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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 15:43
QU’EST-CE QUE LA MALADIE DE LYME ?
J'ai une vue d'ensemble de ce qu'est réellement la maladie de Lyme. Traditionnellement, Lyme définit une maladie
infectieuse causée par le spirochète, la Borrelia burgdorferi (Bb). Techniquement, cette considération est juste, mais
médicalement la maladie représente souvent beaucoup plus que cela, notamment lorsqu’elle se manifeste sous des
formes disséminées et chroniques. A l’inverse, je considère la maladie de Lyme comme une affection résultant d’une
morsure de tique infectée. Ceci inclut l’infection par la Borrelia burgdorferi, mais également les nombreuses coinfections
qui peuvent être évoquées. En outre, sous la forme chronique de Lyme, d'autres facteurs peuvent provoquer
un dysfonctionnement du rôle immunologique, les infections opportunistes, les co-infections, les toxines biologiques, les
déséquilibres métaboliques et hormonaux, le déconditionnement, etc. Je me réfèrerai à l'infection par la Borrelia b. sous
le nom de « Borreliose de Lyme» (BL), et emploierai la désignation « Lyme » et « maladie de Lyme » pour me rapporter
au sens plus large que j'ai décrit ci-dessus.

PRINCIPES GENERAUX
Vous pouvez généralement considérer la BL sous trois catégories : aigue, précocement disséminée, et chronique. Plus
le traitement est commencé tôt après le début de l'infection, plus le taux de succès est élevé. Cependant, puisqu'il est
plus facile de traiter la maladie dans sa forme précoce, cette catégorie de BL doit être prise TRÈS au sérieux. Les
infections non traitées referont surface inévitablement, en général sous une forme de Lyme chronique, avec ses
terribles problèmes de morbidité et les difficultés liées au diagnostic et au traitement ainsi que le coût élevé dans tous
les sens du terme. Ainsi, tandis que la majeure partie de ce document se consacre au patient chronique, plus
problématique, une grande attention est portée sur les phases primaires de cette maladie où la surveillance et les soins
les plus stricts doivent être apportés. Une question très importante réside dans la définition de la « maladie de Lyme
chronique ». En me basant sur mes données cliniques et le dernier compte rendu édité, j'offre la définition suivante.
Pour être reconnu malade chronique de la BL, ces trois critères doivent être présents :
1. Maladie existant depuis au moins une année (c'est approximativement à ce moment-là que le déficit immunitaire
atteint des niveaux cliniques significatifs).
2. Avoir des problèmes neurologiques majeurs persistants (tels que l'encéphalite l’encéphalopathie, la méningite, etc.)
ou des manifestations arthritiques actives (synovite active).
3. Avoir toujours une infection active à la Borrelia b. (Bb), indépendamment de la thérapie antibiotique antérieure (si tel a
été le cas). La Lyme chronique est une maladie tout à fait différente des phases primaires, principalement en raison de
son effet inhibiteur sur le système immunitaire (On a prouvé que la BL in vitro inhibe et tue cellules B et T, et diminuera
le taux des CD-57, cellules tueuses naturelles). En conséquence, l’infection par Borrelia b. est non seulement
entretenue et libre d'avancer, mais le problème des co-infections surgit également.
Les tiques peuvent contenir et transmettre une multitude de microbes pathogènes potentiels à l’hôte. La présentation
clinique de Lyme reflète donc quels sont les pathogènes présents et dans quelles proportions. Apparemment, dans des
infections précoces, avant que les dommages s’étendent au système immunitaire, si la charge bactérienne des coinfecteurs
est basse, et que la Lyme est traitée, plusieurs des autres microbes transmis par les tiques peuvent être
contenus et éliminés par le système immunitaire. Cependant, chez le patient chronique, en raison des défenses
diminuées, les composants individuels de la co-infection sont à présent suffisamment actifs de sorte qu'ils s’ajoutent
aussi aux manifestations de la maladie et doivent être traités.
En outre, beaucoup d'infections latentes qui peuvent être apparues avant la morsure de tique, par exemple le virus de
l'herpès, peuvent être réactivés et venir ainsi alourdir la maladie. Une conséquence malheureuse est que les essais
sérologiques peuvent devenir moins sensibles pendant la progression des infections, vraisemblablement en raison de
la diminution de la réaction immunologique sur laquelle ces tests sont basés. En outre, des complexes immunitaires se
créent, emprisonnant des anticorps de la BL. Ces anticorps complexés ne sont pas détectés par les sérologies. Il n’est
alors pas étonnant que la séronégativité du patient se convertisse en séropositivité dans 36% des cas après le début du
traitement antibiotique et au cours du rétablissement.
De la même façon, la quantité d'anticorps peut augmenter en même temps que le nombre de bandes sur le Western
Blot pendant la progression du traitement et la récupération du patient. Ce n’est qu’après plusieurs années après un
traitement efficace que la réponse sérologique commence à diminuer. La sévérité de la maladie clinique est directement
proportionnelle à la charge spirochétale, à la durée de l'infection, et à la présence de co-infections. Ces facteurs sont
également proportionnels à l'intensité et à la durée du traitement requis pour le rétablissement.
D’autres maladies plus graves peuvent également causer l’affaiblissement des défenses, comme un stress sévère, les
médicaments immunosuppresseurs, et les maladies intercurrentes graves. C'est pourquoi les stéroïdes et d'autres
médicaments immunosuppressifs sont absolument contre-indiqués dans la maladie de Lyme. Ceci inclut

également les stéroïdes intra-articulaires. Beaucoup de conditions parentes ont comme conséquence l’installation
de la chronicité dans la maladie, ainsi il n'est pas étonnant que des dommages puissent survenir sur presque tous les
organes du corps humain. Par conséquent pour récupérer entièrement il ne faut pas seulement traiter toutes les
infections actives, mais tous les autres problèmes doivent également être traités d'une manière complète et
systématique. Aucun traitement ou médicament unique ne pourra provoquer le rétablissement complet du
patient malade. Ce n’est qu’en considérant tous les problèmes et en expérimentant des traitements et des
solutions pour chacun de ces problèmes, que nous pourrons permettre à nos patients de recouvrer pleinement
leur santé. De même, un patient ne se peut être en mesure de récupérer sauf s’il se conforme complètement et pour
chaque aspect du protocole de traitement. Ceci doit être souligné au patient, souvent à des occasions répétées. Il est
clair que chez la grande majorité des patients, la maladie de Lyme chronique affecte principalement le système nerveux.
Ainsi, une évaluation soigneuse peut inclure des tests de balayage neuropsychiatriques, des SPECT et des scanners
IRM, des analyses du LCR* lorsqu’elles sont utiles, ainsi que la participation de neurologues et de psychiatres informés
sur la maladie de Lyme et les douleurs cliniques, et parfois des spécialistes en psychopharmacologie.
AXE HYPOTHALAMO-HYPOPHYSAIRE
Un des effets néfastes de la maladie de Lyme chronique sur le système nerveux central, est la dégradation de l'axe
hypothalamo-hypophysaire. Des degrés variables d'insuffisance hypophysaire ont été observés chez ces patients, la
correction de Cette carence, permet la restauration de l'énergie, de la vigueur et de la libido, et la résolution de
l'hypotension persistante. Malheureusement, tous les spécialistes n’identifient pas l'insuffisance hypophysaire, en partie
en raison de la difficulté à obtenir un diagnostic à partir des tests de laboratoire. Cependant, les avantages certains à
diagnostiquer et à traiter cette insuffisance justifient l'effort requis pour une pleine rémission. Il est intéressant de
constater que chez un nombre significatif de ces patients, la réussite du traitement des infections peut avoir comme
conséquence une inversion du dysfonctionnement hormonal, et thérapies hormonales de substitution pourraient être
diminuées !
CO-INFECTIONS
Un grand panel de recherches et d'expériences cliniques a démontré un phénomène presque universel chez tous les
patients chroniques de Lyme ; ils sont co-infectés par de multiples microbes pathogènes des tiques. On a observé que
ces patients pouvaient porter des espèces de babesia, des organismes de type bartonelle, des ehrlichia, des
anaplasmes, des mycoplasmes, et des virus. Rarement, des formes de levure ont été détectées dans le sang
périphérique. À un moment il a même été évoqué que des nématodes étaient un parasite des tiques. Les études ont
prouvé que la co-infection a comme conséquence une présentation clinique plus grave, avec des atteintes organiques
plus graves qui rendent la suppression des parasites plus difficile. En outre, on sait que les infections à Babesia, comme
la Borreliose de Lyme, sont immunosuppressives. Il existe des différences entre la présentation clinique du patient coinfecté
et la typologie d’un patient présentant une infection isolée. Il peut y avoir différents symptômes et signes
atypiques. La fiabilité des tests paracliniques* standards peut être faussée et les formes chroniques et persistantes de
chacune des infections est vraiment de plus en plus manifeste. Avec le temps, je suis convaincu qu’un grand nombre
d’autres microbes pathogènes seront trouvés. Par conséquent, les vraies présentations cliniques de Lyme, comme
nous avons appris à les reconnaître, et plus particulièrement les présentations tardives et plus graves, représentent
probablement des infections croisées avec beaucoup d’autres facteurs aggravants. Je laisse au lecteur le soin de
mesurer les implications que ce fait entraine dans les anomalies retrouvées entre les tests de laboratoire pour les
infections à Borrelia pures, et les convictions que les médecins se sont forgées à partir de leurs patients.
