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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 19:40

Immunité

Vitamine D : un rôle essentiel sur le fonctionnement de l’immunité

 

Le système immunitaire, un mécanisme complexe

 

Le système immunitaire a pour mission de défendre l’organisme contre toute agression étrangère. C’est un système complexe capable de tolérer les éléments étrangers qui lui sont utiles et de détruire ceux qui lui sont nuisibles. Il participe ainsi à la lutte anti-infectieuse et à l’adaptation de l’homme dans son environnement. L’immunité innée est la première “ligne” de défense anti-infectieuse, alors que l’immunité acquise (production d’anticorps par exemple) n’est effective qu’après un délai. Elle est par ailleurs impliquée dans certaines maladies auto-immunes.

 

La pénétration d’un agent étranger (infectieux) entraîne l’activation des macrophages qui commencent leur travail de phagocytose.

 

Simultanément, les macrophages activés avertissent les lymphocytes B et T de l’agression.

 

A leur tour, les lymphocytes (T4) :

  1. induisent la multiplication des lymphocytes B et stimulent leur production d’anticorps qui neutralisent l’agresseur (antigène),
  2. induisent la multiplication des lymphocytes T cytotoxiques (killers) qui détruisent l’agresseur et les cellules contaminées.

  

Les deux lignées de lymphocytes gardent en mémoire l’agresseur. Les macrophages poursuivent leur travail de phagocytose pour éliminer tous les déchets ainsi produits. Les cellules immunitaires activées produisent des médiateurs pro et anti-inflammatoires. 

 

Des défenses anti-infectieuses renforcées 

 

La relation entre un déficit en vitamine D et la susceptibilité aux infections est soupçonnée depuis plus d’un siècle, notamment devant les tableaux d’infections respiratoires présentées par les enfants atteints de rachitisme(1). Dès 1930 et avant l’avènement des premiers antituberculeux, les médecins prescrivaient de l’huile de foie de morue très riche en vitamine D aux patients atteints de tuberculose(2)

 

Un mécanisme d’action dévoilé 

 

En 1980, Rook et de Crowle ont montré que la vitamine D accroît l’activité des macrophages dirigée contre Mycobacterium tuberculosis, le bacille responsable de la tuberculose(3,4). Puis Liu et son équipe ont mis à jour le mécanisme clé expliquant cet effet(5). Les macrophages activés en présence de Mycobacterium tuberculosis produisent le matériel nécessaire (enzymes et récepteurs Vitamin D Receptor ou VDR) à la transformation de la 25(OH)D, en vitamine D active. A son tour, la 1,25(OH)2D, en se fixant sur les récepteurs VDR , induit la production de peptides anti-infectieux (cathelicidine par exemple), véritables antibiotiques naturels à large spectre d’activité (bactérie gram + et -, virus, champignons)(6). De plus, la vitamine D module la production de cytokines pro et anti-inflammatoires par les cellules immunitaires. 

 

Toutefois, l’ensemble de ces réactions en chaîne, bénéfiques à la lutte anti-infectieuse, ne peuvent se dérouler que si la concentration en 25(OH)D dans l’environnement des cellules immunitaires est suffisante. 

 

Les enseignements des études d’observation 

 

Des études épidémiologiques ont montré l’existence d’une relation forte entre les variations saisonnières du statut en vitamine D d’une population et l’incidence et la gravité des pathologies infectieuses, notamment respiratoires et grippales(7, 8, 9).

 

De plus, une étude prospective récente, menée chez des adultes en bonne santé, établit un lien entre le statut vitaminique D et la fréquence des infections virales respiratoires durant la saison hivernale(10). Dans ce travail mené durant l’automne-hiver 2009-2010, le fait d’avoir un taux de 25(OH)D égal ou supérieur à 38 ng/ml (95 nmol/l) était associé à un risque relatif de développer une infection respiratoire deux fois plus faible que si le taux est bas (p < 0,0001) et à une réduction du nombre de journées de maladie. Une carnation claire de la peau, un indice de masse corporelle peu élevé et une supplémentation en vitamine D étaient corrélés à des taux élevés de 25(OH)D.

