Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 12:38

Si le risque de surmortalité dû au surpoids ou à l’obésité semble unanimement établi à l’âge mûr, les études chez les plus âgés sont divergentes, jusqu’à conclure à un effet protecteur. L’excès de graisse corporelle demeure-t-il un FR de mortalité après 70 ans en l’absence de pathologie associée ?

Une cohorte de 6 030 adventistes californiens n’ayant jamais fumé, indemnes de pathologies cardio-vasculaires et cancéreuses, a été constituée en 1958, réévaluée en 1974 et suivie jusqu’en 1986.

L’analyse de la variation du poids a été adjointe à celle de l’IMC pour mieux prendre en compte l’accroissement de la masse grasse chez les personnes âgées. Mille trois cent cinquante deux décès ont été identifiés. Les sujets ayant un IMC dans le quartile inférieur (<20,6 chez les femmes et 22,3 chez les hommes) mangeaient moins de viande, étaient plus actifs et présentaient moins de pathologies chroniques. Le risque de décès y était plus faible chez les hommes (de 32 %, 30 % en cas de poids stable, soit moins de 5 kg de variation), même à la 9ème décennie. Chez les femmes le risque maximal se retrouvait dans le quartile supérieur (augmenté de 59 %, et en cas de poids stable de 49 %). La survie au cours de la 9ème décennie diminuait pour les IMC supérieurs à 22,3 chez les hommes, 27,4 chez les femmes et tout sujet à l’IMC supérieur à 27 et ayant pris du poids au cours des 29 ans de suivi. Pour ces IMC l’espérance de vie des hommes dont le poids était resté stable entre 75 et 99 ans était amputée de 3,7 ans et le risque de mortalité accru de plus de 100 %. Chez les femmes l’espérance de vie diminuait de 2,1 ans et la mortalité augmentait de 41 %. En cas de gain de 10 à 19 kg le risque de décès était multiplié par 1,52 chez les femmes et 1,89 chez les hommes. Une prise de poids survenue entre 65 et 74 ans était associée à un risque majoré de 397 % (facteur de 4,97) alors qu’il n’était « que » de 62 % (facteur de 1,62) en cas de constitution avant 65 ans.

Cette étude va à l’encontre de multiples autres travaux peut-être en raison de la durée de suivi, du style de vie des recrutés ou de leur absence d’antécédents. La différenciation du gain et de la stabilité de poids permet de contrôler le facteur de confusion qu’est l’amaigrissement lié à une pathologie. L’IMC optimal diffère selon le sexe : entre 75 et 99 ans, il est de moins de 22 chez les hommes et de 27 chez les femmes (reflet d’une imprégnation œstrogénique supérieure). Des sites de stockage différents pourraient également expliquer cette divergence. L’augmentation de la consommation de viandes est reliée à une prise de poids, un accroissement du risque de diabète et une réduction de l’espérance de vie de 3,6 ans dans cette population.

Une analyse de la perte de poids et des caractéristiques de la masse grasse restent à faire.

 

 

Dr Anne Bourdieu

 

Singh PN et coll. Does excess body fat maintained after the seventh decade decrease life expectancy? J Am Geriatr Soc 2011; 59: 1003-11.

Partager cet article

Repost 0
Published by Chronimed - dans Nutrition
commenter cet article

commentaires