Je dois mettre l’accent sur le fait que tous les diagnostics des infections à tiques demeurent cliniques. Des
indices cliniques seront présentés plus tard dans ce rapport, mais la question des tests est brièvement récapitulée cidessous.
Dans la Borreliose de Lyme, le Western Blot est le test sérologique privilégié. Les tests de dépistage
d'antigène (capture d'antigène et PCR*), bien que peu sensibles, sont très précis et sont particulièrement utiles pour
évaluer un patient séronégatif ou présentant une maladie active ou encore pour déceler les rechutes postthérapeutiques.
Souvent, les tests de dépistage d'antigène sont les seuls marqueurs positifs de l'infection à la BL, il a
ainsi été rapporté que la séronégativité se produit dans 30 à 50% des cas. Néanmoins, la Borréliose de Lyme peut être
présente même si tous ces tests sont non-réactifs ! Le diagnostic clinique est donc exigé.
Pour la Babésia, aucun test n'est assez fiable à lui seul pour être employé de manière unique. Ce n’est que dans les
infections récentes (d’une durée de moins de deux semaines) que le frottis sanguin standard pourra être utile. Par la
suite, on peut employer la sérologie, la PCR, et l’analyse par hybridation in situ fluorescente («FISH»).
Malheureusement, plus d'une douzaine d'autres protozoaires peuvent être trouvés chez les tiques, bien plus
susceptibles de transporter d’autres espèces que la Babesia microti ; pourtant seuls les tests pour la babésia microti et
le WA-1* sont commercialisés actuellement ! En d'autres termes, le patient peut avoir une infection pour laquelle il peut
ne pas être testé. Ici, comme pour la Borrelia, l'évaluation clinique est l'outil de diagnostic incontournable.
Pour l’Ehrlichiose et l’Anaplasmose, par définition vous devez rechercher les formes mono et granulocytaires. On
peut faire réaliser un frottis sanguin, une PCR et une sérologie pour effectuer cette recherche. Beaucoup d’organismes
proches d’Ehrlichia mais non répertoriés peuvent être détectés chez les tiques mais ils peuvent ne pas être décelés par
les tests actuellement disponibles sur le marché, ainsi dans cette maladie aussi, ces tests ne peuvent être considérés que comme des compléments pour établir le diagnostic. Rarement, une fièvre dite des
Montagnes Rocheuses peut coexister, et même s’installer de manière chronique. Heureusement, les protocoles de
traitement sont semblables pour tous les agents de ce groupe.
Pour la Bartonelle, il faudra employer à la fois la sérologie et la PCR. La PCR peut, comme pour la Borreliose de Lyme,
être exécutée sur le sang et le fluide cérébrospinal mais également sur des échantillons de biopsie. Malheureusement,
mon expérience prouve que même en pratiquant ces deux types de tests, environ 50% des cas cliniquement prouvés
s’avèreront négatifs.
Les expositions fréquentes aux Mycoplasmes sont courantes, provoquant une forte séropositivité, ainsi la PCR
demeure la meilleure manière de confirmer une infection active. Des infections chroniques virales peuvent être activées
chez le patient chronique, ceci est dû à un affaiblissement de la réaction immunitaire. Le diagnostic devrait être établi
sur les résultats des tests PCR et non sur les sérologies. Les virus couramment mis en cause concernent le HHV-6
(Virus de l’Herpès Humain), CMV (Cyto-Megalo-Virus), et EBV (virus d’Epstein Barr).
Conditions concourantes
L'expérience a prouvé que des conditions concourantes existent chez ceux qui sont malades depuis longtemps.
L'évaluation d’un patient devrait inclure la recherche d’un diagnostic différentiel et la découverte d'autres anomalies
subtiles pouvant coexister. Il vous faudra doser la vitamine B12 et être préparé à suivre un traitement agressif à base de
thérapies parentérales. Si les complications neurologiques sont graves, il faudra alors envisager un traitement à base de
méthylcobalamine (comme décrit ci-dessous dans l’article consacré au régime alimentaire). L'insuffisance en
magnésium est très souvent présente et se révèle souvent majeure. L’hyperréflexie, les mouvements convulsifs
musculaires, l'irritabilité myocardique, le manque de force et les contractions musculaires spasmodiques sont les signes
de cette insuffisance. Le magnésium est avant tout un ion intracellulaire, ainsi le test sérologique n’est pas d’une grande
utilité. Les substitutions orales peuvent être prescrits pour l’entretien du capital en magnésium, mais les sujets ayant de
graves insuffisances auront besoin d’un dosage additionnel et parentéral : 1 gramme en intraveineuse ou en
intramusculaire au moins une fois par semaine jusqu'à la disparition de l'irritabilité neuromusculaire. Les anomalies
hypophysaires et endocriniennes sont bien plus courantes que ce que l’on pense généralement. Il faut tout évaluer, y
compris des niveaux d'hormone de croissance. Très souvent, toute une batterie de tests est prévue afin de cibler le
problème. Pour évaluer la thyroïde, il faut tester les niveaux de T3 et de T4 libres ainsi que la TSH, le balayage
nucléaire, si nécessaire, déterminera les auto-anticorps. L'activation de la cascade inflammatoire a été impliquée dans
le blocage des récepteurs cellulaires d'hormone. Une illustration de ce fait est la résistance à l'insuline ; le blocage des
récepteurs peut causer un hypothyroïdisme clinique et de ce fait l’hypothyroïdisme peut exister en dépit des niveaux
d'hormone normaux dans le sérum. Ceux-ci peuvent en partie expliquer la dyslipidémie* et la prise de poids qui est
notée chez 80% des patients chroniques de Lyme. En plus de mesurer les niveaux de T3 et T4 libres, il faut vérifier la
température corporelle matinale. Si un hypothyroïdisme est décelé, vous devez pouvoir le traiter avec des préparations
de T3 et T4 jusqu'à ce que les taux sanguins des deux hormones soient normalisés. Pour entretenir des taux normaux,
il est préférable de prescrire de la T3 à libération progressive.
L'hypotension à médiation neurologique (NMH*) n'est pas rare. Les symptômes peuvent inclure des palpitations, une
confusion et des tremblements, tout particulièrement après un effort ou après une position statique prolongée, une
intolérance à la chaleur, des vertiges, des évanouissements (ou un état proche de la syncope), et un besoin
irrépressible de s'asseoir ou de se coucher. On la confond souvent avec l’hypoglycémie qu'elle imite. La NMH peut
résulter d’une neuropathie autonome et des dyscrasies* endocriniennes. Si une NMH est présente, un traitement peut
diminuer considérablement la fatigue, les palpitations et l’impression d’ivresse ainsi qu’augmenter la vitalité. La NMH est
diagnostiquée par le test de la table d'inclinaison. Ce test doit être fait par un cardiologue et inclure le «fluid
challenge*» à l'Isuprel. Ceci démontrera non seulement si la NMH est présente, mais également les contributions
relatives à l’hypovolémie* et au dysfonctionnement sympathique. La thérapie de support immédiate est basée sur
l'expansion volémique* (Prise de sodium et de fluide et éventuellement Florinef plus potassium). Si ce n’est pas
suffisant, un bêta-bloquant peut être ajouté, en réponse au fluide challenge à l'Isuprel. Pour obtenir une guérison
définitive il faut reconstituer les taux d’hormones et traiter la maladie de Lyme ainsi que le dysfonctionnement particulier.
