Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 19:38

Chaque année depuis 1995 il faut recommencer : encore et toujours, renouveler les recommandations de vaccination contre l’hépatite B.

Avec un succès des plus mitigés : en 2006, par exemple, la couverture vaccinale des enfants de 2 à 4 ans en Provence Cote d’Azur n’atteignait pas 25 % (la couverture nationale étant estimée en 2004 entre 30 et 40 %).

Le but de l’OMS, une vaccination généralisée des enfants et des groupes à risques, n’est pas en vue.

Pourquoi de si mauvais chiffres ?

Pivot du système, le médecin de famille est évidemment le mieux placé pour conseiller, rassurer… ou non.

Que fait-il ?

Est il encore réticent, associe t-il encore le vaccin au développement de pathologies démyélinisantes, a-t-il d’autres motifs ?

Une étude, réalisée par des praticiens de la faculté de médecine de Nancy, se proposait récemment de répondre à cette question dans Médecine et Maladies Infectieuses, journal de référence français de la spécialité. 

Enquête, donc, auprès de 2 175 généralistes libéraux de France métropolitaine, fondée sur un questionnaire interactif adressé par courriel, et visant à caractériser leur perception du vaccin, les comportements et difficultés pratiques rencontrées face à la vaccination.

On remarquera d’abord que 89 % (seulement ?) des praticiens –l’échantillon final, représentatif, ne comportant que 341 médecins- avaient personnellement reçu les 3 injections, et 6,5 % aucune ; et que tous les enfants des 2/3 étaient correctement immunisés.

Les obstacles à la vaccination étaient multiples, parfois encore liés au contexte anxiogène particulier de ce vaccin (4,5 % des participants craignant particulièrement l’éventualité de poursuites) ;

pour le quart des médecins, point n’était besoin de vacciner tout le monde.

Certains (4 %) évoquaient encore un manque d’ « évidence » scientifique.

Les réticences parentales, pour les enfants, étaient une gêne majeure pour 73 % des praticiens ; le taux grimpait à 78 % pour les adolescents, 7 % des médecins "oubliant de proposer" le vaccin ; enfin, pour les adultes, 57 % des médecins mentionnaient leur défiance comme un frein important et 7 % avouaient leur propre peur d’éventuels effets secondaires. Comme on s’y attendait un peu, la pratique de l’homéopathie était associée à une moindre recommandation vaccinale (les homéopathes affirmant en moyenne avoir observé 5 fois plus souvent d’effets secondaires que les autres), et un âge inférieur à 50 ans et une importante clientèle pédiatrique à une plus forte.

On notera enfin que la peur des effets secondaires chez les patients présentant une maladie démyélinisante était quasi universelle, touchant même les plus ardents partisans du vaccin ; et que globalement plus un médecin est jeune, plus il est convaincu… 

Les données présentées ici ne sont que partielles, et l’article contient de nombreux développements.

Au final, les auteurs concluent que la situation semble évoluer dans le bon sens, même si tous les problèmes sont loin d’être définitivement réglés.

Pour que la couverture vaccinale ne soit plus l’une des plus basses des pays recommandant le vaccin, il leur semble qu’une nouvelle campagne incitative serait la bienvenue, sur le modèle "les antibiotiques, c’est pas automatique".

Les adolescents devraient en être une cible majeure, la transmission sexuelle étant la plus fréquente en France.

Enfin, et cela ne plaira sans doute pas à tout le monde, il serait peut-être utile d’évaluer les connaissances des médecins en matière d’hépatite B… 

 

Dr Jack Breuil

 

François M et coll. : Hepatitis B vaccination by French family physicians. Med Mal Infect., 201; 41: 518-25.

Partager cet article

Repost 0
Published by Chronimed - dans Concept
commenter cet article

commentaires

Swiss life assurance 02/01/2012 07:57

merci pour ces enquetes, ça peut donner conseil à chacun.