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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 09:14
De plus en plus, les Français qui se méfient des médicaments se tournent vers les plantes pour se soigner. Cette nouvelle mode ne plait pas à l’Ordre des pharmaciens qui attaque systématiquement en justice les vendeurs de plantes médicinales. Michel Pierre attend le verdict de son procès qui l’oppose au Conseil de l’Ordre des pharmaciens. On lui reproche la vente de plantes réservées aux apothicaires. Car Michel Pierre est herboriste. Officiellement, cette profession n’existe plus depuis 1941, date à laquelle le régime de Vichy a décidé de céder le monopole de l’herboristerie aux pharmaciens d’officine. Seuls ceux qui étaient en exercice avaient le droit de poursuivre leur métier. Ce qui était le cas de l’ancienne patronne de Michel Pierre avec laquelle il a travaillé pendant de nombreuses années. A sa mort, ce préparateur en pharmacie de formation a décidé de reprendre le flambeau de l’antique herboristerie de Port-Royal à Paris. “Ce lieu a toujours été une herboristerie. L’autorisation d’exploitation date d’avant 1941. J’ai travaillé pendant 25 ans avec l’ancienne propriétaire. Depuis qu’elle est décédée, il y environ une quinzaine d’année, j’ai pris le droit de continuer à faire ce métier. Je vends des plantes depuis 42 ans, on peut dire que je suis herboriste” déclare Michel Pierre. En progression depuis 40 ans Et depuis quelques années, sa boutique ne désemplit pas. “Nous sommes en progression depuis 40 ans, mais de façon beaucoup plus importante depuis trois ou quatre ans. Il y a de plus en plus de jeunes, ce qui n’était pas le cas avant. Beaucoup de clients en ont assez des médicaments et de la pharmacie. Ils n’en peuvent plus des scandales sur scandales. Ces gens ont perdu confiance” analyse l’herboriste qui tempère cependant “il ne faut pas non plus tout jeter dans la pharmacie. En herboristerie, nous traitons surtout des choses simples, comme l’aide à la digestion par exemple.” La gueguerre existante entre pharmacie et herboristerie ne plait pas à Michel Pierre. Gage de sérieux, ce dernier à même embauché une jeune femme, docteur en pharmacie. Mais lorsqu’elle a voulu s’inscrire au Conseil de l’Ordre, elle a essuyé un refus. “Beaucoup de pharmaciens souhaiteraient ouvrir une herboristerie mais ne peuvent pas. Avec toutes les pressions et les déremboursements, le métier de pharmacien devient de plus en plus difficile. Acheter une officine coûte très cher”, constate l’herboriste qui se verrait bien “partenaire” avec les potards. “Nous exerçons chacun deux métiers à part entière, nous devrions travailler main dans la main” estime-t-il. Un avis partagé par Ferny Crouvisier, présidente de l’Association pour le renouveau de l’herboristerie. “Il faudrait développer un métier d’herboriste moderne, qui n’aille pas contre les pharmaciens. L’objectif est d’allier les acquis des anciens et les connaissances scientifiques modernes” propose cette experte des plantes. Tout comme Michel Pierre, elle souhaite que soit développée une formation reconnue en herboristerie. “Il serait intéressant que la fac reprennent les études d’herboristerie. Cela pourrait se traduire par un diplôme dans le cursus de pharmacie” imagine Michel Pierre. Aujourd’hui, les trois écoles qui proposent des formations sur l’étude des plantes ne sont pas reconnues. "Les laboratoires pharmaceutiques se cachent derrière les plaintes de l'Ordre"

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Published by Chronimed
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