Balayage du cerveau par SPECT*
Contrairement à l’IRM* et à la TEP*, qui montrent la structure, le scanner à SPECT montre la fonction. Par conséquent
les scanners à SPECT nous fournissent une information inaccessible pour les rayons X, les balayages de TEP, les IRM,
ou même les scanners rotatifs. Chez la majorité des patients chroniques de la Borréliose de lyme, ces balayages sont
anormaux. Même si le diagnostic de Lyme n’est pas spécifiquement posé, si le scanner est anormal, il peut non
seulement mesurer les anomalies, mais selon les anomalies on peut alors opter pour une cause médicale ou
psychiatrique. En outre, les scanners répétés après un traitement peuvent être employés pour évaluer l'efficacité de ce
traitement. Il faut remarquer que l'amélioration des scanners devance de plusieurs mois les progrès cliniques. Si
l’examen est pratiqué par des radiologistes bien informés disposant d'un équipement à haute résolution, le scanner
montrera des anomalies caractéristiques de la maladie de Lyme : l’hypoperfusion globale avec encéphalopathie (elle
peut être homogène ou hétérogène). Les scanners décèlent un dysfonctionnement neuronal et/ou plusieurs degrés
d'insuffisance cérébro-vasculaire. Au besoin, pour évaluer les contributions relatives de ces deux processus, le scanner à SPECT peut être réalisé avant et après acétazolamide. Si le scanner fait après injection d'acétazolamide révèle une
réversibilité significative des anomalies, alors il y a vasoconstriction qui peut être traitée avec des vaso-dilatateurs,
lesquels pourront faire disparaître quelques symptômes cognitifs. La thérapie peut comprendre l'acétazolamide, les
agonistes de la sérotonine et même le Ginkgo biloba, si il est de qualité pharmaceutique. Des essais thérapeutiques
avec ces derniers peuvent être nécessaires. L’Acétazolamide ne doit pas être administré en cas d’infection rénale ou
hépatique graves, d’anomalies d’électrolytes*, de grossesse, d’allergie aux sulfamides, d’une crise cardiaque récente,
ou encore si le patient suit un traitement comportant des doses élevées d’aspirine.
LA BORRELIOSE DE LYME
CONSEILS POUR LE DIAGNOSTIC
La Borreliose de Lyme (BL) est diagnostiquée cliniquement, puisqu’aucun test actuellement disponible, quel que soit le
type ou l’origine, n’est suffisamment fiable pour confirmer ou éliminer l'infection par ces microbes pathogènes, ni même
si ces infections sont responsables des symptômes du patient. Le tableau clinique entier doit être pris en considération,
ainsi que toutes les autres des plaintes du patient, avec la recherche des conditions concourantes et des diagnostics
différentiels. Souvent, une grande partie du diagnostic chez les patients atteints d’une maladie de Lyme ancienne et
disséminée implique d'éliminer d'autres maladies et de définir l'ampleur des dommages qui pourrait justifier des tests et
des traitements distincts. On devrait prendre en considération l’exposition éventuelle aux tiques, les éruptions (même
lorsqu’elles sont atypiques), l'évolution clinique typique chez un individu précédemment asymptomatique, et les résultats
des tests pour les microbes pathogènes des tiques. Un autre facteur très important est la présence ou l’absence de
réaction de Jarisch Herxheimer qui se traduit, pendant le traitement, par un cycle typique de quatre semaines avec des
accalmies et des aggravations en dent de scie et qui permet une amélioration de l’état général tout au long de la
thérapie.

LES ERYTHEMES MIGRANTS   
Les érythèmes migrants (EM) font partie du diagnostic de l'infection par la Borrelia, mais ils ne sont présents que dans
moins de 50% des cas. Même s’ils sont présents, le patient peut ne pas s’en apercevoir. C'est une lésion
érythémateuse à extension périphérique centrifuge qui peut être chaude. Rarement on peut ressentir une légère brûlure
ou une démangeaison. L'éruption de l’EM commencera quatre jours à plusieurs semaines après la morsure, et peut être
associée à des symptômes constitutionnels. Les lésions multiples ne sont présentes que dans moins de 10% des cas,
mais indiquent avec certitude une dissémination de la maladie. Certaines lésions ont une apparence atypique une
biopsie de la peau peut être utile. Lorsque l’on constate un centre ulcéré ou vésiculaire, cela peut indiquer une coinfection,
impliquant d'autres organismes que la Borrelia burgdorferi. Après qu'une morsure de tique, les sérologies
(ELISA, IFA*, Western Blots, etc.) ne deviendront positifs qu’après plusieurs semaines. Par conséquent, si l’on est en
présence d’un EM, le traitement doit commencer immédiatement, et on ne doit pas attendre les résultats des tests de la
Borrelia. Il ne faut pas passer à côté de l’occasion de traiter la maladie dans sa phase primaire, car c’est à ce moment
précis que taux de succès est le plus élevé. En effet, beaucoup de cliniciens bien informés ne demanderont même pas
un test pour la Borrelia devant ce cas.
DIAGNOSTIC TARDIF
Si les sérologies sont positives, elles révèlent uniquement l'exposition aux micro-organismes mais n'indiquent pas
directement si le spirochète est effectivement encore présent. Puisque les sérologies de la BL donnent souvent des
résultats contradictoires, il faut faire pratiquer les tests par des laboratoires de référence. La recommandation d’un test à
deux étapes : utiliser le test ELISA comme un outil de criblage, suivi, s’il est positif, par un Western blot de confirmation,
est illogique dans cette maladie. Le test ELISA n'est pas assez sensible pour donner un résultat fiable, et il y a
beaucoup de patients atteints de Lyme dont le test ELISA est négatif alors que le Western blot donne le résultat inverse.
Je dois donc vous déconseiller d’employer le test ELISA. Il est préférable de demander une recherche d’IgM et d'IgG
par Western blot mais il faut que vous soyez conscient que dans les formes de la maladie ancienne, les IgM peuvent
réapparaître et par conséquent on ne peut pas associer un IgM réactif à une forme récente ou tardive de la maladie,
cela indique seulement une infection active. Dans les cas tardifs et séronégatifs de la maladie, 36% des patients
deviendront transitoirement séropositifs après une thérapie réussie. Dans la BL chronique, le taux de CD-57 est à la fois
utile et important (voir ci-dessous).
Les comptes rendus des Western blots indiquent les bandes réactives. Les bandes 41KD apparaissent le plus tôt mais
peuvent provoquer des réactions croisées avec d'autres spirochètes. Les 18KD, 23-25KD (Osp C), 31KD (Osp A), 34KD
(Osp B), 37KD, 39KD, 83KD et les bandes 93KD sont spécifiques à l'espèce, mais apparaissent plus tard ou peuvent ne
jamais apparaître. Il faut au moins que la 41KD soit détectée avec une des bandes spécifiques. Les 55KD, 60KD, 66KD,
et 73KD ne sont pas spécifiques et non diagnostiquées.
Des tests par PCR sont disponibles à présent, et bien qu'ils soient très spécifiques, la sensibilité demeure faible, elle est
probablement inférieure à 30%. Ceci est du au fait que la BL cause une infection profonde dans les tissus et n’est que
transitoirement détectable dans les fluides. Par conséquent, tout comme pour les cultures sérologiques, de multiples
échantillons doivent être collectés pour augmenter l’efficacité du test ; un résultat négatif n'élimine pas une infection,
mais un test positif est significatif. Vous pouvez pratiquer des tests sur le sang entier, la couche leucocyto-plaquettaire,
l’urine, les fluides spinaux et autres sérums, ainsi que des biopsies de tissu. Plusieurs PCR peuvent être effectuées ;
vous pouvez également demander une PCR sur le sang entier, le sérum et l'urine au moment de l’activation des symptômes. Le patient ne doit pas être sous l’effet des antibiotiques depuis au moins six semaines avant le test, ceci
pour obtenir le résultat le plus fiable.
La capture de l'antigène est de plus en plus courante, et peut être faite sur l'urine, le LCR, et le fluide synovial. La
sensibilité est encore basse (de l'ordre de 30%), mais la spécificité est haute (de plus de 90%). Les sérums spinaux ne
sont pas habituellement pas recommandés, car un sérum négatif n'élimine pas la maladie de Lyme. On retrouve
souvent des anticorps à la Borrelia dans les cas de méningite de Lyme ; en revanche, on les détecte rarement dans les
méningites non cérébrospinales, même en cas d’encéphalopathie. Même dans un cas de méningite, des anticorps ne
sont détectés dans le LCR que chez moins de 13% des patients présentant une maladie ancienne ! Par conséquent,
des fluides spinaux sont seulement pratiqués pour les patients présentant des manifestations neurologiques prononcées
chez lesquels le diagnostic est incertain s'ils sont séronégatifs, ou si le tableau symptomatique est toujours significatif à
la fin du traitement. Ceci fait, le but est à présent d'éliminer d’éventuelles affections supplémentaires, et de détecter la
présence possible des antigènes de la BL (et de la Bartonelle) ou des acides nucléiques. Il est particulièrement
important de rechercher une élévation de la protéinémie et des globules blancs, qui indiquerait la nécessité d’une
thérapie plus agressive, comme la pression du liquide céphalorachidien, qui peut être élevée et intensifier les maux de
tête, particulièrement chez les enfants. J’appelle expressément les cliniciens à pratiquer des biopsies sur toutes les
lésions de peau et des éruptions non expliquées et à exécuter des PCR et une histologie soigneuse. Vous devrez
informer l’anatomo pathologiste pour qu’il exécute une recherche de spirochètes.
