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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 08:26
Métabolisme du glutamate : un acteur clé de la dépression majeure ? Publié le 2 décembre 2014 David GOURION De nombreux travaux viennent aujourd’hui étayer l’implication du glutamate dans les mécanismes de neuroplasticité. Ses effets sur les neurones sont très variables, en fonction de sa concentration et de la durée de l’excitation. Lors d’une exposition brève d’un neurone au glutamate, on assiste à un phénomène de neurotrophicité : des épines dendritiques se développent. En revanche, dès que l’exposition s’intensifie ou se prolonge, est observé un phénomène de neurotoxicité, et il y a alors une régression dendritique. Libéré de façon excessive lors d’un stress, par exemple, le glutamate favorise, via les récepteurs NMDA et AMPA, la libération de calcium au niveau cellulaire, entraînant la mort de la cellule par apoptose. Il joue également un rôle central dans le phénomène de potentialisation à long terme dont l’inhibition, observée dans les modèles expérimentaux de dépression, est un marqueur des altérations de l’efficacité synaptique et, par conséquent, de la neuroplasticité. Ce phénomène confirme l’existence d’une toxicité sur la neuroplasticité fonctionnelle associée aux troubles comportementaux de type dépression. Une étude publiée en 2014 avait pour objectif d’évaluer les perturbations de la transmission glutamatergique grâce à une technique moderne : la spectroscopie RMN (résonance magnétique nucléaire) au carbone marqué (13C MRS), permettant de mesurer les flux de neurotransmetteurs glutamatergiques chez des patients présentant une dépression majeure. Au total, 23 patients présentant une dépression majeure non traités ont été inclus et les données recueillies, comparées à celles de 17 sujets sains. Les concentrations en glutamate et en GABA (acide γ-aminobutyrique) ont été déterminées par proton (1H) MRS, et la 13C MRS, associée à une injection i.v. de glucose marqué (1-13C), a apporté des informations sur la production d’énergie mitochondriale, la synthèse de GABA et le cycle glutamate/glutamine au niveau du cortex occipital. Les résultats montrent que la production mitochondriale d’énergie est diminuée de 26 % chez les sujets dépressifs. De façon paradoxale, aucune différence n’a été mise en évidence entre les 2 groupes concernant le cycle glutamate/glutamine (Vcycle) ni sur la synthèse de GABA. Une corrélation significative entre les concentrations en glutamate et le cycle glutamate/glutamine a été en revanche observée (rs = 0,45 ; p = 0,004). Le nombre d’épisodes dépressifs majeurs était corrélé de façon négative aux concentrations en glutamate (rs = 0,47 ; p = 0,03), mais cette association perdait sa significativité après correction sur comparaisons multiples (Bonferroni). Ces résultats sont à rapprocher des données récentes concernant la kétamine et son administration en aigu, susceptible de produire des modifications importantes de l’humeur. Référence bibliographique Abdallah CG, Jiang L, De Feyter HM et al. Glutamate metabolism in major depressive disorder. Am J Psychiatry 2014;AiA:1-8.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Nutrition
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