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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 19:59
Le fait est avéré dans l’agglomération marseillaise, et on peut sans doute l’extrapoler au plan national, les infections sexuellement transmissibles (IST) sont en forte recrudescence en fin d’année 2012. C’est le laboratoire de microbiologie des Hôpitaux Universitaires de Marseille qui donne l’alarme, fort de son système de surveillance en temps réel de ces infections : celui-ci est basé sur le nombre de diagnostics biologiques positifs sur une semaine donnée, comparé aux chiffres de la même période au cours des années antérieures. Or, en septembre 2012, le laboratoire a observé 7 cas de gonococcies contre une moyenne de 1,2 cas mensuels de janvier 2005 à août 2012. Cette forte augmentation a amené l’équipe a analyser les données d’autres IST. Il s’est avéré que l’incidence annuelle de la syphilis active a été 2,7 fois plus élevée en 2012 (164 cas) qu’en 2005-2011 (62 cas en moyenne). De même, le nombre de séroconversions VIH a été 1,8 fois plus élevé en 2012 (16 cas) que sur la période précédente (9 cas en moyenne). Et l’envolée des gonococcies s’est confirmée sur la période septembre-décembre 2012, avec une incidence égale à 10 fois celle des 7 années précédentes à la même époque. Pour les infections à Chlamydia, l’analyse est moins parlante car débutée seulement en 2011. Les 3 infections, gonococcie, syphilis et VIH, concernent majoritairement des hommes jeunes (moyennes d’âge respectives de 29, 46 et 39 ans) et parmi les hommes homosexuels, le taux de séroconversion VIH annuel a fait plus que doubler entre 2005-2010 (31 cas) et 2011-2012 (23 cas). Même si la gonococcie et la syphilis ne posent pas de véritable problème thérapeutique, elles constituent un marqueur de la recrudescence des infections transmises lors de rapports non protégés, particulièrement dans la population homosexuelle masculine. On peut souligner la très grande réactivité du laboratoire marseillais, qui peut fournir ces données en temps réel, et à l’inverse regretter qu’un tel système ne soit pas disponible pour traiter des données nationales. Dr Muriel Macé 21/02/2013 Colson P et coll. : Real-time laboratory surveillance of sexually-transmissible infections in Marseille University hospitals reveals rise of gonorrhoea, syphilis and human immunodeficiency virus seroconversions in 2012 . Euro Surveill., 2013; 18 :pii=20402.

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Published by Chronimed
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