ANALYSE DES CD-57
Notre capacité à mesurer les taux de CD-57* représente une avancée dans le diagnostic et le traitement de la
Borreliose. Les infections chroniques à la Borréliose de Lyme sont connues pour inhiber le système immunitaire et
peuvent diminuer la quantité des CD-57, cellules tueuses naturelles. Comme dans l'infection par le HIV, où l’on peut
déterminer l’importance de l’infection grâce aux taux anormalement bas de cellules T qui servent de marqueurs, dans la
Borreliose de Lyme nous pouvons interpréter le taux de diminution des CD-57 comme l’activation de l'infection à la
Borreliose de Lyme, et à la fin du traitement, une rechute est susceptible de se produire. Elle peut tout aussi bien être
employée comme simple test de criblage, peu onéreux, parce qu'à ce niveau, nous croyons que seule la Borrelia peut
permettre une diminution des CD-57. Ainsi, un patient malade présentant un taux élevé de CD-57 est probablement
atteint d’une autre infection que Lyme ; il peut s’agir d’une co-infection. Quand ce test est exécuté par LabCorp (le
laboratoire que nous privilégions actuellement en raison des études réalisées sur leurs analyses), nous nous attendons
à ce que nos patients atteints de la maladie de Lyme aient un taux supérieur à 60 ; le taux normal étant supérieur à 200.
Ce taux peut varier dans le temps et il n’augmente jamais au cours du traitement. A l’inverse, il reste bas jusqu'à ce que
l'infection à la Borrelia soit sous contôle, et alors le taux grimpera. Si les taux des CD 57 sont anormaux à la fin d’une
thérapie antibiotique, alors une rechute se produira presque certainement.
LISTE DES SYMPTÔMES COURANTS
Il ne faut pas considérer cette liste comme un plan de diagnostic, elle est fournie pour améliorer l'entrevue au cabinet.
Le fait de prendre en compte les différentes plaintes se rapportant à des organes spécifiques et à des co-infections
spécifiques permet de répertorier et donc de clarifier les diagnostics et aide à déterminer la distribution poly-systémique.
Avez-vous eu un des symptômes suivants en relation avec la maladie ?
(Entourer la réponse Oui ou Non)
Morsure de tique………………………………………….. O / N
Erythème migrant de type rash (cercle discret) ………. O / N
Eruption visible sur une large zone ……………………..O / N
Eruption linéaire, stries rouges ………………………….O / N
Sévérité et fréquence des symptômes (aucun – léger – modéré – sévère – inexistant – occasionnel – récurrent –
constant)
Gonflement persistant des glandes
Gorge endolorie
Fièvres
Voûte plantaire endolorie, en particulier le matin
Douleur articulaires : doigts, orteils, chevilles, poignets, genoux, coudes, hanches, épaules
Gonflement des articulations : doigts, orteils, chevilles, poignets, genoux, coudes, hanches, épaules
Douleur dorsale non expliquée
Rigidité des articulations ou du dos
Douleur ou crampes musculaires
Faiblesse musculaire évidente
Contraction des muscles du visage ou d'autres muscles
Confusion, difficulté éprouvée à la réflexion, à la concentration, à la lecture, à comprendre un problème contenant de
nouvelles informations
Difficulté à trouver ses mots, oubli des noms
Manque de mémoire, lacunes de la mémoire à court terme

Désorientation pauvre, tendance à se perdre, à se tromper d’endroit
Lapsus, mauvais choix de mots, erreurs de langage
Variations d'humeur, irritabilité, dépression
Anxiété, attaques de panique
Psychoses (hallucinations, illusions, paranoïa, bipolarité)
Tremblements
Crises végétatives*
Céphalées
Sensibilité à la lumière
Sensibilité au bruit
Vision : double, trouble, floue
Otalgies
Audition : bourdonnements, sifflements, diminution de l’audition
Augmentation des nausées, vertiges, étourdissements avec perte de l'équilibre, sensation d’ivresse
Ronflements, sonnant,
Distraction, esprit « brumeux », incontrôlable besoin de se reposer ou de s’allonger
Fourmillements, engourdissements, sensations de brûlures ou de coups de poignards, douleurs aigues,
hypersensibilité dermatologique Paralysie faciale de Bell
Douleurs dentaires
Grincements et craquements du cou, rigidité, douleur cervicale Fatigue, traits tirés, baisse de la vitalité
Insomnie, sommeil irrégulier, réveils anticipés
Temps de sommeil excessif
Besoin de faire une sieste pendant la journée
Gain de poids non expliqué
Perte de poids non expliquée
Alopécie sans raisons
Douleur dans la zone génitale
Irrégularité menstruelle non expliquée
Production de lait non expliquée
Douleur dans les seins
Vessie irritée ou dysfonctionnement de la vessie
Dysfonctionnement érectile
Perte de la libido
Ecoeurements ou nausées
Remontées acides, douleur d'estomac
Constipation
Diarrhée
Douleurs abdominales, crampes
Murmure ou prolapsus des valves cardiaques ?
Palpitations ou arythmie cardiaque «blocage de l’influx électrique» sur l’ECG*
Douleurs pleurales ou cage thoracique endolorie
Congestion cérébrale
Dyspnée*, «manque d’air», toux chronique non expliquée
Sueurs nocturnes
Effets accentués de l’alcool ou moins bonne résistance à l'alcool
Récurrence des symptômes tous les 4 semaines
Sensation d’incapacité
LISTE AIDANT AU DIAGNOSTIC
Pour aider le clinicien, un panel de critères de diagnostics a été développé grâce à la participation de douzaines
médecins expérimentés dans le domaine. Le dossier qu’ils ont monté et peaufiné au cours des années, s'est avéré
extrêmement utile non seulement pour le clinicien, mais également pour aider à clarifier le diagnostic pour des
bénéficiaires du tiers payant et les Utilization Review Commitees*. Il est important de noter que les critères de rapport
publiés par la CDC* ne s’occupent que de la surveillance, pas du diagnostic. Ils ne devraient pas être utilisés dans le
seul but de diagnostiquer la maladie de Lyme ou d’établir des directives exclusivement en vue de la validation d’un
diagnostic pour les assurances, ni employé pour déterminer l'admissibilité à une couverture sociale.
Exposition aux tiques dans une région endémique ………………………………………………….….. 1
Témoignage du patient et évolution des symptômes dans le temps, conformes à Lyme …………... 2
Signes et symptômes systémiques conformes à l'infection de la Bb (tout autre étiologie écartée) : Symptôme isolé, par
exemple, mono-arthrite ............ ............ ............ ............ ............ ..................................................... 1
Deux symptômes ou plus. Par exemple, mono-arthrite et paralysie faciale. ............ ......................... 2
Erythème migrant médicalement confirmé............ ............ ............ ............ ............ ......................... 7
Acrodermatite atrophiante chronique confirmée par biopsie ............ ............ ............ ........................7

Séropositivité…. ............ ............ ............ ............ ............ ............ ............ ............ .......................... 3
Séroconversion de sérums géminés ............ ............ ............ ............ ............ .................................. 4
Microscopie de tissu par amplification argent. ............ ............ ............ ............ ............ ................... 3
Microscopie de tissu par immunofluorescence monoclonale ...... ............ ............ ............ .................4
Culture positive ............ ............ ............ ............ ............ ............ ............ ............ ............ ................4
Dépistage de l'antigène de la Borrelia b. ............ ............ ............ ............ ............ ........................... 4
Dépistage de l’ADN et de l’ARN de la Borrelia b. ............ ............ ............ ............ ........................... 4
DIAGNOSTIC
Borreliose de Lyme fortement probable ................................................................................................7 ou plus
Borreliose de Lyme possible .......... ............ ............ ............ ............ ............ ………………............... 5-6
Borreliose peu probable ........... ............ …………………….............. ............ ............ ............ ............ 4 ou moins
Pour répondre le plus justement à ces critères, je vous suggère d’indiquer si la Borreliose de Lyme Borreliosis est « peu
probable », « possible », ou « fortement probable » en vous basant sur les critères suivants - énumérez alors les
critères.
PROTOCOLE DE TRAITEMENT DE LA MALADIE DE LYME
BORRELIOSE DE LYME
INFORMATIONS GENERALES
Après une morsure de tique, la Borrelia se diffuse rapidement dans le sang et elle peut, par exemple, être trouvée dans
le système nerveux central douze heures après avoir pénétré la circulation sanguine. C'est pourquoi les infections
même récentes exigent une thérapie antibiotique massive avec une molécule capable de pénétrer tous les tissus dans
les concentrations que l’on connaît pour être bactéricides à l'organisme. Il a été démontré que plus l’atteinte à la
Borreliose de Lyme est ancienne, plus la durée du traitement doit être longue, et plus la nécessité d’un traitement
agressif accroit. Beaucoup de preuves ont été accumulées indiquant les effets néfastes et graves de l'utilisation
concourante d’immunosuppresseurs comprenant les stéroïdes chez le patient présentant une infection active à la
Borrelia burgdorferi. Les stéroïdes ou tout autre immunosuppresseur ne doivent jamais être administrés à un
patient qui peut avoir, même auparavant souffert de la maladie de Lyme, Auquel cas, de sérieuses et
permanentes altérations peuvent en résulter, en particulier s'ils sont administrés sur le long terme. Si une
thérapie immunosuppressive est absolument nécessaire, il faut alors initier un traitement antibiotique efficace au moins
48 heures avant de débuter les immunosuppresseurs.