 

De même, dans la grande enquête américaine, “Third National Health and Nutrition Examination Survey”, les apports de vitamine D étaient inversement corrélés à la fréquence des infections respiratoires hautes(11)

 

La vitamine D supérieure au placebo 

 

Les études d’intervention (vitamine D contre placebo) sont indispensables à la preuve d’un effet. Il en existe deux sortes, celles dont l’objectif n’était pas d’évaluer l’efficacité de la vitamine D sur la prévention des infections mais qui ont mis en évidence cet effet, et celles dont c’était l’objectif principal.

 

Ainsi, l’analyse post hoc d’une étude sur la prévention de l’ostéoporose chez des femmes noires américaines(12) a montré une réduction significative des infections respiratoires et des grippes chez les femmes recevant une supplémentation en vitamine D (2000 UI/j (50 μg/j) ou 800 UI/j (20μg/j)) comparé à celles recevant un placebo ; cette réduction était plus importante dans le groupe 2000 UI/j que dans celui à 800 UI/j.

 

Une autre étude, conduite chez des femmes âgées de plus de 65 ans ayant eu récemment une fracture de hanche, évaluait le risque de chutes avec différents protocoles thérapeutiques (physiothérapie standard ou renforcée, vitamine D 2000 UI/j ou 800 UI/j)(13).

 

Cette étude confirme le mauvais statut vitaminique de cette population : à l’inclusion, 50% des patients avait une concentration sérique  en 25(OH)D inférieure 12 ng/ ml et 97,7% inférieure à 30 ng/ml. Elle montre aussi que l’apport de 2000 UI/j de vitamine D réduit de 39% le nombre de réhospitalisations avec 60% de chutes moins graves et une réduction de 90% de l’incidence des infections.

 

Contrairement aux deux études précédentes, l’efficacité préventive sur les infections de la vitamine D était l’objectif principal d’un essai publié récemment(14). De jeunes écoliers japonais (non vaccinés contre la grippe) recevaient soit 1200 UI/j (30 μg/j) de vitamine D, soit un placebo durant les mois d’hiver. Au terme de l’étude, les auteurs ont observé une réduction de 42% de l’incidence de la grippe dans le groupe ayant bénéficié de la supplémentation (p < 0,04). Par ailleurs, le nombre de crises d’asthme chez les enfants connus comme étant asthmatiques avait diminué de 83% dans le groupe vitamine D (p = 0,006). 

 

Un espoir dans la prévention des maladies auto-immunes 

 

L’impact du statut en vitamine D sur la fréquence des maladies auto-immunes est suggéré par des données d’observation montrant un lien entre une plus grande fréquence de certaines maladies auto-immunes (diabète de type 1, sclérose en plaques (SEP), polyarthrite rhumatoïde) et le fait de vivre dans des pays éloignés de l’Equateur(15) ou de ne pas s’exposer au soleil(16) ou d’avoir des apports en vitamine D faibles(17)

 

Des résultats très convaincants chez l’animal 

 

L’encéphalomyélite allergique expérimentale de la souris (EAE) est un bon modèle de maladies auto-immunes chez l’Homme, en particulier la sclérose en plaques ou le diabète de type 1. Ainsi plusieurs travaux ont montré que la 1,25(OH)2D peut atténuer ou même prévenir l’apparition de la maladie chez des souris EAE(18, 19, 20). De même, l’exposition des souris EAE à des rayons UVB supprime l’expression de la maladie ; cela améliore la fonction des lymphocytes T et augmente la production de cytokines immunosuppressives et anti-inflammatoires(21).

