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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 21:49
L’évolution de la maladie de Parkinson est liée le plus souvent à la progression des lésions neuropathologiques et du déficit dopaminergique. Toutefois, la plupart des cliniciens ont observé l’impact de pathologies systémiques aigües telles que des infections urinaire ou pulmonaire. Cependant l’impact des évènements infectieux sur l’évolution de la maladie n’a jamais fait l’objet d’études spécifiques. Une équipe japonaise a publié dans Plos One les résultats d’une étude cas-contrôle précisant les facteurs associés avec une détérioration motrice. Cent cinquante patients étaient éligibles. Cinquante-sept ont été exclus en raison de décès et de pathologies associées. Quatre-vingts patients avec une inflammation systémique ont finalement été inclus dans l’analyse. Les caractéristiques de 26 d’entre eux avec une aggravation motrice ont été comparées à celles des 54 autres. L’inflammation systémique était définie par une augmentation de la CRP et une hyperleucocytose ou une polynucléose. Les auteurs ont considéré comme aggravation motrice une augmentation du score de Hoehn et Yahr d’au moins un point. Chez quatre des patients avec aggravation motrice, le traitement dopaminergique a été augmenté. Une confusion a été observée chez 18,5% des patients contrôles et 80,8% des cas avec aggravation motrice. La pneumonie a été la principale cause d’infection systémique. L’aggravation motrice était toujours présente après 6 mois d’évolution chez 19 des 26 patients. L’analyse multifactorielle a montré que l’hyperthermie et la confusion étaient significativement associées au risque d’aggravation motrice (pour la confusion Odds Ratio ajusté 15,89 IC : 3,23-78,14 ; P=0,001, pour l’hyperthermie 2,78 95% IC : 1,13-6,83 ; p =0,026). Seulement 6,3% des patients avec une confusion étaient traités par anticholinergiques. Il existe des données expérimentales permettant d’incriminer l’inflammation systémique dans l’aggravation motrice observée chez ces patients. Dans des modèles animaux, l’activation cytokinique peut entrainer une dégénérescence des neurones dopaminergiques striataux. L’activation microgliale et cytokinique peut expliquer la confusion. Le stress oxydant peut aussi affecter la perte dopaminergique. Cette étude confirme l’impact des affections systémiques sur l’évolution motrice des patients parkinsoniens incitant à une prise en charge rapide et optimale des évènements infectieux.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
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