RESISTANCE AUX TRAITEMENTS
La Borrelia sécrète des bêta-lactamases* et des céphalosporines, lesquels, sous certaines contraintes, peuvent
provoquer une résistance aux céphalosporines et aux pénicillines. C'est apparemment un système enzymatique à action
lente, que l’on peut vraisemblablement combattre en prescrivant les dosages de substances plus élevés ou plus
continus, en particulier s’ils sont administrés de manière soutenue par des perfusions continues (cefotaxime) et
par des préparations retard* (pénicilline benzathine). Néanmoins, certains traitements par pénicilline et
céphalosporine s’avèrent infructueux en répondant aux substances sulbactam/ampicilline, imipenem, et vancomycin, qui
agissent par différents mécanismes que les pénicillines et les céphalosporines sur les parois cellulaires.
L'endocardite végétante a été associée à la Borrelia burgdorferi, mais les végétations peuvent être trop petites pour être
détectées par une échocardiographie. Il faut garder cela présent à l'esprit face à des patients présentant un souffle au
coeur, car cela peut expliquer pourquoi certains patients semblent rechuter continuellement même après une longue
antibiothérapie
MULTI-THERAPIE
Le traitement de la maladie de Lyme chronique exige habituellement des associations d’antibiotiques. Il y a quatre
raisons à cela :
1. Deux compartiments
Les Borrelia b. peuvent être trouvées dans le fluide et les tissus compartimentaux*, pourtant aucun antibiotique
actuellement employé pour traiter des infections à la Borrelia ne sera efficace pour agir sur les deux compartiments à la
fois. C'est la raison pour laquelle il est nécessaire d’opter pour une thérapie associative chez les patients gravement
atteints. Dans une association logique l’on pourrait employer, par exemple, l'azithromycine avec de la pénicilline.
2. La place intra cellulaire
Une autre raison, soulevée ci-après, est le fait que la Borrelia peut pénétrer, rester vivante dans des cellules et esquiver
les effets des agents extracellulaires. Les associations typiques comprennent un antibiotique extracellulaire avec un
agent intracellulaire comme un dérivé d’érythromycine avec un métronidazole. Il faut remarquer que quelques experts
déconseillent la co-administration d’antibactériens avec des agents bactériostatiques, d’où la recommandation d'éviter
l’association d’un traitement contre les kystes avec de la tétracycline.
3. Les formes L (sphéroplaste)

La Borrelia est reconnue pour avoir la capacité d’exister sous au moins deux, et probablement trois formes
morphologiques différentes : le spirochète, le sphéroplaste (ou forme L), et la forme kystique récemment découverte
(actuellement, il existe une polémique pour savoir si le kyste est différent de la forme L). Les formes L et les formes
kystiques ne contiennent pas de paroi cellulaire, et les antibiotiques à bêta-lactamase ne peuvent donc pas les affecter.
Les sphéroplastes semblent répondre aux tétracyclines et aux dérivés d'érythromycine complexes. Apparemment, la
Borrelia peut subir une mutation entre les trois formes durant l'infection. C’est pour cela qu’il est sans doute nécessaire
de suivre des traitements antibiotiques à spectres différents en respectant des cycles et/ou de prescrire une association
d’agents hétérogène.
4. La forme kystique
Lorsqu’elles se retrouvent dans un environnement hostile, tel qu’un milieu de croissance privé de nutriments, le LCR, ou
le sérum avec certains antibiotiques supplémentaires, les Borrelia peuvent muter d’une forme en spirale (le
« spirochète ») à une forme kystique. Ce kyste semble être capable de rester latent, mais une fois placé dans un
environnement plus favorable à sa croissance, la Borrelia peut retrouver sa forme de spirochète. Les antibiotiques
utilisés généralement pour la maladie de Lyme ne tuent pas la forme kystique de la Borrelia. Cependant, les tests de
laboratoire prouvent que le métronidazole et le tinidazole la perturberont. Par conséquent, on peut ajouter au régime du
patient souffrant d’infection chronique avec résistance de la maladie, du metronidazole (ou du tinidazole). Vous
trouverez plus de détails sur ce sujet dans la partie consacrée aux alternatives de traitement.
NEUROTOXINE DE LA BORRELIA
(avec tous nos remerciements au Docteur Shoemaker)
Deux groupes ont prouvé que la Borrelia, comme plusieurs autres bactéries, produisent des neurotoxines. Ces
composés, comme il a été mis en évidence, peuvent causer plusieurs symptômes d’encéphalopathie, une réaction
inflammatoire continue, un symptôme « viral » courant dans les manifestations de la maladie de Lyme ancienne, et
peuvent agir également sur l'action hormonale en bloquant les récepteurs d'hormone. Actuellement, il n'y a aucun test
de dépistage disponible pour vérifier la présence de cette composante et la quantité de toxines ne peut être mesurée
non plus. Des analyses indirectes sont actuellement utilisées, telles que les mesures d'activation de cytokine et de
résistance hormonale. Un test sur la sensibilité au contraste visuel (test de VCS) est ainsi tout à fait utile pour
documenter les effets de la neurotoxine sur le SNC*, et pour suivre les effets des traitements. Ce test est disponible
dans quelques centres et sur Internet. Il a été mentionné que plus la maladie de Lyme dure, plus la neurotoxine est
présente dans le corps. Elle est probablement stockée dans les tissus gras, et une fois qu’elle s’y est installée, elle y
reste pour très longtemps. Ceci peut être du à la circulation entérohépatique, où la toxine est excrétée par la bile dans la
région intestinale, mais alors est réabsorbée de la région intestinale à nouveau vers la circulation sanguine. Ceci
constitue la base du traitement. Deux des médicaments capables de lier ces toxines sont la résine de cholestyramine et
les pilules de Welchol. Si la prise orale est suffisamment dosée, la neurotoxine présente dans la région intestinale se
colle à la résine, est emprisonnée, puis excrétée. Ainsi, au bout de plusieurs semaines, le niveau de neurotoxine est
épuisé et l’on assiste à une amélioration clinique. L’expérience montre couramment une amélioration au bout de trois
semaines, mais le traitement peut continuer pendant un mois ou davantage. Une répétition du traitement est toujours
possible. Ces médicaments peuvent non seulement fixer beaucoup de drogues mais également d’autres médicaments
et suppléments vitaminiques. Par conséquent il faut respecter un délai d’une demi-heure à deux heures après une dose
de cette fibre.
La Cholestyramine devra être prise deux à quatre fois par jour, et la posologie du Welchol est de trois pilules deux fois
par jour. Tandis que l’utilisation de ce dernier est évidemment beaucoup plus simple, il est cependant moins efficace
que la Cholestyramine. Les effets secondaires principaux sont le ballonnement et la constipation qui seront mieux
maîtrisés avec une consommation accrue de liquide et l’utilisation de laxatifs doux.
TRAITEMENT DE LA BORRELIOSE DE LYME
INFORMATIONS SUR LE TRAITEMENT
Il n'existe aucun antibiotique universellement efficace pour traiter la Borreliose de Lyme. Le choix du médicament utilisé
et du dosage prescrit seront différents selon les personnes en raison de multiples facteurs. Ceux-ci incluent la durée et
la sévérité de la maladie, la présence de co-infections, les insuffisances immunitaires, l'utilisation notoire
d'immunosuppresseurs pendant l’infection, l'âge, le poids, la fonction gastro-intestinale, les niveaux de sang réalisés, et
la tolérance du patient. Les doses avérées efficaces sont souvent médicalement plus hautes que celles recommandées
dans les textes les plus anciens. On peut expliquer cela par la pénétration profonde de la Borrelia dans les tissu, sa
présence dans le SNC incluant l'oeil, dans des cellules, dans des tendons, et parce que très peu de souches de cet
organisme à présent connues ont été testées aux sensibilités antibiotiques. En outre, toutes les études zoologiques sur
la sensibilité menées jusqu’à présent n’ont concerné que la forme précoce de la maladie et ont été pratiquées sur des
sujets qui se comportent différemment des hôtes humains. Il faut donc commencer par un régime approprié à
l’environnement, et au besoin, le modifier de temps en temps, en fonction des concentrations antibiotiques retrouvés
dans les sérologies et la réponse clinique.
ANTIBIOTIQUES
Il y a quatre types d'antibiotiques utilisés en général pour le traitement de la Borreliose.

