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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 14:35
Si l’utilisation des pesticides a largement baissé ces dernières années, les taux d’imprégnation de la population restent élevés. Selon une étude de l’Institut de veille sanitaire (InVS), la population française serait l’une des plus exposée des pays industrialisés à plusieurs pesticides. Ces résultats, qui proviennent du volet environnemental de l’Etude nationale nutrition santé (Enns) renseignent, pour la première fois, sur les taux d’imprégnation de la population adulte en France à certaines substances chimiques : les pesticides organochlorés, organophosphorés et pyréthrinoïdes ainsi que les polychlorobiphényles non dioxin-like (PCB-NDL). Ces substances ont été dosées dans le sang ou les urines d’un échantillon de 400 adultes âgés de 18 à 74 ans, représentatif de la population. Il ressort de cette étude que les taux d’imprégnation sont élevés pour les pesticides organophosphorés et pyréthrinoïdes, dont l’utilisation a pourtant été largement restreinte. Ainsi, si leur concentration reste inférieure à celle de la population allemande, et similaire à celle de la population israélienne, elle est supérieure à celles des Américains ou des Canadiens. De même les concentrations en pyréthrinoïdes (famille d’insecticides la plus utilisée dans le traitement des cultures et dans les applications domestiques) sont plus élevées que celles observées en Allemagne, au Canada ou aux Etats-Unis. Concernant les pesticides organochlorés (tels que le DDT), qui sont presque tous interdits mais persistent dans les organismes humains, "les concentrations observées sont relativement basses, ce qui traduit l’effet positif d’une interdiction déjà ancienne pour la plupart des composés" notent les auteurs de l’étude. Des taux cinq fois plus élevés qu’aux USA Les résultats sont aussi inquiétants concernant les PCB-NDL, qui étaient utilisés autrefois pour leurs propriétés lubrifiantes et isolantes dans les transformateurs électriques mais aussi dans les encres et les peintures. Si leur concentration sanguine a été divisée par trois en 20 ans (entre 1986 et 2007), "l’héritage historique de la pollution par les PCB est encore présent" soulignent les experts : "environ 13 % des femmes en âge de procréer (18-45 ans) et moins de 1 % des adultes ont une concentration de PCB totaux supérieure aux seuils critiques définis par l’Anses (700 ng/g de lipides pour les femmes en âge de procréer et 1800 ng/g de lipides pour les autres adultes)." Les taux français sont généralement un peu supérieurs ou équivalents à ceux des autres populations européennes, mais cinq fois plus élevés qu’aux Etats-Unis. Les PCB s’accumule dans l’organisme via l’alimentation et notamment les produits animaux (pêche viande, produits laitiers). Une cause de maladies neurodégénératives ? Pour le Dr Joël Spiraux de vendômois (médecine généraliste et de l’envirronement, université de Caen, et président du Comitéde rechercheet d'information indépendantes sur le génie génétique/Criigen), interrogé par Medscape,"ces données sont partielles et encore insuffisantes." En particulier, cette étude ne prend en compte que les concentrations sanguines et urinaires des toxiques. "Or, la majeure partie de ces produits sont lipophiles donc se stockent dans les graisses" et en particulier dans les graisses du cerveau. "Il n’est peut-être pas étonnant que depuis 50 ans nous voyons une augmentation des maladies neurodégénératives...". En outre, certains produits, en particulier perturbateurs endocriniens, ne sont pas dose dépendants, de faibles doses suffisent pour être toxiques : "on ne peut donc pas se satisfaire d’avoir une diminution des doses" affirme cet expert.

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Published by Chronimed
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