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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 09:10

La nutrithérapie, médecine naturelle oubliée

 

La philosophie de la nutrithérapie se résume en une phrase :

 

« Que ta nourriture soit ton médicament et ton médicament ta nourriture ! »

 

Cette maxime que beaucoup connaissent est d’Hippocrate de Cos, dit Hippocrate le Grand (@ 460 - @ 370 avant J. C.), à qui les médecins doivent le serment qu’ils prononcent lors de la remise de leur diplôme. Avant toute autre chose, examinons les deux propositions de cette recommandation l’une après l’autre.

 

« Que ta nourriture soit ton médicament…   L’idée que la qualité de l’alimentation intervienne grandement dans la gestion de la santé n’est donc pas récente. Cependant, aussi pionnière qu’elle fut à cette époque, elle était en fait déjà reconnue depuis longtemps en Chine comme une vérité incontournable puisque les premiers traités de médecine qui y font référence datent d’environ 2.000 ans avant J.C.

Bien plus près de nous, le gastronome Anthelme Brillat-Savarin (1755-1826), écrivit dans son ouvrage « Physiologie du goût », édité un an avant sa mort : « Dis-moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu es ! » et « La destinée des nations dépend de la manière dont elles se nourrissent. »

Autrement dit, prendre soin de son alimentation est la meilleure prévention de la maladie et la première prescription que tout médecin se devrait de recommander chaque fois qu’il est appelé à prodiguer des soins.

 

…et ton médicament ta nourriture ! » Curieusement, cette seconde partie est souvent oubliée bien qu’elle est aussi essentielle que la première car elle fait référence au principe directeur de tout traitement[1] : « Primum non nocere », « Avant tout, ne pas nuire. Ainsi, une substance ne peut être véritablement considérée comme médicamenteuse que si elle remplit les deux conditions suivantes : 1 Ramener le patient à l’état de santé ou au moins le soulager, 2 Être toléré par notre organisme aussi bien que n’importe quel aliment usuel. 

 

La nutrithérapie, réémergence d’une tradition de sagesse millénaire

 

Si l’on ne tient pas compte de ces brillants prédécesseurs, la nutrithérapie est née il y a environ 40 ans aux Etats-Unis d’Amérique[2]. Elle portait alors d’autres noms dont celui de médecine orthomoléculaire, c’est-à-dire l’art de soigner exclusivement avec des molécules ‘‘droites’’, c’est-à-dire adéquates, celles que l’organisme reconnaît. En d’autres termes, la nutrithérapie s’évertue à n’utiliser que les nutriments dont nous avons besoin quotidiennement, aussi bien les macronutriments (glucides, lipides, protides) que les micronutriments (vitamines, minéraux et autres éléments essentiels comme certains acides gras, certains acides aminés et nombre d’antioxydants).

 

Façon imagée de représenter les différences entre macro et micro nutriments

 

Tous participent aux multiples fonctions de l’organisme et sont indispensables autant les uns que les autres, mais pour simplifier, on peut dire que les macro et micro nutriments sont respectivement au corps humain ce que le hardware (tout ce qui est matériel) et le software (les logiciels) sont l’ordinateur.

 

De cette orientation découle le corollaire suivant : le recours en dernière intention aux médicaments de synthèse, c’est-à-dire à la majorité des produits dont le médecin dispose aujourd’hui. En effet, du fait d’une structure différente des molécules naturelles, différence sans laquelle l’obtention d’un brevet n’est pas possible, ces derniers se comportent vis-à-vis de notre physiologie comme des pièces de Lego déformées par la chaleur : certes, elles parviennent à s’emboiter là où elles sont attendues, mais elles ne le font qu’imparfaitement de sorte que tout l’édifice s’en retrouve plus ou moins perturbé.

Ainsi, durant ses premières années, la nutrithérapie s’est-elle attachée à rééquilibrer l’alimentation et quand cela ne suffisait pas à la supplémenter par des compléments alimentaires.

Dès cette époque-là, trois niveaux d’intervention ont été définis (par ordre de gravité croissante) :

1.    Complémentation de l’alimentation car aujourd’hui en Occident, et ce pour de multiples raisons, ce que nous mangeons quotidiennement ne suffit pas à satisfaire les apports quotidiens recommandés. C’est donc une complémentation d’entretien.

2.    Supplémentation à des doses plus élevées lorsqu’existe un terrain susceptible de faire le lit de la maladie : surpoids bien toléré, maigreur par exemple. Cette supplémentation est donc préventive.

