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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 14:04
Ce laboratoire pharmaceutique a reçu cette semaine le prix Pierre Potier de la chimie « verte » pour la fabrication industrielle de l'artémisinine, le plus efficace des traitements antipaludéens. Le monde manque d'artémisinine. Or les dérivés de cette substance sécrétée par l'armoise (Artemisia annua), une plante originaire de Chine, fournissent l'essentiel des traitements utilisés contre l'épidémie de paludisme responsable de près d'un million de morts par an, principalement en Afrique et en Asie du Sud-Est. Pour le moment, l'essentiel de la production mondiale d'artémisinine (de 30 à 40 tonnes par an) provient de l'agricul­ture. Mais les aléas, en particulier climatiques, menacent la stabilité des approvisionnements et renchérissent les prix (avec des écarts allant de 1 à 4 ces dernières années), alors que, dans le même temps, les besoins en traitements antipaludéens ne cessent de croître. Éradiquer le paludisme «Si demain on veut éradiquer le paludisme, il faudra produire au moins 80 tonnes d'artémisinine par an», souligne Francis Carré, vice-président du département chimie et biotechnologies. Le tout à des prix stables et accessibles, sachant que la maladie frappe surtout les pays les plus démunis de la planète. On en est loin… Pour y parvenir, avec le soutien de la Fondation Bill et Melinda Gates, on a mis au point un procédé industriel de fabrication de l'artémisinine qui a reçu cette semaine l'un des trophées du prix Pierre Potier «pour l'innovation en chimie en faveur du développement durable». Vendue à prix coûtant Après huit ans de recherches, menées principalement en France, la production a démarré , à Garessio (Italie). «En année pleine, nous serons en mesure de fournir, selon les besoins, c'est-à-dire en complément de la production agricole, entre 50 et 80 tonnes d'artémisinine vendue à prix coûtant», explique Francis Carré. La synthèse s'effectue en deux phases. La première, mise au point à l'université de Berkeley (Californie) par le Pr Jay Kiesling, consiste à produire de l'acide artémisinique à partir de levures génétiquement modifiées cultivées dans de grands fermenteurs. Puis, dans un second temps, ce composé est transformé en artémisinine par catalyse et photo-oxygénation. Là, les chercheurs et les techniciens sont partis de zéro. Bien que les deux composés soient chimiquement très proches le passage de l'acide artémisinique à l'artémisinine a été très compliqué à obtenir, le procédé générant quantité d'impuretés et de composés instables, autrement dit explosifs. «En plus de la cause qu'il sert, ce projet nous a permis de développer un concept mature de chimie verte, économe en énergie et en composés chimiques intermédiaires», se réjouit Francis Carré. Une belle aventure qui n'est pas sans rappeler celle du Taxol et du Taxotère, médicaments deux tous anticancéreux mis au point dans les années 1980 par… Pierre Potier en personne. Par Marc Mennessier - le 14/09/2012

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Published by Chronimed - dans Concept
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