Les tétracyclines
Comprenant la doxycycline et la minocycline, elles sont bactériostatiques sauf si elles sont prescrites à fortes doses. Il
faut atteindre des concentrations élevées dans le sang, sinon la thérapie échouera tant dans le traitement de la maladie
précoce que de la maladie ancienne. Cependant, il peut être difficile de tolérer ces doses élevées. Par exemple, la
doxycycline peut être très efficace mais seulement si certaines concentrations plasmatiques sont atteintes, que ce soit
par des doses orales élevées (300 à 600 mg par jour) ou par administration parentérale. Une cinétique éradicatrice
indique qu'une grande concentration sanguine et tissulaire est plus efficace que le maintien des niveaux, ce qui est le
cas avec la doxycycline, les doses orales de 200 mg bid* sont plus efficaces que les 100 mg qid*. De même, c'est la
raison pour laquelle les doses de 400 mg par intraveineuse sont plus efficaces en étant administrées une fois par jour
que par toute autre posologie orale.
Les pénicillines
Elles sont bactéricides. Comme prévu, dans la tentative de maîtriser une infection par organisme à gram négatif tel que
la Borreliose, l’amoxicilline s'avère plus efficace que la pénicilline V orale. Pour affecter ces agents pourvus d’une paroi
cellulaire, l’utilisation des pénicillines permet une cinétique tueuse efficace si les concentrations bactéricides sont
soutenues pendant 72 heures. Ainsi le but est d'essayer de maintenir une bonne concentration sanguine et tissulaire.
Cependant, puisque les concentrations sanguines sont extrêmement variables selon les patients, il faut les évaluer
régulièrement. En raison de sa courte demi-vie* et de la nécessité d’être employée à des doses élevées, l’amoxicilline
est habituellement administrée avec du probenecide. Une alternative intéressante est la pénicilline de benzathine
(«Bicillin-LA»). Il s’agit d’une injection intramusculaire « retard », et bien que les doses soient relativement faibles, une
forte concentration sanguine et tissulaire soutenue permet l’efficacité de cette préparation.
Les céphalosporines
Elles doivent être de 3ème génération : les préparations de première génération sont rarement efficaces et les
compositions de deuxième génération sont comparables à l'amoxicilline et à la doxycycline in vitro et in vivo. Grâce à
leurs CMB* très basses (0.06 pour le ceftriaxone) et à leurs demi-vies relativement longues, les préparations de
troisième génération sont actuellement les plus efficaces des céphalosporines. On a démontré la performance des
céphalosporines quand la pénicilline et la tétracycline s’avéraient inefficaces. Le Cefuroxime Axetil (Ceftin), une
molécule de deuxième génération, est également efficace contre le staphylocoque et peut ainsi être utile pour traiter les
érythèmes migrants atypiques qui peuvent traduire une co-infection en plus de la Borreliose, révélant la présence de
germes pathogènes de la peau courants. En raison des effets secondaires de cet agent, il n’est pas souvent utilisé
comme traitement de première intention. Comme pour les pénicillines, il faut essayer d’atteindre de fortes doses dans le
sang et dans les tissus en réajustant fréquemment les posologies et/ou en utilisant du probénecide. Il faut, si possible,
mesurer les concentrations sanguines. Concernant l’emploi de céphalosporine de troisième génération, plusieurs points
doivent rester présents à l’esprit : Le Ceftriaxone est administré deux fois par jour, permettant de suivre une thérapie
chez soi, mais connaît 95% d'excrétion biliaire, il peut se cristalliser dans le tractus biliaire et provoquer une
cholécystite*. L'excrétion gastro-intestinale entraîne de gros effets sur la flore intestinale. On peut réduire les
problèmes biliaires et de surinfection grâce à la ceftriaxone si elle est donnée sans interruption, ainsi la recommandation
courante est de l'administrer chaque semaine pendant quatre jours d’affilée. Le céfotaxime, qui doit être donné au moins
toutes les huit heures ou en perfusion continue, est moins pratique, mais comme il ne provoque que 5% d'excrétion
biliaire, il ne cause jamais de dépôts biliaires et peut avoir moins d'effets indésirables sur la flore intestinale.
L’érythromycine
Elle s'est avérée presque inefficace en monothérapie. L'azithromycin d'azalide est légèrement plus efficace mais
toujours de moindre performance en cas de prise orale. Administrée par intraveineuse, elle donne de bien meilleurs
résultats. La clarithromycine est plus efficace que l'azithromycine si elle est administrée par voie orale, mais peut être
difficile à tolérer en raison de sa tendance à favoriser la prolifération de levures, un après-goût désagréable, et une
faible tolérance gastro-intestinale aux doses élevées requises. Ces problèmes sont beaucoup moins accentués avec la
telithromycine, ketolide oral, qui est généralement bien toléré. Les érythromycines (et les dérivés des dernières
générations mentionnés ci-dessus) ont des CMB considérablement basses, ils se concentrent très bien dans les tissus
et pénètrent les cellules, ainsi ils devraient être des agents idéaux. Pourtant, l'érythromycine est inefficace ; les premiers
résultats cliniques avec l'azithromycine (et dans une certaine mesure, la clarithromycine) ont été décevants. On pense
que quand la Borrelia est dans une cellule, elle est retenue dans une vacuole* et baigne dans un liquide au pH faible ;
cette acidité peut inactiver l'azithromycine et la clarithromycine. Par conséquent, ces substances sont administrées
simultanément à l’hydroxychloroquine ou à l'amantadine, qui élèvent le pH vacuolaire, permettant à ces antibiotiques
d’être plus efficaces. On ne sait pas encore si cette même technique contribuera à rendre l'érythromycine plus efficace
dans le traitement de la Borréliose. Une autre alternative consiste à administrer l'azithromycine de manière parentérale.
Les résultats sont excellents, sauf en ce qui concerne les brutales réactions de Jarisch-Herxheimer. La télithromycine,
par ailleurs, reste stable dans un environnement intracellulaire acide, ce qui explique sans doute pourquoi cette
préparation est de loin la plus efficace de cette catégorie, et elle peut remplacer les autres chez la majorité des patients
atteints de la Borreliose. De même, elle permet de rendre inutile la co-administration d'amantadine ou
d’hydroxychloroquine. Cet antibiotique a d'autres avantages - il a été élaboré pour empêcher les résistances, il n'a presque aucun impact négatif sur les E. coli* du tractus intestinal (réduisant de façon encourageante le risque de
diarrhée), et il peut être pris avec ou sans nourriture. Il comporte cependant des inconvénients :
1. Peut interagir sur une grande variété de médicaments car c'est un inhibiteur du cytochrome CYP3A4*. Il est
essentiel de prendre cet élément en considération car de nombreux patients atteints de Lyme prennent concurremment
une variété de médicaments, qui sont d’ailleurs souvent prescrits par différents praticiens.
2. Peut rallonger l'intervalle QT* qui devrait d’ailleurs être mesuré avant de prescrire ce médicament, et s’il est à la
limite, revérifier après le début du traitement.
3. Peut transitoirement causer une vision trouble, un retard d’accommodation, et même une vision double.
4. Peut provoquer une augmentation des enzymes hépatiques. Des analyses de sang doivent être faites régulièrement
pour surveiller leur taux.
5. Les précautions habituelles de n'importe quel antibiotique s’appliquent également toujours pour le risque d'allergie,
les effets sur l’estomac, les réactions d’Herxheimer, etc.
Intervalle QTc*
• Le QTc est l’intervalle QT* corrigé pour la mesure de la fréquence cardiaque
• Mesurer la dérivation précordiale* qui a l’onde T* la plus ample (habituellement V-2 ou V-5)
• Mesurer du début de l’onde Q* à la fin de l’onde T
• L’intervalle QT est inversement lié au rythme cardiaque (une impulsion lente a comme conséquence un plus long QT)
• QTc = QT ÷ intervalle RR
• Normes : Femmes 2.0 ; éviter l’hypocalcémie
Le Métronydazole (Flagyl)
un environnement hostile, tel qu’un milieu de croissance privé de nutriments, le LCR, ou le sérum avec certains
antibiotiques supplémentaires, les Borrelia peuvent muter d’une forme en spirale (le « spirochète ») à une forme
kystique.
Ce kyste semble être capable de rester latent, mais une fois placé dans un environnement plus favorable à sa
croissance, la Borrelia peut retrouver sa forme spirochètale. Les antibiotiques généralement utilisés contre la maladie de
Lyme, tels que la pénicilline ou les céphalosporines n’éradiquent pas la forme kystique de la Borreliose. Cependant, les
tests de laboratoire prouvent que le métronidazole l’éliminera. Par conséquent, on tend à présent à traiter le patient
chronique présentant une maladie résistante en combinant le métronidazole avec un ou deux autres antibiotiques pour
cibler toutes les formes de Borreliose. Puisque les tests de laboratoire prouvent que les tétracyclines peuvent entraver
l'effet du Flagyl, ce type de médicament ne devrait pas être employé dans ces combinaisons bi ou tri thérapeutiques.
