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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 07:30
Bonnie Bassler nous accueille sur son lieu de travail. Elle raconte qu’il y a 50 ans, le scientifique Woody Hastings a remarqué dans l’océan, des bactéries qui brillaient et les a étudiées en laboratoire. Peu nombreuses, elles n’émettaient pas de lumière, mais, en grand nombre, elles éclairaient. C’est la bioluminescence, comme si les bactéries avaient dit : on parle ! Bonnie Bassier et son équipe ont donc exploité cette bioluminescence, ce qui leur a permis de décrypter la « conversation » chimique des bactéries. Ils ont donc démontré que ces bactéries sont efficaces car elles utilisent un langage chimique. Elles savent combien elles sont et qu’en étant assez nombreuses, en agissant ensemble, elles peuvent faire des merveilles. Nous voyons l’équipe analyser ces bactéries, étudier leur vocabulaire chimique, leur capacité à comprendre ce qu’elles doivent faire, quand elles doivent le faire et ce qu’elles font. Si on pouvait les empêcher de parler et d’entendre, cela permettrait d’envisager de nouveaux antibiotiques, de nouveaux pesticides et produits industriels. Pour Bonnie Bassier, c’est une découverte intéressante pour le bien de l’humanité, mais aussi pour la science pure, pour comprendre comment des organismes supérieurs et complexes évoluent. Les bactéries ont beaucoup de secrets à nous révéler. Zemer Gitai, Professeur Agrégé en Biologie Moléculaire, Université de Princeton, explique que grâce à sa personnalité de battante, Bonnie a réussi à changer la manière de penser de ses confrères. Bonnie Bassler explique que son laboratoire est reconnu, qu’on en parle dans les livres. Tout le monde s’attendent à ce son équipe franchisse une autre étape et obtienne des résultats. C’est son esprit de compétition qui l’anime. Anisa Ismail, Assistante de Recherches Post-Doctorales, Université de Princeton, est une jeune scientifique qui travaille dans l’équipe de Bonnie Bassler qu’elle admire beaucoup. Elle nous explique que le nom de Bonnie Bassler est tout le temps cité. On retrouve maintenant Bonnie Bassler en réunion avec son équipe. Il est intéressant de comparer le stéréotype du scientifique avec la réalité. Elle décrit les scientifiques comme jeunes. Ils travaillent dans des labos immenses. Ils discutent. Le travail en groupe est dynamique. Ils parlent fort. Ils partagent. Elle décrit la vie dans un laboratoire comme épuisante, parce que ce qui s’y passe est intense. C’est comme un jeu. Ils se battent contre la nature. Peu importe ce que font les autres laboratoires, s’ils sont financés ou non. L’essentiel c’est la course à laquelle on participe et que l’on s’amuse. C’est ce qu’en effet montre cette vidéo de Bonnie Bassier avec ces équipes au quotidien qui échangent, rient. Elle conclut en disant que cela n’a rien à voir avec ses rêves de petite fille mais que c’est bien mieux.

Lauréate du prix l’Oréal−UNESCO Pour les femmes et la science

La Pr Bonnie Bassler est lauréate pour l’Amérique du Nord. Chercheuse à l’Institut médical Howard Hughes et Professeur Squibb à l’Université Princeton (É.-U.), elle est récompensée pour avoir montré que les bactéries « se parlent » entre elles à l’aide de mots chimiques. Quelque 1 250 g de bactéries vivent dans l’intestin et sur la peau de chaque être humain.
Bien que les bactéries se composent d’une unique cellule, la Pr Bassler est convaincue qu’elles sont inefficaces individuellement et qu’il leur faut agir comme des « armées » coordonnées pour nous garder en bonne santé (digérer la nourriture, par exemple) ou nous rendre malades.
Pour agir de concert, les groupes de bactéries doivent communiquer entre elles. Ses ahurissantes découvertes pourraient un jour mener à la conception de nouveaux antibiotiques qui brouilleront les conversations bactériennes, ainsi qu’à de nombreuses autres applications, telles que les implants chirurgicaux résistants à l’infection.


Video :
http://www.loreal.fr/foundation/popinVideo.aspx?videoID=121#desc121

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Published by Chronimed - dans Infections froides
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