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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 18:18

La nouvelle est reprise par presque tous les media et de nombreux sites santé : trois touristes atteints de légionellose sont décédés en une semaine et au moins onze personnes sont atteintes par l’épidémie qui sévit dans un hôtel de la côte méditerranéenne espagnole.

 

Un communiqué laconique du gouvernement régional de Valence, publié la veille au soir, précisait les faits : « les analyses pratiquées sur les 3 personnes décédées, de nationalité britannique et âgées  de 73 à 78 ans, ont révélé une pneumonie causée par la légionellose ». On décide de fermer l’établissement, sans oser se prononcer sur d’éventuelles suites. Avec raison : le 9 février, les autorités sanitaires locales confirmaient que de nouveaux cas étaient apparus : 18 au total, dont 12 Anglais, 4 Espagnols et 2 Français, tous âgés entre 44 et 88 ans.

 

Au-delà de l’évènement, l’étonnement : comment, avec tout ce que l’on connaît de l’épidémiologie et de la transmissibilité des légionelles, de tels drames peuvent-ils encore se produire ? Un autre rapport, publié en janvier dans le journal Epidemiology and Infection, fait état d’une série d’infections survenues sur site unique, dans un condominium de Las Vegas.

Une première épidémie s’était déclarée en 2001, mais il aura fallu attendre 2008 et plusieurs dizaines de cas pour prendre conscience du problème et mettre en œuvre des mesures efficaces ; le pire (si l’on peut dire), c’est qu’une source unique d’eau potable rendait compte de tous les cas, qui étaient très classiquement liés aux temps passés sous la douche !

Encore plus surprenant, ces cas de contaminations de visiteurs et malades externes dans un hôpital du Sud-Est du Wisconsin. Après une enquête serrée et complète sur 8 patients au diagnostic certain, il est apparu  que tous avaient été en contact avec une fontaine décorative installée dans le hall de l’hôpital : bien que l’objet semblât avoir été très  régulièrement et correctement nettoyé, la mousse superficielle générée par la dépression des jets d’eau  hébergeait de forts taux de Legionella pneumophila de sérogroupe 1…

A-t-on vraiment pris la mesure du risque des légionelloses, et ne sous-estime-t-on pas (trop souvent) leurs capacités d’adaptation et d’infectiosité ?

Une troisième publication, allemande celle- là, distille le doute dans son titre même : « do we know the true dimension ? ». Une entrée en matière quelque peu provocatrice pour une étude de contamination des systèmes de distribution d’eau froide de structures de santé de Hesse, Allemagne.

Un travail qui montrait que le tiers des eaux distales étaient contaminées, et qui faisait apparaître que les eaux froides distales étaient plus fréquemment et plus massivement contaminées que les eaux chaudes (respectivement 40 % versus 23 %, p< 0.001 et ≥ 1 000 CFU, 16 % vs 6 %, p <0,001).

Avec en conclusion la recommandation pratique, évidemment, d’analyser toutes les sources d’eau, chaudes ou froides, des établissements de santé.

 

 

Dr Jack Breuil 3 Février 2012 

 

Haupt TE et coll. An outbreak of legionnaires disease associated with a decorative water wall fountain in a hospital. Infect Control Hosp Epidemiol., 2012 ; 33 : 185-91.
Arvand M et coll. : Contamination of the cold water distribution system of health care facilities by Legionella pneumophila : do we know the true dimension ? Euro Surveill. 2011 ; 16. pii: 19844.

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Published by Chronimed - dans Infections froides
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