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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 08:02
Dans un livre qui paraît aujourd’hui, le professeur Even estime qu’on exagère le rôle du cholestérol sur la santé. Un argument battu en brèche par les cardiologues. Les cinq millions de Français qui ont du cholestérol sont-ils traités pour rien par leur médecin? Cet excès de graisse dans le sang entraîne-t-il des pathologies dont les conséquences sont artificiellement exagérées, dans le but de vendre des quantités très importantes de médicaments de la classe des statines, notamment le Tahor et le Crestor? C’est la thèse, un peu provocatrice, du professeur Philippe Even, qui sort aujourd’hui un livre iconoclaste*. Cela fait suite à la parution, l’an dernier, de son « Guide des 4000 médicaments, utiles, inutiles ou dangereux », avec le professeur Bernard Debré, qui affirmait que, peu ou prou, un médicament sur deux était inutile. Ce fut à la fois un grand succès de librairie et l’objet de nombreuses controverses avec leurs pairs. Il risque d’en être de même avec son nouveau brûlot sur le cholestérol. « Rien à craindre en dessous de 3 g » Le professeur Even n’y va pas avec le dos de la cuiller. Pour lui, « le cholestérol est un business permettant à l’industrie pharmaceutique d’encaisser sans raison 2 Mds€ par an, en vendant abondamment des médicaments de la classe des statines ». Selon lui, le cholestérol est diabolisé à dessein par les médecins qui y voient la source de nombreuses maladies cardiovasculaires. « Il n’y a pas de mauvais cholestérol. On exagère son impact. Il n’est pas la cause des infarctus du myocarde et des accidents vasculaires cérébraux. » Toutefois, le professeur Even admet qu’en excès, il pose problème : « Au-dessus de 3 g, et seulement dans ce cas, on peut prescrire un médicament de la classe des statines. Mais pas en dessous, cela n’a pas de sens. » Or actuellement, les médecins prescrivent en général un traitement dès que le seuil dépasse 1,5 g. Il affirme, à l’appui de sa démonstration, avoir « lu les 500 essais cliniques sur les statines publiés depuis 1994, qui sont très peu concluants ». Il dénonce « la force de l’habitude, qui conduit les médecins à trop prescrire ». « Un discours dangereux » Le professeur Albert Hagège, président de la Société française de cardiologie (SFC), est très critique. « Comme souvent avec le professeur Even, il y a un galimatias de vérités, de choses mal interprétées ou carrément fausses », assène-t-il. D’après le professeur Hagège, « des centaines d’études ont montré que le cholestérol en excès était mauvais et entraînait des maladies cardiovasculaires ». Il rejoint le professeur Even en admettant que les statines sont parfois trop prescrites, mais il prend tout de même la défense de cette classe thérapeutique. « Quand on traite pendant cinq ans quinze patients à haut risque cardio-vasculaire avec ces molécules, on en sauve un sur quinze. C’est déjà pas mal comme taux de prévention. Et en tout cas plus efficace que la plupart des médicaments », ajoute le président de la SFC. Surtout, ce dernier estime que « pour les patients, ce discours peut être dangereux, dans la mesure où cela peut les inciter à arrêter leur traitement ». *« La Vérité sur le cholestérol », professeur Philippe Even (Editions le Cherche-Midi, 17,50 €). Le Parisien

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