Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 15:13

Les infections virales, en particulier à rhinovirus, ont été impliquées dans plus de 80 % des poussées d’asthme dans les années 90.

 

Cependant, la prévalence de ces infections varie beaucoup d’un endroit à l’autre.

Les virus de la grippe ont été rendus responsables de crises d’asthme mais une méta-analyse n’a pu montrer l’effet protecteur du vaccin.

D’autres virus comme le métapneumovirus ou la pollution ont été aussi incriminés.

 

Des auteurs de Hong Kong ont conduit une étude prospective chez des enfants asthmatiques en mettant en parallèle la répétition des crises d’asthme et les recherches virales.

 

Les sujets âgés de 6 à 14 ans, régulièrement suivis, avaient eu des crises l’année avant l’inclusion, pas d’hospitalisation et un traitement durant au moins les 3 mois précédents. Ils ont été suivis pendant un an.

 

Ils devaient consulter en cas de symptômes respiratoires selon un score prédéfini, si le débitmètre de pointe baissait au dessous de 80 % de leur ligne de base ou si les parents avaient la sensation qu’ils avaient une infection respiratoire.

 

Les crises d’asthme ont été détectées par l’examen d’un médecin de l’étude ou par l’utilisation d’un β2 agoniste au moins 2 fois, 2 jours de suite. Les virus ont été identifiés sur frottis nasal par immuno-fluorescence, culture ou PCR.


En tout, 114 enfants asthmatiques ont été recrutés, 305 épisodes de maladie respiratoire ont été détectés dont 92 étaient des crises d’asthme et 74 des épisodes d’affection respiratoire non asthmatique.

 

Des virus respiratoires de tous types ont été détectés 61 fois (36,7 %) sur 166 épisodes : rhinovirus surtout (41), influenza (7), coronavirus (6), para-influenza (2), VRS (1) et plusieurs virus (4) mais aucun métapneumovirus et bocavirus.

 

Il n’existait pas de différence significative dans le taux de détection des virus au cours des crises d’asthme : 32/97 (34,8 %) et des épisodes respiratoires non asthmatiques : 29/79 (39,2 %) ni dans la répartition des virus au cours de ces 2 types d’épisodes.


Ce taux de détection virale était nettement inférieur aux données antérieurement publiées, y compris par la même équipe, pour la mise en évidence des rhinovirus par PCR.

 

L’explication possible est le renforcement des précautions d’hygiène collectives et individuelles après l’épidémie de syndromes respiratoires aigus sévères (SRAS).

 

D’autres facteurs comme la pollution ont pu jouer un rôle dans le déclenchement des crises.


En conclusion, tous les épisodes d’infection virale ne conduisent pas à la crise d’asthme et les facteurs déclenchants peuvent varier d’un pays et d’une période à l’autre.

 

 

Pr Jean-Jacques Baudon Publié le 19/10/2011

 

Lee SL et coll. Is respiratory viral infection really an important trigger of asthma exacerbations in children? Eur J Pedatr 2011;170:1317-24

Partager cet article

Repost 0
Published by Chronimed
commenter cet article

commentaires