 

Les études de population 

 

Ces données très encourageantes sont concordantes avec les résultats d’une vaste étude prospective, cas-témoin, portant sur une population de plus de 7 millions de militaires aux Etats-Unis(22). Les auteurs ont pu disposer des échantillons sériques de 25(OH)D prélevés régulièrement dans cette population entre 1992 et 2004. Chacun des 257 cas de SEP diagnostiqués durant cette période a été apparié à 2 témoins de mêmes âge, sexe et ethnie. Le statut en vitamine D (taux de 25(OH)D) était estimé sur au moins deux prélèvements recueillis avant la date de début de la maladie.

 

Considérant la population de type caucasien, les auteurs ont observé une réduction de 41% du risque de SEP pour chaque augmentation de 50 nmol/l du taux de 25(OH)D (p=0,04). Le risque était le plus élevé pour les quintiles les plus bas en 25(OH)D et le plus faible pour les quintiles les plus hauts (réduction de 62% p = 0,006). Cette relation inverse entre le taux de 25(OH)D et le risque de SEP était particulièrement forte concernant les prélèvements faits avant l’âge de 20 ans (réduction de 91% p = 0,03).

 

En revanche chez les sujets à peau noire ou les hispaniques, aucune relation n’a pu être montrée, les taux de 25(OH)D dans ces populations étant particulièrement bas. Selon d’autres travaux, la teneur sérique optimale de 25(OH)D semble se situer entre 90 et 100 nmol/l(23)

 

Références :

 

(1) Khajavi et al. The rachitic lung: pulmonary findings in 30 infants and children with malnutritional rickets. Clin Pediatr 1977 16: 36-38.

(2) Martineau AR et al. Vitamin D in the treatment of pulmonary tuberculosis. J Steroid Biochem Mol Biol 2007 103: 793-798.

(3) Rook GA, Steele J, Fraher L, Barker S, Karmali R, O'Riordan J, and Stanford J. Vitamin D3, gamma interferon, and control of proliferation of Mycobacterium tuberculosis by human monocytes. Immunology. 1986 January; 57(1): 159–163.

(4) Crowle AJ, Ross EJ, May MH. Inhibition by 1,25(OH)2-vitamin D3 of the multiplication of virulent tubercle bacilli in cultured human macrophages. Infect Immun. 1987 December; 55(12): 2945–2950.

(5) Liu PT et al. Toll-like receptor triggering of a vitamin D-mediated human antimicrobial response. Science 2006; 311:1770-3).

(6) Ramanathan B et al. Cathelicidins microbicidal activity, mechanism of action, and roles in innate immunity. Microbes Infect 2002; 4:361-372.

(7) Grant WB. Variations in vitamin D production could possibly explain the seasonality of childhood respiratory infections in Hawaii. Pediatr Infect Dis J 2008 27: 853).

(8) Ginde AA et al. Association between serum 25-hydroxyvitamin D level and upper respiratory tract infection in the third national health and nutrition examination survey. Arch Intern Med 2009; 169: 384-390.

(9) Cannell JJ et al. Epidemic influenza and vitamin D. Epidemiol Infect 134: 1129-1140.

(10) Sabetta JR. Serum 25-hydroxyvitamin D and the incidence of acute viral respiratory tract infections in healthy adults. PLoS one June 2010, Vol 5, Issue 6.

(11) Ginde AA et al. Association between serum 25-hydroxyvitamin D level and upper respiratory tract infection in the third national health and nutrition examinationsurvey. Arch Intern Med 2009; 169: 384-90.

(12) A loia JF, Li Ng et al. Epidemic influenza and vitamin D. Epidemiol Infect 2007;135:1095-98.

(13) Bischoff-Ferrri HA. Effect of high-dosage cholecalciferol and extended physiotherapy on complications after hip fracture. Arch Intern Med 2010 Vol 170 (N°9), may 10 2010.

(14) Mitsuyoshi Urashima et al. Randomized trial of vitamin D supplementation to prevent seasonal influenza A in schoolchildren. Am J Clin Nutr 2010; 91: 1255-60.

