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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 10:16
« une étude vient de nouveau pointer du doigt un conflit d'intérêts entre médecins et industrie pharmaceutique », et « révèle les lacunes dans le circuit d'information sur les effets secondaires graves des médicaments ». « de mai 2009 à juin 2010, l'équipe de Barbara Mintzes, de l'université de Colombie Britannique de Vancouver, a mené une étude internationale auprès de généralistes pour voir si la manière dont est réglementée l'activité des visiteurs médicaux influence la qualité du message délivré par le praticien ». « quand des visiteurs médicaux viennent informer les médecins sur les médicaments, ils omettent 1 fois sur 3 de parler des effets indésirables, et plus de 9 fois sur 10 ne parlent pas des plus graves ». Le quotidien rappelle qu’« en France, une charte réglemente la visite médicale depuis 2005 ». Le Dr Geneviève Durrieu, pharmacologue à la faculté de médecine de Toulouse et responsable de la partie française de ce travail, remarque : « On s'attendait donc à ce que la qualité de l'information délivrée aux généralistes français soit, grâce à elle, meilleure qu'à Montréal, Sacramento et Vancouver ». « la France sort en tête devant le Canada et les Etats-Unis. Sur les 255 généralistes interrogés, ce sont les Français qui ont le plus souvent reçu une information minimale complète (indications, contre-indications, interactions, effets indésirables, etc). Mais à hauteur de... 3% seulement, contre 1,7% en moyenne sur les 4 sites ». « Les effets indésirables sont très souvent omis. Un peu moins en France qu'ailleurs (39% contre 59%), certes, mais les effets énoncés sont les plus bénins (diarrhée, nausée) » Le Dr Durrieu note ainsi que « les informations vraiment essentielles pour la sécurité des patients, à savoir les effets indésirables graves, sont abordées dans l'Hexagone aussi rarement que dans les autres pays (6%) ». « les visiteurs médicaux sont plus zélés en France (16% contre 13%) pour aborder des indications non approuvées par l'Agence du médicament ». Le Dr Durrieu remarque que « c'est un argument supplémentaire pour montrer qu'il ne faut pas laisser les firmes pharmaceutiques communiquer seules sur le médicament. Il faut développer, toujours et encore, une information indépendante et objective ». « la déontologie de la visite médicale est à revoir : la Charte n'a pas suffi comme garde-fou », puis observe que « l'étude révèle aussi des médecins manquant d'esprit critique. Malgré un manque criant d'informations, 54% des généralistes interrogés ont ainsi jugé «bonne ou excellente» l'information délivrée et 64% se sont dits prêts à prescrire le médicament ». ’« à l'époque de l'étude, l'affaire Mediator n'avait pas encore éclaté, ni la polémique sur les pilules de 3ème génération. La défiance vis-à-vis de l'industrie pharmaceutique était donc moins forte et la situation pourrait avoir changé ».

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Published by Chronimed
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