Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 17:20

Des cathéters imprégnés de minocycline et de rifampicine ont été proposés pour diminuer le taux des infections sur voies d’abord central. 

 

Des études in vitro et in vivo montrent l’efficacité de ces dispositifs pour réduire la fréquence des colonisations et des bactériémies, mais il persiste des inquiétudes quant au risque de faciliter l’émergence de résistance bactérienne.


Une équipe américaine rapporte son expérience de l’utilisation de cathéters centraux de ce type dans une unité de soins intensifs avec un recrutement préférentiel d’onco-hématologie.

 

L’étude est rétrospective et comprend 4 phases :

une phase 1 avec utilisation de cathéter standard  en 1998 ;

une phase 2 durant laquelle l’emploi de matériel imprégné avec antibiotiques a été adopté (1999-2000) sans autre intervention ;

une phase 3 de 2001 à 2002 durant laquelle le recours aux cathéters avec antibiotiques a cessé et des règles d’hygiène plus rigoureuses (lavage des mains, barrières stériles rigoureuses lors de l’insertion des voies d’abord, voie sous-clavière préférentielle. . .) ont été adoptées.

Enfin, au cours de la phase 4, de 2003 à 2006, des cathéters enduits d’antibiotiques ont été utilisés systématiquement en association aux précautions d’hygiène.

Au cours de la période d'étude, 9 200 cathéters revêtus de minocycline et de rifampicine ont été insérés et globalement,  une durée cumulative de cathéterisation de 511 520 jours cathéter a été analysée.

L'incidence d’infection de la voie veineuse centrale associée à une bactériémie a diminué au cours du temps, passant de 8,3 pour 1 000 patients-jours en 1998 à 1,2 en 2006 (p <0,001).

Les durées moyennes de cathétérisation n’ont pas varié significativement entre les 4 phases de l’étude.

L’analyse phase par phase montre que durant la phase 2, on observe une réduction de 50 % des infections sur cathéter, par rapport à la période contrôle.

En phase 3, on relève une augmentation du taux d’infection de 50 % (année 2001) à 88 % (année 2002).

Durant la quatrième phase (cathéters avec antibiotiques systématiques et mesures d’hygiène), le taux d’infections de voie centrale diminue à 1,21 pour 1000 patients-jours.


Durant la période 1998-2006, la résistance à la tétracycline des isolats de staphylocoques, qu’ils soient dorés ou à coagulase négative, a diminué considérablement au sein de l'unité de soins intensifs comme dans tout l’hôpital.

 

La tendance est la même en ce qui concerne la résistance à la rifampicine au sein des isolats de Staphylococcus aureus.

 

En revanche, si le pourcentage de résistance a la rifampicine des Staphylocoques à coagulase négative a baissé à l’échelle de l’hôpital, il est resté stable sur les germes isolés en réanimation (et de l’ordre de 27 %).


En conclusion, cette étude sur une longue durée et concernant des malades particulièrement « sensibles »  confirme que l'utilisation de  cathéters imprégnés avec de la minocycline et de la rifampicine permet de réduire l'incidence des infections liées à ces dispositifs.

Le risque d’apparition de résistance aux antibiotiques utilisés ne semble pas majeur mais ceci demande à être confirmé.



Docteur Béatrice Jourdain


Ramos E et coll. : Clinical effectiveness and risk of emerging resistance associated
with prolonged use of antibiotic-impregnated catheters: More than 0.5 million catheter days and 7 years of clinical experience.
Crit Care Med 2011; 39: 245-251

Partager cet article

Repost 0
Published by chronimed - dans Concept
commenter cet article

commentaires