(15) Alonso A et al. Temporal trends in the incidence of multiple sclerosis: a systematic review. Neurology 2008; 71:129-35.

(16) Islam T et al. Childhood sun exposure influences risk of multiple sclerosis in monozygotic twins. Neurology 2007; 69:381-8.

(17) Hyppönen E et al. Intake of vitamin D and risk of type 1 diabetes: a birth cohort study. Lancet 2001; 358:1500-3.

(18) Cantorna M et al. 1,25-dihydroxyvitamin D3 reversibly blocks the progression of relapsing encephalomyelitis, a model of multiple sclerosis. Proc Natl Acad Sci USA 1996; 93 : 7861-7864.

(19) Giuletti A et al. Vitamin D deficiency in early life accelerates type 1 diabetes in non-obese diabetic mice. Diabetologia 2004; 47: 451-462.

(20) Spach KM et al. Vitamin D confers protection from autoimmune encephalomyelitis only in female mice. J Immunol 2005; 175: 4119-4126.

(21) Aubin F. Mechanisms involved in ultraviolet light-induced immunosuppression. Eur J Dermatol 2003; 13: 515-523.

(22) Munger KL et al. Serum 25-Hydroxyvitamin D levels and risk of multiple sclerosis. JAMA 2006; 296: 2832-8 / McAlindon TE et al. Ann Int Med 1996; 125:353-9.

(23) Bischoff-Ferrari HA et al. Am J Clin Nutr 2006; 84 : 18-28

Immunité

Vitamine D et pathologies infectieuses

http://www.jim.fr/var/fre/storage/images/thematiques-sante/immunite/impact-de-l-alimentation-sur-l-immunite/vitamine-d-et-pathologies-infectieuses/342103-1-fre-FR/Vitamine-D-et-pathologies-infectieuses_article_detail.jpg

La vitamine D active joue un rôle important dans la régulation des réponses immunes innées et adaptatives. Il n’est donc pas étonnant que le déficit en vitamine D soit épidémiologiquement associé à un sur-risque infectieux. Quelques essais d’intervention commencent à montrer un effet favorable de la supplémentation.

 
La susceptibilité, aux infections respiratoires hautes, à la tuberculose, à la grippe, à certaines formes d’aspergillose broncho-pulmonaire, à la bactériose vaginale chez la femme enceinte, est ainsi augmentée par une insuffisance en vitamine D. Un essai en double insu contre placebo réalisé au Japon a montré une diminution du nombre des épisodes grippaux chez des enfants supplémentés en vitamine D. La vitamine D active joue un rôle majeur dans la phagocytose et la bactéricidie du bacille tuberculeux et il est établi que le statut en vitamine D ainsi que le polymorphisme du récepteur de la vitamine D (VDR) modulent la susceptibilité à l’infection ainsi que la réponse au traitement. Dans un essai randomisé en double insu, une supplémentation en vitamine D à forte dose a accéléré la négativation de l’excrétion des BK sous traitement, chez les personnes porteuses d’un polymorphisme du gène du VDR associé à une meilleure phagocytose. 

 
Dans les maladies infectieuses chroniques, l’insuffisance en vitamine D pourrait également avoir un impact important. Une étude pilote a suggéré que le traitement de l’hépatite C voyait son efficacité fortement renforcée par une supplémentation en vitamine D. Dans l’infection par le VIH, le déficit profond en vitamine D a été épidémiologiquement associé à un sur-risque de survenue des événements classant SIDA et à un sur-risque de mortalité, toutes causes confondues, ce qui rejoint les constatations faites dans d’autres populations fragilisées (sujets âgés, diabétiques, insuffisants rénaux, transplantés, à haut risque cardiovasculaire, porteurs d’un cancer ou d’une hémopathie,…).

