. Car s'est en s'amusant, en ayant du plaisir à chercher, que les chercheurs peuvent résister aux inévitables nombreux échecs qu'ils rencontrent. Si la souffrance était la source d’innovations, les plus pauvres seraient les plus riches.

Généralement peu coûteuses, les découvertes et inventions imprévisibles sont pourtant indispensables à l’enclenchement des nouvelles industries, tout comme la source est indispensable au grand fleuve. Ces découvertes suscitent l’engagement des ressources humaines et financières aboutissant aux nouvelles industries et aux nouveaux succès économiques.

Or, visiblement, en science et technologie, nous sommes aujourd'hui « à sec », les sources des innovations se tarissent car les financements ont été réservés aux recherches appliquées. Lesquelles n'ont manifestement plus grandes choses à appliquer car les chercheurs finissent par faire le faisable au lieu de penser et réaliser l’impensable.

Avant de suggérer des changements, il est utile de bien distinguer la nature du processus de la découverte de celle du développement de son application, puis, ensuite, de l’exploitation industrielle, car, pour chacune de ces étapes, les conditions optimales sont complètement différentes.

La création de conditions stimulant les surprises, nécessite de laisser une liberté quasi totale aux improvisations continuelles des chercheurs aventuriers, passionnés et patients. La « focusion » (une orientation ciblée) si chère aux investisseurs et industriels est contreproductive à cette étape du processus.

Au contraire, l’application d’une invention nécessite une stricte « focusion » et la fabrication du produit final une discipline maximale afin de reproduire fidèlement chaque échantillon. Le chercheur créatif serait un piètre industriel.

Et la réciproque est toute aussi vraie: la culture industrielle a prouvé de manière spectaculaire son inefficacité à découvrir, voire à innover. Les trois géants de l’industrie pharmaceutique Pfizer, Glaxo et Aventis dépensent, d’après eux environ 15 milliards d’euro par an en recherche et développement ! Combien de prix Nobel et combien des médicaments vraiment nouveaux sont sortis de leurs laboratoires ces dix dernières décennies ? Zéro.

Pourtant, les politiques ont invité les financiers, avides de gains rapides, et les industriels, soucieux de produire des biens pour les marchés existants, à mettre en place la stratégie du financement des innovations par la recherche publique !

Étant incompétents pour cette tâche, ils ne se rendent pas compte qu’ils sont en train de détruire la seule source d’innovation qui les ferait survivre dans la compétition internationale. En revanche, une fois la découverte établie, ils sont indispensables pour l’exploiter et donner en retour une partie de leur profit au laboratoire innovateur.

Nous, les chercheurs académiques, sommes tout aussi incompétents à exploiter nos découvertes que les industriels et financiers le sont à les faire surgir ! Il y a 20 ans le coût d’un brevet d’invention provenant d'un laboratoire public était 10 fois moins élevé que celui d'un brevet provenant de la recherche industrielle ! Cette différence a dû encore augmenter.

Pourtant, l’Agence Nationale pour la Recherche (ANR) –  dernière fierté gouvernementale crée pour stimuler l’excellence scientifique – nous demande de remplir d'interminables formulaires faisant état d'un « business plan » qui doit prévoir où en seront les résultats de nos recherches dans 6, 12 et 18 mois. Nous devons aussi prédire quel serait le revenu de l’exploitation industrielle des résultats futurs par une « étude du marché ».

Autrement dit, l’ANR nous demande de faire le travail des industriels et des commerciaux, alors même que les résultats des recherches proposées ne sont pas encore connus ! C’est une insulte à l’intelligence qui mène à la sélection des chercheurs les plus dociles ou pire – des businessmen de la recherche stérile. Une fois posé ce diagnostic, qui n’engage bien sûr que moi, voici les quatre stratégies thérapeutiques que je propose pour soigner ce grand mal:

(1) Stimuler l’émergence de l’excellence scientifique par la récompense immédiate du succès naissant (ce qui était l’intention, oubliée par le Comité Nobel, du testament d’Alfred Nobel :  récompenser la plus importante découverte « de l’année écoulée »),
(2) Soutien direct à l’excellence existante,
(3) Financement de projets ciblés, offerts « aux enchères » aux candidats financiers intéressés,
(4) Création de nouveaux lieux d’excellence scientifique.
Aucune de ces propositions ne requiert le travail de commissions spécialisées, mis à part le point 3 qui peut éventuellement nécessiter la rédaction élaborée de projets déjà sélectionnés par les financiers intéressés.
(1) On utilise la sélection des chercheurs ou laboratoires à récompenser immédiatement - qui a été déjà faite par trois experts anonymes pour les revues scientifiques - de la façon suivante : dès que le chercheur reçoit la preuve que son travail est accepté par la revue scientifique, il/elle envoie ce téléfax au Ministère (ou l’institution assignée par le Ministère). Là, une seule personne suffit pour appliquer une règle simple : envoyer directement au chercheur/laboratoire, comme soutien à la continuation du travail qui vient d’être accepté par les meilleurs spécialistes mondiaux, une somme établie en fonction du « poids scientifique» (facteur d’impact) de la revue scientifique. D’après ce « poids » de la revue, la récompense pourrait aller de mille euros à 300 mille euros, voire plus, pour stimuler la poursuite de cette recherche et, en général, favoriser les recherches qui aboutissent à la publication dans les revues de haut niveau. Cette méthode est « anti-mandarinat » car elle permet la révélation des talents, jeunes ou vieux, indépendamment du passé du chercheur. Ce soutien mérité durera aussi longtemps que le chercheur aura des succès. Il pourra se plaindre un jour de malchance mais pas d’injustice. D’ailleurs, les fautes dans l’évaluation du travail scientifique par les revues scientifiques sont rares.
(2) Pour soutien direct à l’excellence existante, les célèbres fondations américaines McArthur et Howard Hughes Medical Institutes (HHMI) sont exemplaires. La fondation McArthur cherche les « génies » et leur accorde (personnellement) 500 mille dollars pour faire ce qu’ils veulent sans demander de comptes; tandis que le HHMI , lui, cherche les meilleurs laboratoires et leur offre un financement quasi illimité sur 5 ans. À terme, on fait le bilan et le financement est soit renouvelé, soit interrompu. Autant dire que l’excellence productive est ainsi maintenue et stimulée !