Certains cliniciens préfèrent recommander le tinidazole qui pourrait être aussi efficace tout-en présentant moins d’effets
secondaires. Cependant, cette information n’a pas encore été documentée. Précautions importantes :
1. Le Flagyl est déconseillé pendant la grossesse, car il y a un risque de malformations à la naissance.
2. Aucune consommation d'alcool ! Un grave, effet « Antabuse » se produira, consistant en d’importantes nausées, des
rougeurs, des céphalées, et autres symptômes.
3. La prolifération de levures est particulièrement courante. Un r
égime strict antimycosique doit être suivi.
4. Le Flagyl peut irriter le système nerveux à court terme, il peut entre autres causer irritabilité, sensations d’ivresse etc.
à plus long terme, il peut affecter les nerfs périphériques, causant fourmillements, engourdissements, etc. Si ces effets
restent légers, il suffira de réduire la posologie. Souvent, un supplément en vitamine B peut faire cesser ces
symptômes. Si les symptômes nerveux persistent ou sont violents, alors il faut interrompre le traitement par
métronidazole sans quoi, ces symptômes peuvent s’installer de façon durable.
5. Les fortes réactions de type Herxheimer des réactions ont été observées chez presque tous les patients.
La rifampine
Cet antibiotique bien connu est utilisé depuis des décennies. Il est principalement employé pour traiter la tuberculose,
mais on a eu recours à lui dans d'autres situations, telles que la prévention de la méningite pour les sujets exposés,
pour traiter un staphylocoque résistant, etc. La rifampine peut être potentiellement efficace dans le traitement contre la
Bartonelle, l’Ehrlichia, la Mycoplasmose, et la Borreliose. Jusqu’à présent, aucune étude clinique formelle n’a été
instruite sur l'utilisation de ce médicament contre ces maladies, mais beaucoup de patients traités par rifampine ont eu
des résultats favorables. Si cette molécule est administrée, des analyses de sang régulières (NFS, enzymes
hépatiques) sont habituellement exécutées pour surveiller pour les effets secondaires. La rifampine peut également provoquer une coloration de l'urine, des larmes et de la sueur (oranges tendant vers le brun). Elle peut également tacher
certains types de verres de contact perméables à l'eau. La rifampine est déconseillée pendant la grossesse. En
conclusion, la rifampine, en raison de son effet inducteur sur les cytochromes (CYP3A4), ne doit pas être administrée en
même temps que d'autres médicaments, car elle peut provoquer une baisse de la concentration et de l’effet des
traitements concomitants. Il faut être bien averti de ces éventuelles interactions médicamenteuses.
La pénicilline-benzathine
Des études comparatives menées sur la pénicilline-benzathine publiées par Fallon à l'université de Colombie, ont
prouvé que la thérapie parentérale était supérieure à la thérapie orale chez les patients chroniques. Les alternatives de
traitement incluent des intraveineuses à diffusion lente de pénicilline G (pénicilline-benzathine, ou « Bicillin-LA ») ou des
antibiotiques intraveineux. Pour qu’un antibiotique de la catégorie des pénicillines puisse être efficace, les courbes de
bactéricidie montrent que des concentrations antibiotiques significatives doivent être soutenues pendant 72 heures. La
Bicillin LA est une formule à diffusion continue qui remplit ces critères. En se référant aux études publiées sur les
enfants et les adultes, ainsi qu’à plus d’une décennie d'expériences dans cette thérapie de pointe, les médecins traitant
la maladie de Lyme ont établi l'efficacité, la sûreté et l'utilité de ce médicament. Chez beaucoup de patients il est plus
efficace que les antibiotiques oraux pour traiter la maladie de Lyme, et équivaut étroitement aux thérapies
intraveineuses en termes d'efficacité si la dose est suffisamment forte. La posologie est habituellement de trois ou
quatre fois par semaine pendant six à douze mois. Il a l'avantage d'être relativement peu coûteux, exempt d’effets
secondaires sur le système gastro-intestinal, peu susceptible de favoriser la prolifération de levures, et a traversé des
décennies avec performance, en gardant toute sa fiabilité. En conclusion, un avantage supplémentaire est que les
membres de la famille peuvent être formés pour administrer ce traitement chez eux.
La ceftriaxone
Une catégorie de patients atteints de la maladie de Lyme chronique et sévère due à la Borrelia burgdorferi portent une
infection persistante en dépit des traitements antibiotiques précédemment reçus, lesquels ont pu éliminer la maladie
chez les individus moins atteints. Les mécanismes de cette résistance ont été l’objet de moult articles analysés par des
confrères. Ils comprennent la persistance de la Borrelia b. dans les zones protectrices, l'inhibition et la lyse* des
lymphocytes, la survie dans des vacuoles phagocytaires, les décalages antigéniques, la croissance lente, les
changements de formes, ainsi que la dormance* et la latence. Une approche très réussie chez le patient le plus atteint,
éditée au début des années 90, consiste à employer des doses plus élevées de ceftriaxone dans une thérapie pulsée.
Depuis lors, l’expérience clinique s’est documentée sur ce concept, et au congrès de la MLDA* en septembre 2002,
Cichon présenta de nouvelles données sur la thérapie pulsée et élevée qui soutient et affine ce concept. Ce traitement
est maintenant considéré comme habituel dans l’utilisation de la ceftriaxone.

La posologie du traitement par ceftriaxone repose sur des doses de 4 grammes par jour administrées soit de 2
grammes par intraveineuse, deux fois par jour, ou 4 grammes à diffusion lente une fois par jour, quatre jours par
semaine sans interruption, généralement pendant 14 semaines ou plus. Un tel régime est non seulement plus efficace
chez le patient chronique de Lyme, mais les pauses régulières dans le traitement diminuent les éventuelles
complications liées à une thérapie antibiotique intensive par ceftriaxone, tel que la cristallisation dans les voies biliaires
et les colites. Par conséquent un traitement plus efficace et plus sûr qui, en vertu des pauses thérapeutiques, est moins
coûteux et dispense au patient un style de vie plus accommodant. Le procédé d’héparine Lock* (méthode privilégiée)
permet alors les intraveineuses.
EVOLUTION AU COURS DU TRAITEMENT
Etant donné que le spirochète a un temps de génération très long (de 12 à 24 heures in vitro et probablement beaucoup
plus in vivo) et qu’il peut connaître des périodes de dormance, pendant lesquelles les antibiotiques ne tueront pas
l'organisme, le traitement doit être poursuivi pendant une longue période afin de supprimer tous les symptômes actifs et
d'empêcher une rechute, particulièrement dans des cas d’infections anciennes. Si le traitement est interrompu avant que
tous les symptômes de l'infection active aient été supprimés, le patient restera atteint et rechutera probablement plus
tard. Généralement une infection récente à la Borréliose doit être traitée pendant quatre à six semaines, et une
Borréliose ancienne exige habituellement quatre à six mois minimum de traitement continu. Tous les patients ne
répondent pas de la même façon et la thérapie doit être individualisée. Il n'est pas rare pour un patient qui a été malade
pendant de longues années d’avoir besoin d’un traitement ouvert ; en effet, quelques patients auront besoin d’une
thérapie d'entretien continue pendant des années pour se maintenir en forme. Plusieurs jours après le début d’une
thérapie antibiotique appropriée, les symptômes s’amplifient souvent violemment; ils sont dus à la lyse des spirochètes
lors de la libération d’une grande quantité d’agents antigéniques et probablement des toxines bactériennes. Ce
phénomène est connu sous le terme de réaction de type Jarisch Herxheimer. Puisqu’il faut 48 à 72 heures de thérapie
pour que l’élimination bactérienne commence, la réaction d’Herxheimer est donc retardée. Dans le traitement de la
syphilis, ces réactions peuvent se produire dans les heures qui suivent.