 

Il apparaît donc de plus en plus clairement que le déficit en vitamine D influence donc la susceptibilité et/ou l’évolution de diverses pathologies infectieuses aiguës et chroniques.

Immunité

Oméga 3 et polyarthrite rhumatoïde

http://www.jim.fr/var/fre/storage/images/thematiques-sante/immunite/prise-en-charge-nutritionnelle/omega-3-et-polyarthrite-rhumatoide/342140-2-fre-FR/Omega-3-et-polyarthrite-rhumatoide_article_detail.jpg

Qu'est-ce que la polyarthrite rhumatoïde ? 

 

La polyarthrite rhumatoïde (PR) est une maladie auto-immune évolutive qui se manifeste par des rhumatismes inflammatoires chroniques, d'origine inconnue qui affecte généralement les articulations des membres, et entraîne des douleurs et parfois même des déformations. L'organisme du malade atteint de PR développe des auto-anticorps, entraînant la formation de complexes immuns qui se déposent dans les synoviales des articulations, et y attirent les cellules sanguines qui attaquent le collagène et le cartilage. Le processus inflammatoire est déclenché par l'intermédiaire des eicosanoïdes, qui activent les polynucléaires neutrophiles, et par les cytokines, qui stimulent la migration des leucocytes vers le site inflammatoire. La PR peut évoluer en une forme sévère et devenir une maladie systémique.

 

Quels sont les traitements actuels ? 

 

Les traitements médicamenteux administrés, qui agissent en inhibant la production de certains eiconanoïdes et cytokines, sont plutôt « agressifs ». Parmi les traitements de fond classiques, certains sont encore largement prescrits. Le méthotrexate fait en effet l'objet de prescription depuis des années. Certaines molécules aussi efficaces ont par ailleurs été découvertes récemment : le léflunomide possède la capacité de bloquer les lymphocytes T, dont le rôle dans la physiopathogénèse de la PR n'est plus à montrer. D'autres traitements, comme les anti-TNF, se révèlent également très efficaces, mais l'on ne sait pas encore, faute de recul, s'il existe des effets indésirables graves à long terme (infections, tumeurs). De plus, ces traitements restent extrêmement coûteux.

 

Un intérêt physiopathologique des Acides Gras oméga 3 

 

Par ailleurs, des études ont montré que certains oméga 3 pouvaient diminuer, par compétition enzymatique, la production d'eiconasoïdes(1). Observant ainsi une action des oméga 3 sur la modulation de la réponse inflammatoire, les chercheurs se sont interrogés sur les possibilités d'une supplémentation en oméga 3.

 

Ce que disent les études menées 

 

Des études ont montré que la composition en acides gras des cellules immunitaires et inflammatoires était corrélée à la composition lipidique de l'alimentation, et ce, particulièrement dans le cas des acides gras poly-insaturés(2). Une alimentation riche en oméga 3 à longue chaîne, que l'on retrouve dans les huiles de poisson, conduit à un remplacement partiel de l'acide arachidonique (AA) des membranes cellulaires par de l'acide eicosapentaenoïque (EPA)(3). Or l'EPA est un substrat des enzymes intervenant dans la production de certains médiateurs inflammatoires. Il entre donc en compétition avec les substrats impliqués dans le processus de l'inflammation, ce qui entraîne une diminution des symptômes caractéristiques de la maladie (rougeur, douleur, tuméfaction)(4). L'acide arachidonique est le précurseur de prostaglandines, de leucotriènes et d'autres composés intervenant dans le processus inflammatoire(5). Alors que les AG n-6 ont globalement un effet pro-thrombotique et pro-inflammatoire, les oméga 3 seraient plutôt anti-thrombotiques et anti-inflammatoires(6)

 

Une étude en double insu et contrôlée de Volker et al, (2000)(7), a été réalisée sur 50 patients atteints de PR. Elle a montré, après un suivi de quinze semaines, une amélioration chez le groupe test de six des neufs paramètres de mesure, incluant douleur, nombre d'articulations raides etc. Ce groupe test avait reçu une supplémentation de 40 mg d'huile de poisson (d'une teneur de 60 % d'oméga 3) par kg de poids corporel et par jour. 

