Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 10:16

LUC MONTAGNIER

Il a bien voulu nous parrainer et nous confier le fruits de ses toutes dernières réflexions. Nous en sommes très fiers et nous espérons, bien au delà de cette réunion lui proposer la collaboration du plus grand nombre possible de chercheurs et thérapeutes afin de l’aider dans ses recherches.

Voici, avec son aimable autorisation,  le résumé de sa fiche biogaphique sur Wikipédia 

Luc Montagnier (né le 18 août 1932 à Chabris dans l'Indre) est un virologue français. Il a été professeur à l'Institut Pasteur et directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique. Il est célèbre pour avoir été le directeur du laboratoire qui a découvert en 1983 le VIH, le virus responsable du SIDA. Avec son collègue italien Vittorio Colizzi, Luc Montagnier participe à plusieurs conférences, notamment en Afrique, pour lutter contre la propagation du VIH. Le 6 octobre 2008 il est corécipiendaire du Prix Nobel de physiologie ou médecine avec Françoise Barré-Sinoussi et Harald zur Hausen

Il nous a autorisé à reproduire ici deux articles récents :

Luc Montagnier : « La médecine du XXe siècle a épuisé ses ressources »

Enjeux-Les Echos - Après les progrès accomplis au xxe siècle, la médecine aurait atteint ses limites. Pourtant, n'a-t-on jamais aussi bien vécu qu'aujourd'hui ?

Luc Montagnier - Certes, nous gagnons encore trois mois d'espérance de vie par an, mais nous subissons toujours des maladies qui surviennent sans que l'on sache pourquoi : cancers, leucémies, accidents cardiovasculaires ou neurologiques, qui touchent même des sujets jeunes. Or il n'y a pas de fatalité, il existe des causes précises à ces phénomènes. Quand on les connaîtra, on saura prévenir ces maladies, voire les éliminer. C'est la même chose pour les maladies du vieillissement. Pour le moment, nous ne savons pas reculer nos limites biologiques ; déjà, au temps des pharaons, Ramsès II aurait vécu presque 100 ans...

Aujourd'hui, de plus en plus d'êtres humains vivent longtemps, mais ils vivent mal : problèmes articulaires ou cardiaques, cancers, maladies d'Alzheimer, de Parkinson, etc. Et la médecine ne sait pas très bien y répondre. Depuis un siècle, elle s'attache surtout à traiter avec succès des situations de crise par la chirurgie ou de grands médicaments très actifs, mais elle reste démunie dans le cas des maladies chroniques. Face à ces maladies, la Sécurité sociale plonge dans les déficits et cela devrait durer : hospitalisations longues, traitements multiples et peu efficaces avec des médicaments toujours plus chers.

Le modèle de l'industrie pharmaceutique, qui jusqu'ici a été d'extraire un principe actif d'un produit naturel ou d'en faire un produit de synthèse, de le breveter et de le vendre fort cher sous prétexte de son coût de développement, est de moins en moins pérenne. Il faut donc revoir tout notre système de santé.

(...) Vous êtes un grand scientifique avec ce que cela suppose de rationalité. Et vous ne semblez plus jurer que par les plantes, comme l'extrait de papaye verte fermentée que vous prescrivez contre le rhume, le sida, la maladie d'Alzheimer ou pour la récupération des sportifs. C'est un peu l'élixir du docteur Knock, non ?

 


L. M. - Je reste rationnel mais je n'ai pas de préjugés. Nous n'avons pas encore totalement puisé dans l'expérience multimillénaire accumulée par nos ancêtres. Les extraits de plantes sont des produits complexes qu'on ne peut réduire à des molécules identifiées brevetables comme le souhaite l'industrie pharmaceutique. Quant aux petits laboratoires qui les fabriquent, ils n'ont pas assez d'argent pour réaliser les essais cliniques contrôlés permettant de valider leurs produits. J'ai vécu le développement de la biologie moléculaire depuis ses débuts. Mais je conçois qu'elle a atteint des limites et qu'elle n'explique pas tout. Certains phénomènes, comme l'homéopathie, restent mystérieux. Je fais allusion à certaines idées de Jacques Benveniste (le scientifique qui a inventé la « mémoire de l'eau ») car j'ai récemment rencontré des phénomènes que seules ses théories semblent pouvoir expliquer. Je pars d'observations, pas de croyances. Certaines choses nous échappent encore, mais je suis convaincu qu'on saura les expliquer de la manière la plus rigoureuse. Encore faut-il pouvoir mener des recherches à ce sujet ! Si l'on commence par nier l'existence de ces phénomènes, il ne se passera rien. J'ai la chance d'avoir pu faire mes preuves dans la « grande science » en particulier dans l'identification du virus du sida. Je me sens libre d'explorer de nouveaux domaines et d'en dériver des concepts originaux, même s'ils prêtent à controverse.