On a observé une recrudescence des symptômes respectant des cycles de quatre semaines. Cette singularité
correspond sans doute au cycle des cellules de l'organisme, qui coïncide avec la phase de croissance survenant une
fois par mois (la croissance périodique est commune dans toutes les espèces de Borrelia). Etant donné que les
antibiotiques n’élimineront les bactéries que pendant leur phase de croissance, la thérapie est conçue pour encadrer au
moins un cycle entier de génération. C'est pourquoi la durée minimum du traitement doit être au moins de quatre
semaines. Si les antibiotiques fonctionnent, avec le temps, les réactions violentes diminueront tant en intensité qu’en durée. L'occurrence même des cycles mensuels continus indique que l’agent organique est encore présent et qu’il faut
continuer le traitement antibiotique. En poursuivant le traitement, ces réactions symptomatiques mensuelles s’amplifient
et traduisent probablement des réactions de type Herxheimer récurrentes au moment où la Borrelia passe en phase de
vulnérabilité avant d’être lysée. Pour des raisons obscures, les réactions les plus violentes ont lieu lors de la quatrième
semaine du traitement. L'observation montre que plus cette réaction est importante, plus la charge microbienne est
importante et donc plus le patient est atteint. Pour ceux qui présentent une maladie nettement symptomatique ancienne
et qui suivent une thérapie par intraveineuse, les réactions d’Herxeimer peuvent être très graves, semblables aux
symptômes de la maladie sérique*, et peuvent être associés à une leucopénie* et/ou à une augmentation des
enzymes hépatiques passagères. Dans ce cas, il faudra diminuer la dose temporairement, ou interrompre le traitement
pendant plusieurs jours, avant de le reprendre à des doses inférieures. Quand les patients ont la possibilité de continuer
ou de reprendre le traitement, alors leur état continue de s’améliorer. Ceux dont le traitement est interrompu
définitivement auront habituellement besoin de recommencer une thérapie car les symptômes seront toujours présents
ou réapparaitront en raison de la subsistance de l’infection. Les patients suivant une thérapie par intraveineuse et
présentant une forte réaction à partir de la quatrième semaine devront poursuivre les antibiotiques parentéraux pendant
plusieurs mois, car lorsque cette réaction mensuelle diminue en intensité, un traitement oral ou intramusculaire peut
prendre le relai. En effet, c’est sur la base de cette observation que le clinicien déterminera la fin du traitement par
intraveineuse. Généralement la thérapie par intraveineuse est donnée jusqu'à ce qu'il y ait une réponse positive claire,
et alors on modifie le traitement dont l’administration se fait par intramusculaire ou per os* jusqu'à ce jusqu’à ce que le
patient soit exempt de signe d'infection pendant 4 à 8 semaines. Quelques patients, cependant, auront une mauvaise
réponse à l’intramusculaire ou au traitement per os et le traitement par intraveineuse devra être employée tout au long
de la thérapie. Comme cité précédemment, la leucopénie peut être un signe d’Ehrlichiose persistante, ainsi il faut bien
examiner la question. Les échecs de traitement répétés doivent alerter le clinicien sur la possibilité d'une insuffisance
immunologique autre sous-jacente, et un dépistage dans ce sens peut être conseillé. Évidemment, l’éventualité d’une
co-infection doit être prise en compte, et une recherche pour un diagnostic différentiel doit être dirigée.
Il y a trois éléments qui peuvent produire un échec du traitement indépendamment de la thérapie choisie : l’indiscipline,
la consommation d'alcool, et le manque de sommeil. Il faut conseiller au patient de faire une pause au moment (ou
idéalement avant) des inévitables coups de fatigue du milieu de l’après midi (La sieste est fortement encouragée).
Tous les patients doivent noter leurs symptômes quotidiennement dans un journal intime qui devra être soigneusement
détaillé pour nous aider à documenter l’existence du cycle classique de quatre semaines, pour nous permettre de juger
des effets du traitement et pour déterminer le point final du traitement. Ces journaux intimes doivent renseigner les
températures corporelles de fin d'après-midi, les résultats physiques, notes des thérapeutes, et les tests cognitifs afin de
déterminer le meilleur moment pour modifier le traitement ou mettre un terme aux antibiotiques. Il faut toujours se
souvenir qu'il n'y a actuellement aucun test pour le traitement, ainsi ce suivi clinique joue un rôle important dans la
thérapeutique de la maladie de Lyme.
CHOIX DES MOLECULES ET DES DOSES D’ANTIBIOTIQUES
THERAPIE ORALE
Toujours vérifier les concentrations sanguines des molécules soulignées, puis ajuster la dose pour atteindre un niveau
maximal supérieur à dix et un minima trois fois plus élevé.
En fonction de cela, les posologies détaillées ci-dessous peuvent être augmentées. Choisir la doxycycline comme
traitement de première intention pour traiter une maladie de Lyme récente en raison des co-infections d'Ehrlichia
éventuelles.
Amoxicilline
- Adultes : 1g q8h* plus probénécide 500mg q8h ; Des doses jusqu'à 6 grammes par jour sont souvent nécessaires.
- Grossesse : 1g q6h à ajuster.
- Enfants : 50 mg/kg/jour à répartir en doses de q8h.
Doxycycline
- Adultes : 200mg bid au moment des repas ; les doses égales à 600 sont souvent nécessaires, car la doxycycline ne
peut être efficace qu’à des concentrations sanguines élevées.
- Enfants et grossesse : contre-indiqué.
Si les niveaux sont trop bas à des doses bien tolérées, administrer de manière parentérale ou changer de molécule.
Cefuroxime Axetil
Traitement oral alternatif qui peut être opérant quand l’amoxicilline et la doxycycline se révèlent inefficaces. Utile contre
les poussées d’érythèmes migrants communes dans les co-infections par des germes pathogènes de la peau.
- Adultes et grossesse : 1g q12h et ajuster.
- Enfants : 125 à 500mg q12h en fonction du poids.
Tétracycline
- Adultes uniquement, et pas pendant la grossesse. 500mg tid* ou qid.






Erythromycine
Réponse faible, non recommandé.
Azithromycine
- Adultes : 500 à 1200mg/jour.
- Adolescents : 250 à 500 mg/jour en complément de 200 à 400mg/jour d’hydroxychloroquine ou de 100 à 200mg/jour
d’amantadine.
- Grossesse et enfants en bas âge : contre-indiqué.
L’administration orale donne des résultats globaux faibles.
Clarithromycine
- Adultes : 250 à 500mg q6h en complément de 200 à 400mg/jour d’hydroxychloroquine, ou de 100 à 200 mg/jour
d'amantadine.
- Grossesse et enfants en bas âge : contre-indiqué.
Médicalement plus efficace que l'azithromycine.
Télithromycine
- Adultes et adolescents : 800mg, une fois par jour.
Evite d’avoir recours à l'amantadine ou à l’hydroxychloroquine.
Actuellement, c’est la molécule la plus efficace de cette catégorie et probablement le meilleur traitement oral si elle est
bien tolérée. Se préparer à des réactions d’Herxheimer fortes et prolongées. Surveiller les interactions
médicamenteuses (inhibiteur CYP3A-4), vérifier l'intervalle QTc, et contrôler les taux d’enzymes hépatiques.
Grossesse : contre-indiqué.
Augmentin
Les doses d’augmentin ne doivent pas dépasser 3 comprimés/jour à cause du clavulanate qu’il contient ; ainsi
administré en même temps que l'amoxicilline, pour que la dosage total de la molécule d'amoxicilline soit égal à celle
indiquée ci-après. Cette combinaison peut être efficace quand la bêta-lactamase de la Borrelia devient significative.
Augmentin XR 1000
Il s’agit d’une « préparation retard », à diffusion progressive et constitue un meilleur choix que l’Augmentin standard. Les
doses vont de 1000mg q8h à 2000mg q12h en fonction des concentrations sanguines.
Chloramphénicol
Il n’est pas recommandé car ses effets bénéfiques n’ont pas été prouvés et il est potentiellement toxique.
Métronidazole
500 à 1500mg / jour en prises réparties.
Femmes enceintes : contre-indiqué – Uniquement pour les adultes.
THERAPIE PARENTERALE
Ceftriaxone
Risque d’agglomérats biliaire (par conséquent une co-administration d’Actigall est souvent nécessaire - un à trois
comprimés par jour).
- Adultes et grossesse : 2g q12h, 4 jours à suivre chaque semaine
- Enfants : de 75 mg/kg/jour à 2g/jour. Efficacité comparable à la céfotaxime ; pas de complications biliaires
- Adultes et grossesse : 6g à 12g par jour. Peut être donné q8h en doses réparties, mais sera plus efficace en perfusion
continue. Si vous dépassez 6 grammes par jour référez-vous au schéma de la thérapie pulsée.
- Enfants : de 90 à 180 mg/kg/jour q6h (de préférence) ou q8h pour ne pas excéder 12 grammes par jour.
Doxycycline Exige un cathéter central car cette préparation est caustique. Étonnamment efficace, sans doute en raison
des fortes concentrations sanguines atteintes lorsqu’elle est quotidiennement et parentéralement administrée à des
dosages uniques et élevés, elle optimise la cinétique éradicatrice.
Toujours mesurer les concentrations sanguines.
- Adultes : Commencer par 400mg q24h et ajuster selon les concentrations atteintes.
- Grossesse et enfants en bas âge : contre-indiqué.
Azithromycine
Exige un cathéter central car cette préparation est caustique. Adolescents et adultes : de 500 à 1000mg par jour.
Pénicilline G
La pénicilline G par intraveineuse est d’une moindre efficacité et non

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