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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 17:30

Ann Arbor, Michigan , États-Unis- Une équipe de chercheurs du Centre Cardiovasculaire du Michigan, publie dans Circulation deux études qui montrent pour la première fois que les polynucléaires neutrophiles (PNN) sont impliqués dès les premiers stades de développement des anévrismes aorto-abdominaux [1,2 ]. 

 

Selon le Dr Jean Baptiste Michel (Inserm U 698, Bichat, Paris) " il faut d'entrée se féliciter de voir des travaux menés sur cette pathologie car les anévrismes aorto-abdominaux suscitent bien peu de recherches et d'investissements. 

 

Alors qu'ils représentent encore une cause importante de décès malgré le nombre croissant, mais encore largement insuffisant, d'anévrismes dépistés et pour certains opérés. Des résultats très démonstratifs mettent en lumière le rôle essentiel des polynucléaires neutrophiles. A Bichat, nous avions dès 2002 montré leur implication dans les anévrismes humains opérés, donc à un stade plus avancé " [3,4 ].

 

Les expériences ont été réalisées d'une part sur des souris temporairement neutropéniques [1] et d'autre part sur des souris porteuses d'une déficience génétique en une protéine leucocytaire - la L-sélectine - impliquée dans l'attachement des neutrophiles aux tissus [2]. 

 

" Les neutrophiles sont en effet des sortes de " kamikases " capables de se fixer et de migrer dans les tissus pour y délivrer, en " mourrant ", une importante quantité de protéases : les protéases à sérines dont l'élastase et la cathepsine D et les métalloprotéases en particulier MMP-8 et MMP-9 ", explique à heartwire le Dr Michel.

 

Les auteurs ont suivi le devenir d'une petite section d'aorte exposée temporairement in vivo à une enzyme, l'élastase (perfusion à J0), inductrice d'anévrisme expérimentaux chez les souris en comparaison de souris contrôles. " 

 

Un modèle d'anévrisme expérimental que nous connaissons bien pour l'avoir développé il y a quelques années même si nous préférons aujourd'hui privilégier les recherches sur le matériel humain. Tout modèle animal, aussi intéressant soit-il, restant par définition très éloigné de la réalité clinique ", souligne le chercheur Inserm de Bichat.

 

Moins d'anévrysmes chez les souris neutropéniques

 

Dans les deux études, deux semaines après l'agression protéolytique de l'aorte, les souris qui présentent une neutropénie ou des neutrophiles déficients en L-sélectine ont des diamètres aortiques moyens moins augmentés que ceux des contrôles et développent moins d'anévrismes. 

Ce qui tend à démontrer, au moins dans ces modèles, que les neutrophiles ont un rôle extrêmement actif et précoce dans le développement de la dégradation de la paroi aortique. " 

Ces résultats confirment que les neutrophiles, bien plus que les macrophages ou les lymphocytes précédemment suspectés, sont des acteurs clés du développement d'un anévrisme aortique. Ils ont le grand mérite de rendre à César ce qui est à César et d'ouvrir de nouvelles pistes, souligne le Dr Michel.

 

L'étude menée sur des souris neutropéniques s'est en outre intéressée aux enzymes leucocytaires possiblement impliquées dans le développement de l'anévrisme. 

L'expression de diverses métalloprotéases neutrophilaires a été mesurée dans la paroi aortique des deux groupes de souris (neutropéniques vs contrôles). Les résultats ne mettent pas en évidence de différence d'expression des métalloprotéases MMP-2 et MMP-9, en revanche, il existe une surexpression de MMP8, une collagénase neutrophile, chez les contrôles.

" La MMP-8 étant quasi spécifique des neutrophiles, ce résultat conforte leur rôle critique, explique le chercheur français, mais il ne s'agit pas pour autant d'une enzyme clé. 

Ce qui ne m'étonne pas car je crois que les deux enzymes clés de ce processus sont l'élastase leucocytaire et la plasmine. En effet, l'étude des anévrismes opérés chez l'homme montre qu'au niveau de l'anévrisme se développe une sorte de " rustine biologique ". 

Il s'agit d'un thrombus " actif " en renouvellement permanent grâce à une homéostasie dynamique entre la fibrinogénèse luminale et la fibrinolyse pariétale. Ce thrombus recèle en son sein de nombreux neutrophiles, comme nous l'avons précédemment montré [3, 4 ]. »

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Published by Chronimed - dans Infections froides
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