 

Cette amélioration semble coïncider avec l'incorporation cellulaire d'EPA dans les lipides des globules rouges et du plasma.

 

Les oméga 3 contribueraient donc à bloquer l'expression génétique de certains médiateurs impliqués dans la destruction des articulations dans l'arthrite, et permettraient donc de réduire certains paramètres physiologiques qui sont des facteurs de risque pour l'arthrite(8).

 

Ces oméga 3 seraient-ils efficaces dans la prévention de la PR aux mêmes doses que celles préconisées dans le cadre de la prévention cardiovasculaire ? 

 

Les doses conseillées dans le cadre de la prévention cardiovasculaire sont généralement de 1 g/j d'acide eicosapentanoïque (EPA) et d'acide docosahexaenoïque (DHA). Celles requises pour les taux de triglycérides sanguins sont plus élevées (de 2 à 4 g/j). Les études montrent que, pour améliorer les raideurs matinales et diminuer le nombre d'articulations douloureuses, il est nécessaire de consommer au moins 3 g/j d'huile de poisson(6). Les doses nécessaires pour soulager l'arthrite rhumatoïde sont donc plus élevées que celles conseillées pour diminuer le risque cardiovasculaire. Bien qu'aucune limite de sécurité n'ait pu être déterminée avec certitude par l'AFSSA, une limite maximale admissible pour le sujet bien-portant a tout de même été fixée à 2 g/j d'oméga 3 à longues chaînes (EPA DHA)(9). Par ailleurs, des apports très élevés en oméga 3 peuvent entraîner une diminution de la pression artérielle, voire même des saignements chez le patient supplémenté, en raison de leur action anti-coagulante(10). Il est donc important de faire surveiller une telle supplémentation par un médecin.

 

Références :

(1) Betiati Dda S, de Oliveira PF, Camargo Cde Q, Nunes EA, Trindade EB : Effects of omega-3 fatty acids on regulatory T cells in hematologic neoplasms. Rev Bras Hematol Hemoter. 2013;35(2):119-25

(2) Calder PC. Polyunsaturated fatty acids, inflammation, and immunity. Lipids 2001 ; 36(9) :1007-24.

(3) Calder PC. Long-chain fatty acids and inflammation. Proc Nutr Soc. 2012 May;71(2):284-9.

(4) Simopoulos AP. Omega-3 fatty acids in inflammation and autoimmune diseases. J Am Coll Nutr. 2002 Dec;21(6):495-505.

(5) Calder PC. N-3 polyunsaturated fatty acids and inflammation : from molecular biology to the clinic. Lipids 2003 ; 38(4) : 343-52.

(6) Covington MB. Omega-3 fatty acids. Am Fam Physician 2004 ; 70(1) : 133-40.

(7) Volker D, Fitzgerald P, Major G, Garg M. Efficacity of fish oil concentrate in the treatment of rhumatoïd arthrisis. J Rheumatol 2000 ; 27(10) : 2343-6.

(8) Curtis CL, Hugues CE, Flannery CR, Little CB, Harwood JL, Caterson B. N-3 fatty acids specifically modulate catabolic factors involved in articular cartilage degradation. J Biol Chem 2000 ; 275(2) : 721-4.
(9) Groupe de travail sur les oméga 3. Acides gras de la famille Omega 3 et système cardiovasculaire : intérêt nutritionnel et allégations. Afssa ; 2003.

(10) Vanschoonbeek K, Feijge MA, Paquay M, Rosing J, Saris W, Kluft C. Variable hypocoagulant effect of fish oil intake in humans : modulation of fibrinogen level and thrombin génération. Arterioscler Thromb Vasc Biol 2004 ;24(9) : 1734-40

 

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Nutrition
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