Quel est le rapport entre « la mémoire de l'eau » et la difficulté à guérir certaines infections ?
L.M. - Certaines bactéries pathogènes ont appris à « dormir » sans se multiplier. Or la plupart des antibiotiques n'agissent que sur des bactéries qui se multiplient. De même, certains virus échappent aux traitements et au système immunitaire par une sorte d'atomisation de leurs gènes qui persistent ainsi sous une forme différente de celle d'un virus classique. On observe aussi que les bactéries s'entraident en formant des biofilms et des « forums » où elles échangent des messages alors qu'on pensait au départ que cette faculté était l'apanage des cellules supérieures.
En ce qui concerne la « mémoire de l'eau », c'est peut-être aussi un phénomène de communication utilisé par les bactéries et virus à travers des ondes. Nous défrichons là un nouveau champ de recherche à la croisée de la physique et de la biologie. Les biologistes ont une vision assez simpliste en considérant que les atomes qu'ils étudient interagissent par contacts. En fait, on peut approfondir l'idée de Benveniste que les molécules communiquent entre elles par des ondes, un peu comme nous par téléphone. J'ai créé Nanectis avec quelques collègues, une société de biotechnologies qui s'attache à la détection préventive de traces virales et bactériologiques en milieux aqueux. Nous envisageons également de travailler avec une société américaine dont les fondateurs poursuivent les travaux de Benveniste. Au-delà, je souhaiterais lancer un institut de recherche fondamentale pour établir les bases théoriques de ces phénomènes. Nous avons besoin de nouveaux concepts qui nécessitent une grande interdisciplinarité entre biologie et physique. La Chine et l'Italie ont manifesté leur intérêt pour ce projet. Pas la France.

En quoi les extraits de plantes sont-ils utiles dans cette approche ?

L.M. - Pasteur disait que le microbe n'était rien et le terrain tout. Notre corps est en contact permanent avec des bactéries. Notre cerveau recèle des toxoplasmes qui sont autant de petits parasites. Un système immunitaire en bon état contrôle toute cette activité et empêche bactéries et parasites de proliférer. Certains extraits de plantes retardent la dégradation naturelle du système immunitaire sous l'effet du stress oxydant et aident à sa restauration.
De même, en cas d'attaque de l'organisme, il faut à la fois aider le système immunitaire au plus vite mais aussi, une fois l'attaque passée, lui apprendre à contrôler seul l'envahisseur. Certains individus le font spontanément contre le sida : environ 5% de la population infectée ne développe pas la maladie. Si la nature sait le faire, on doit pouvoir s'en inspirer. Si le rôle des bactéries et des virus se confirme dans certains cancers, comme celui de l'estomac, ainsi que dans les maladies du cerveau, la même approche pourrait être utilisée : une chimiothérapie légère pour réduire la tumeur, des antibiotiques à long terme pour éradiquer les infections bactériennes et, dans les deux cas, l'association d'antioxydants pour muscler le système immunitaire. D'où mon souhait de voir se développer une médecine capable de mesurer l'efficacité du système immunitaire et le niveau du stress oxydant de chaque individu, ce qui permettrait d'administrer les antioxydants appropriés pour neutraliser ce stress. Ces bilans, effectués tous les six mois, nécessiteraient une prise de sang et le recours à l'imagerie médicale. Voilà une médecine préventive qui nous permettrait d'échapper à beaucoup de maladies débilitantes. Nous sommes programmés pour vivre cent vingt ans, donnons-nous les moyens de les vivre bien.

Ce fameux stress oxydant, n'est-ce pas simplement du vieillissement ?

L.M. - C'est une altération biochimique. Comme pour le stress psychologique, un peu est utile, trop est nuisible. Il augmente chez tout le monde avec le vieillissement mais des sujets jeunes, sans le savoir, peuvent aussi subir des taux élevés. D'où l'intérêt de ces check-up pour prévenir des morts subites par arrêt cardiaques, des cancers ou même des maladies du cerveau. Mais beaucoup de médecins négligent ce phénomène qui devrait conduire à des prescriptions rationnelles d'antioxydants. Certains essais cliniques ont certes été négatifs mais ils ne concernaient qu'un seul produit. Or ces produits ne fonctionnent pas de manière isolée mais en synergie. Il convient donc de les associer en fonction des déficits que l'on mesure.
De toute façon, le stress oxydant est un symptôme dont il faut rechercher les causes, mais qui par lui-même favorise certaines maladies. Il vaut donc mieux le corriger, et cela est relativement facile, notamment à partir d'extraits de plantes. De nombreux médicaments en sont issus et les plantes sont les meilleures chimistes de la Terre. Il ne faut pas tout rejeter de l'expérience de nos anciens, mais l'associer à la médecine moderne qui nous a permis de gagner trente ans d'existence. En Chine, les deux médecines, traditionnelle et occidentale, cohabitent. C'est peut-être ce que nous pouvons envisager dans le futur.

(...)

Né en 1932, le professeur Luc Montagnier s'est rendu célèbre en identifiant le virus du sida en 1983. Président de la fondation mondiale Recherche et prévention sida à l'Unesco, il a aussi repris une partie des travaux de Jacques Benveniste sur la « mémoire de l'eau », tout en s'intéressant aux propriétés antioxydantes de certaines plantes. Il vient de publier Les Combats de la vie (Lattès)
 

Partager cet article

Repost 0
Published by chronimed - dans Concept
commenter cet article

commentaires

holosanté 31/03/2011 11:02


« C’est Claude (Claude Bernard) qui avait raison, le germe n’est rien, le terrain est tout ! »

Voici la vraie phrase de Pasteur à son ami le Professeur Renon qui le veillait peu de temps avant sa mort, 1895