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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 11:48

16 millions de Françaisvisitent une fois par mois un site internet de santé-bien-être. C’est à partir de ce constat que Sylvie Craipeau et Gérard Dubey, deux sociologues de l’équipe de recherche Ucotic de Télécom Ecole de Management, ont décidé de mener une étude sur les modifications apportées par ce phénomène.

Premier constat : « face à l’hyper spécialisation technique et au manque de temps des médecins, les patients ressentent le besoin de prolonger la consultation. Ils répondent à ce manque en allant chercher et partager des informations sur Internet ». Des informations qui sont basées sur des témoignages de patients, sur leur expérience, leur vécu, leur rapport à la maladie. « Il s’est développé un besoin d’identification et de reconnaissance des savoirs acquis dans l’expérience vécue et partagée de la maladie. » Seconde tendance observée : le caractère anxiogène des informations échangées.« L’internaute s’exprime souvent à la suite d’un diagnostic, principalement la nuit pour soulager son angoisse. »

« Il n’est pas évident qu’il faille tout savoir de sa propre santé »

À cet égard, il apparaît pour les deux sociologues que le modèle de l’accès à l’information et de la transparence peut être critiqué, pour au moins deux raisons. « D’une part, parce qu’il n’est pas évident qu’il faille tout savoir de sa propre santé. Or, contrairement à un médecin, Internet ne filtre pas les informations communiquées. Ici, c’est donc la transparence, en tant qu’elle correspondrait à l’accès à une information absolument exhaustive, qui est rejetée. D’autre part, parce qu’il n’est pas évident que la neutralité et la froideur de l’information médicale telle qu’elle se trouve sur Internet soient adaptées à un domaine comme la santé, qui touche profondément à l’intimité et aux affects des individus. Ici, c’est la transparence en tant que manière froide et objective de divulguer l’information qui est interrogée », est-il ainsi indiqué dans l’étude.  Les deux chercheurs préconisent donc la miseen place d’une régulation sociale, telle qu’elle existe sur les petits forums créés par des associations de malades et spécialisés sur une pathologie, où « la parole est mieux canalisée » selon eux.

Cette étude a servi de base à un rapport du ministère de l’économie sur « Les conditions de création de valeur des logiciels sociaux en santé et autonomie » qui a formulé à son tour plusieurs recommandations :

-          Améliorer la compréhension des enjeux par un ensemble d’études ciblées

-          Promouvoir un ou quelques sites de confiance pour l’accès aux connaissances de santé

-          Soutenir le développement de bons usages des logiciels sociaux en santé et autonomie à forte valeur ajoutée économique et sociale

-          Diffuser dans le public et parmi les professionnels une pédagogie de l'information santé sur le Web

-          Promouvoir un régime de propriété intellectuelle incitatif et ouvert, au profit des contributeurs

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Published by Chronimed
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