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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 15:59
En dépit des progrès médicaux, les infections sont responsables de 10 % à 20 % de la mortalité infantile et de 10 % à 25 % des mort-nés dans les pays développés. Le streptocoque B est l’agent le plus fréquemment identifié. Cependant, la contribution des infections virales a été moins bien étudiée. Des chercheurs britanniques ont évalué l’implication des virus à cet égard à partir des données du Registre de Mortalité Périnatale et de celui des maternités du Nord de l’Angleterre. Les causes des décès ont été attribuées aux virus en fonction des données cliniques, des PCR, des sérologies et de la confirmation histologique. En cas de tableau caractéristique, sans agent étiquetée, le décès a été qualifié de « lié à un virus inconnu ». Selon le moment de survenue du décès, les observations ont été classées en mort fœtale tardive (20-23 semaines), mort-né (≥24 SA), décès néonatal (<28 jours) ou post-natal (28 jours à 1 an). Au total, l’ensemble des décès a été rapporté au nombre de naissances enregistrées dans la région, enfants vivants et mort-nés > 24 SA. La période étudiée a été de 21 ans (1988-2008). Sur cette période, il y eut 704 436 naissances vivantes, 2 953 pertes fœtales tardives (1 856 spontanées, 1 097 par intervention médicale), 3 954 mort-nés, 2 796 morts néonatales et 1 570 post-natales. Au total, 989 causes ont été identifiées comme certainement infectieuses, dont 108 de nature virale à l’origine de 6,5 % des pertes fœtales tardives, 14,5 % des mort-nés, 6,5 % des morts néonatales et 19,4 % des post natales. Les pertes globales combinant pertes fœtales et infantiles d’origine infectieuse, pour 100 000 naissances enregistrées, étaient de 139,6 (intervalle de confiance à 95 % [IC] 130,9-148,3) et celles attribuées aux infections virales de 15,2 (IC 12,2-18,1). Une étiologie virale spécifique a été identifiée par le seul examen post-mortem pour 55 % des pertes fœtales et 56 % des infantiles. Plus du tiers (37 %) des décès par infections virales sont survenues avant la naissance. Parmi ceux-ci, les parvovirus étaient en cause dans 63 % des cas et les CMV dans 33 % des cas. Les parvovirus étaient responsables de 28/108 (26 %) de tous les décès d’origine virale, dont 25/28 avant la naissance. Les infections à CMV étaient pour 91 % congénitales (symptomatiques avant J21) et sur les 41 % des enfants nés vivants, 78 % avaient une infection congénitale. Le CMV était responsable d’un taux global de pertes de 3,1 pour 100 000 naissances vivantes (IC 1,8-4,4) et de 1,3/100 000 morts infantiles (IC 0,4-2,1). L’herpès virus a été l’agent de 10 décès après la naissance (1,4/100 000) et les virus respiratoires de 20 cas. Au cours des 21 ans d’observation, aucune modification dans le temps n’a été observée. En conclusion, les virus représentent une contribution significative aux pertes fœtales et infantiles. Pr Jean-Jacques Baudon 31/07/2013 Williams EJ et coll. : Viral infections: contributions to late fetal death, stillbirth, and infant death. J Pediatr 2013; 163: 424-8

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Published by Chronimed - dans Infections froides
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