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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 08:48
Le diabète de type 2 a été associé à un risque accru de nombre de cancers, et la survie après le diagnostic de cancer s’est avérée moindre chez les diabétiques que chez les non-diabétiques. Les comorbibités, nombreuses et sévères chez les diabétiques, l’espérance de vie réduite, l’impact spécifique des traitements du diabète étant cependant autant de facteurs susceptibles d’influer sur le risque de décès, des auteurs britanniques et canadien ont évalué la survie après cancer des patients atteints de DT2 en comparaison de ceux indemnes de diabète, et en relation au traitement médicamenteux suivi pour contrôler l’hyperglycémie.
Pour ce faire, CJ. Currie et coll. ont mené une étude de cohorte rétrospective, qui s’est fondée sur les données intéressant 112 408 patients, diabétiques ou non, enrôlés dans près de 350 centres de soins primaires du Royaume-Uni, ayant eu un premier cancer après le 1er janvier 1990.
Dans cette population d’étude, suivie jusqu’au 31 décembre 2009, les diabétiques de type 2 étaient au nombre de 8 392 (7,5 %). Ils étaient plus âgés que les non-diabétiques (71,7 ± 9,5 ans en moyenne, vs 67,5 ± 13 ans ; p < 0,001), étaient plus souvent des hommes (58,9 % vs 47,2 % ; p < 0,001), et avaient, à l’inclusion, un indice de comorbidités de Charlson accru. La durée moyenne du DT2 était de 7,7 ± 7 ans et l’hémoglobine glyquée (HbA1c) moyenne des diabétiques était de 7,4 ± 1,5 %. Parmi ces diabétiques de type 2, 17 % étaient traités par metformine seule, 18,1 % par un sulfamide hypoglycémiant seul, 7,8 % par insuline seule ; 13,4 % recevaient un traitement par metformine + sulfamide hypoglycémiant, 3,5 % par metformine + insuline.
Différentes localisations de cancer ont été examinées (cancer de la vessie, du sein, colo-rectal, du foie, du poumon, de l’ovaire et de l’endomètre, du pancréas, de la prostate), et l’analyse a pris en compte nombre de facteurs potentiels de confusion (dont l’âge, le sexe, le statut tabagique, la pauvreté, l’indice de comorbidité, le taux d’HbA1c, l’année du diagnostic du cancer, le nombre de consultations en centre de soins).
La survie moyenne après le diagnostic du cancer, était globalement de 9,3 ans (9,2-9,4 ans). Après ajustements, le ratio de risque de décès était, chez les diabétiques en comparaison des non-diabétiques, tous cancers confondus, de 1,09 (intervalle de confiance à 95 % de 1,06 à 1,13).
Un risque de décès variant selon la localisation du cancer…

La survie était en moyenne moindre chez les diabétiques que chez les non-diabétiques pour presque toutes les localisations tumorales soumises à examen, semblable dans les deux groupes pour le cancer du foie, plus élevée pour le cancer du poumon. Elle variait selon le site de la tumeur, étant, chez les diabétiques, en moyenne de 10,4 ans (9,5-11,3 ans) en cas de cancer du sein, vs 14,3 ans (14,1-14,4 ans) en l’absence de diabète, mais respectivement de 2,2 ans (1,8-2,6 ans) vs 1,8 an (1,7-1,9 an) en cas de cancer du poumon.
Chez les diabétiques, la mortalité était accrue, en comparaison des non-diabétiques, pour trois localisations de cancer : cancers du sein (1,32 ; 1,17-1,49), de la prostate (1,19 ; 1,08-1,31) et de la vessie (1,16 ; 1,02-1,32), mais était moindre en cas de cancer du poumon (0,84 ; 0,77-0,92).
… et selon le traitement anti-hyperglycémiant

Chez les diabétiques traités par metformine en monothérapie, c’est une réduction de la mortalité après cancer qui est observée globalement (0,84 ; 0,77-0,92) comparativement aux non-diabétiques. À l’opposé, chez les diabétiques sous sulfamides hypoglycémiants seuls ou insuline seule, la mortalité était augmentée par rapport aux non-diabétiques (ratios de risque respectivement de 1,13 ; 1,05-1,21 et 1,13 ; 1,01-1,27), sans impact significatif noté pour l’ajout de metformine au traitement par sulfamides ou à l’insulinothérapie.
En comparaison de ceux traités par la seule metformine, c’est aussi un accroissement de la mortalité qui est observé chez les diabétiques sous monothérapie par sulfamides (1,48 ; 1,29-1,71) ou par insuline (1,33 ; 1,18-1,58), sans impact significatif de la combinaison metformine + sulfamides ou metformine + insuline. Selon les sites spécifiques de cancer, c’est une réduction de la mortalité après cancer du foie (0,47 ; 0,24-0,91), ainsi qu’après cancers de l’ovaire/de l’endomètre (0,48 ; 0,28-0,81) qui est notée chez les diabétiques traités par metformine seule.
Cette étude associe au diabète de type 2 un accroissement de près de 10 % de la mortalité globale après cancer incident, en comparaison des non-diabétiques (la part revenant au diabète et celle revenant au cancer restant à déterminer). Elle met l’accent sur la mortalité plus basse observée chez les diabétiques de type 2 traités par metformine seule, en comparaison de ceux recevant d’autres traitements visant à contrôler le l’hyperglycémie, mais aussi en comparaison des non-diabétiques.


Dr Julie Perrot 11/08/2012

Currie CJ et coll. : Mortality after incident cancer in people with and without type 2 diabetes. Diabetes Care 2012

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Published by Chronimed - dans Concept
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