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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 22:19
Dr Philippe Massol le vendredi 16 septembre 2011

Djulbegovic M, Beyth RJ, Neuberger MM, et al. Screening for prostate cancer: systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials. BMJ 2010; 341: c4543.

 ANAES. Recommandations pour la pratique clinique. Éléments d’information des hommes envisageant la réalisation d’un dépistage individuel du cancer de la prostate. Septembre 2004.

A l’occasion de la journée européenne de la prostate, le 15 septembre, le CNGE  (Collège national des généralistes enseignants)  souligne « qu’il n'existe aucun argument pour recommander un dépistage systématique du cancer de la prostate par le toucher rectal et/ou le dosage du PSA ».

Dans un communiqué, le CNGE  souligne que les résultats d’une méta-analyse récente (1) ont démontré que le dépistage de masse augmentait le nombre de cancers dépistés sans modifier ni la mortalité globale, ni la mortalité liée à ce cancer. Ces résultats confirment les recommandations actuelles qui préconisent de ne pas proposer le dépistage systématique (2).

Pour le CNGE, certaines questions restent en suspens comme l’impact du dépistage et des traitements sur la qualité de vie des patients. Et les résultats récents d’une étude suédoise sont en  faveur d’une absence de bénéfice du dépistage sur la mortalité à court et moyen terme (3). Cette étude initiée en 1987 concernait 9 000 hommes âgés de 50 à 69 ans. Un groupe a eu un dépistage systématique tous les 3 ans, l’autre groupe n’en a pas eu. Le recueil des données a été rigoureux et exhaustif conférant une grande fiabilité aux conclusions : il n’y a pas eu de différence de mortalité par cancer de la prostate entre les patients dépistés et les témoins.

Ainsi,  pour le CNGE,  « il n'existe aucun argument pour recommander un dépistage systématique du cancer de la prostate par le toucher rectal et/ou le dosage du PSA ». En dehors des situations particulières de patients à « haut risque » ou de demande individuelle de patients bien informés au préalable, le conseil scientifique du CNGE recommande aux médecins généralistes de ne pas pratiquer de dépistage systématique.

 Le cancer de la prostate concerne 300 000 hommes en France, avec environ 71 500 nouveaux cas chaque année (4). C’est le cancer le plus fréquent, dans notre pays : il touche un homme sur six entre 60 et 79 ans.  C’est la deuxième cause de mortalité par cancer chez l’homme (avec 10 000 décès par an en France), la première, après 50 ans, Selon les données publiées en 2011 par l’Institut de Veille Sanitaire, la mortalité liée à la maladie a baissé de 33 % entre 1990 et 2008, grâce aux progrès réalisés en termes de diagnostic, de spécification de la tumeur et de prise charge.

3. Glazener C, Boachie C, Buckley B, et al. Urinary incontinence after formal one-to-one pelvic-floor muscle training following radical prostatectomy or transurethral resection of the prostate (MAPS): two parallel randomized controlled trials. Lancet 2011;378:328-27.

4. Estimation 2010 publiée dans Les Traitements du cancer de la prostate, collection Guides patients Cancer info, INCa , novembre 2010.

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Published by Chronimed
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