À la rigueur, les stratégies (1) et (2) ne nécessitent pas la rédaction de dossiers de projet, ni le travail de commissions. Ce serait un immense progrès, car, à de rares exceptions que je connais et respecte, les chercheurs qui acceptent de faire partie de ces commissions sont généralement incompétents (les plus compétents refusent d'y participer par manque de temps libre).
(3) Tout chercheur désireux de résoudre un problème de société brûlant, ou un problème industriel (projets stratégiques et  recherche orientée par une mission), pourrait soumettre ses projets aux « enchères » de politiques, d'industriels et de financiers réunis en colloques spécialement dédiés à cette tâche (des sortes de foires de la recherche).
(4) Contre le danger d’extinction des chercheurs créatifs et pour créer de nouvelles cultures de la créativité scientifique, il est important de concentrer les chercheurs créateurs dans les « clubs » permanents ou éphémères. Comme sont les campus anglo-saxons avec leurs « faculty clubs ». Les grands physiciens du début du XXe siècle et des biologistes moléculaires dans les années 1950-60 – quand ces sciences sont nées où ont connu leur renaissance – se rencontraient régulièrement et longuement en petites groupes conviviales. Grâce au succès survenus dans ces lieux d’excellence intellectuelle il y a eu l’explosion de ces sciences. Les chercheurs devenus trop nombreux se sont perdus de vue et la qualité innovante de leurs recherches a commencé à baisser : le prix du succès !

Il serait donc utile de créer de nouveaux lieux académiques attractifs pour faire séjourner ensemble les chercheurs motivés, sans programmes organisés – simplement pour se parler des questions qui les passionnent. Le rôle de ces lieux serait de devenir les usines à projet originaux et les épicentres de réseaux de collaborations motivées par les contacts personnels (plus tôt que par le pragmatisme visant à satisfaire les menus composés par la bureaucratie de l’UE).

Je citerais pour exemple de nouveau lieu de rencontres et de concentration de l’excellence scientifique - et bientôt aussi artistique - l'Institut Méditerranéen des Sciences de la Vie (MedILS, HYPERLINK "http://www.medils.hr/"www.medils.hr), créé à Split sur la côte Adriatique en Croatie à l’aide du Gouvernement Croate et de donations des 28 sociétés Croates. Avec un minimum des moyens, une vingtaine des chercheurs réunis à MedILS il y seulement deux ans publient déjà (par chercheur ou par euro) mieux que n’importe quel institut européen. Les projets ont été crée sur place pendant les écoles d’été (une dizaine par an) par les chercheurs entre 23 et 70 ans provenant du monde entier: seuls projets véritablement nouveaux passent. Chaque été il y a une école scientifique pratique pour les enfants de 8 à 14 ans. On espère que les réunions entamées entre chercheurs, artistes et journalistes scientifiques à MedILS deviennent une future tradition. À MedILS, on est logé et nourrit sur place pour maximiser les interactions intellectuelles : c’est une ambitieuse initiative pauvre en moyens mais riche en liberté de penser et de créer.

On peut espérer que la crise financière actuelle nous oblige à accomplir des changements indispensables à la compétitivité économique, laquelle repose pour une très large part sur les innovations scientifiques et technologiques. La présente analyse des freins et des accélérateurs de la découverte scientifique pourrait alors servir d’amorce à une réflexion interdisciplinaire sur les changements à mettre rapidement en oeuvre. Elle pourrait être l'oeuvre d'une réunion des conseillers scientifiques des Présidents des pays de l’UE avec les chercheurs champions de la science et de l'innovation en Europe. Accueillir ce colloque serait un bon emploi du MedILS.

Mon message principal est: on connaît bien la méthode à faire surgir les découvertes et les inventions qui ne vieillit pas - la liberté à créer "sans but lucratif" – qui seule, avec un peu de patience, crée des industries nouvelles et lucratives. Pour la société, c'est l'assurance-vie à long terme.

 

 

 

 

 

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Published by Chronimed - dans Concept
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