3.    Supplémentation à des doses encore plus élevées lorsque la maladie est là. Donc thérapeutique à l’égal des traitements allopathiques.

 

Inadéquation des recommandations officielles et de la législation

 

La législation des pays occidentaux impose aux fabricants de compléments alimentaires un cadre strict basé sur le respect des AJR[3] (apports quotidiens recommandés), notamment dans le souci d’éviter tout accident de surdosage.

Cependant, cette mesure de précaution a des effets particulièrement pervers :

1.    Ces recommandations datent et sont loin de celles aujourd’hui admises par les spécialistes des différents micronutriments. Ainsi, les posologies de vitamines C et D devraient être révisées à la hausse, la première par un facteur au moins égal à 2, la seconde par un facteur qui selon experts pourrait être de 20 !

2.    Ces recommandations correspondent uniquement à un usage de complémentation de l’alimentation quotidienne, que l’on sait aujourd’hui incapable de satisfaire nombre de ces AJR. Aussi, dès lors qu’un médecin doit traiter un terrain défaillant ou une maladie, il est obligé de dépasser les AJR, au risque de s’attirer les foudres de la justice si une quelconque plainte est portée contre lui.

 

La nutrithérapie, médecine nutritionnelle et environnementale

 

L’influence du contexte de vie est rapidement apparue comme déterminante dans la genèse des désordres de notre alchimie intérieure. Aujourd’hui, quel que soit notre mode de vie, nous sommes tous plus ou moins soumis à certaines formes de pollution :

1.    Les polluants de l’alimentation : non seulement les traces de métaux toxiques, de substances chimiques multiples (pesticides, phtalates, bisphénol A, etc.), mais aussi de molécules alimentaires perverties par les modes de préparation qu’utilise régulièrement l’industrie agro-alimentaire telle que l’upérisation (au premier rang desquelles, les acides gras trans, toxiques pour le cerveau, notamment celui des nouveau-nés).

2.    Les polluants de l’eau de boisson : combien de produits toxiques sont-ils trouvés sous forme de traces dans l’eau du robinet dont nul aujourd’hui ne peut prédire l’effet sur la santé à long terme ? Et parmi eux, combien de résidus médicamenteux ?

3.    Les polluants des lieux de vie : à la maison et à l’école (les produits volatils des matériaux de construction moderne), pendant les transports (les nanoparticules rejetées dans l’air par les véhicules circulants et les installations de chauffage en activité), au travail (non seulement dans l’industrie, dans l’artisanat, mais aussi au bureau), etc.

4.    Les polluants liés à certaines habitudes de vie (porter un vêtement immédiatement après l’avoir retiré de chez le teinturier, changer de voiture tous les six mois).

5.    Les médicaments dont un grand nombre carence l’organisme en tel ou tel micronutriment : certains antiépileptiques (en premier le Di-Hydan et à moindre degré, le Gardénal) font consommer de la vitamine B9, ce qui accroît le risque de crise comitiale[4] ! La pilule contraceptive accélère le métabolisme du tryptophane, ce qui provoque au niveau nutritionnel une carence en vitamine B6 puis en magnésium et au niveau clinique une irritabilité voire une dépression anxieuse par manque de sérotonine[5].

6.    Enfin, le stress de la vie moderne par les cadences et autres contraintes qu’il impose à chacun. Là aussi, magnésium et vitamine B6 sont parmi les premiers éléments à être déficitaires.

 

Toutes ces pollutions font consommer une grande quantité de micronutriments à l’organisme. En l’absence de toute régulation et de toute correction des déficits, notre organisme est amené à s’épuiser et à vieillir prématurément… Comme une automobile dont le propriétaire oublierait de vérifier les niveaux.

De ce constat, se déduisent des attitudes thérapeutiques autres que strictement alimentaires. Entre autres :

1.    La recherche d’une alimentation la moins toxique et la plus dense en micronutriments qui soit : denrées issues de l’agriculture biologique, provenant d’un environnement proche, cultivées ou élevées en pleins champs, et produites dans le respect des saisons.

2.    L’adoption d’une cuisson dont la température n’excède pas les 100°C en utilisant un autocuiseur ou en pratiquant le principe du court bouillon éteint.

3.    La recherche d’un lieu d’habitation éloigné de toute grande source de pollution.

4.    L’abandon de certaines habitudes toxiques comme celles citées plus haut… ainsi que des intoxications volontaires (tabac, alcool, anxiolytiques).

5.    L’apprentissage d’une technique de gestion du stress.

6.    Le recours à un soutien psychologique de courte ou moyenne durée.

 

La nutrithérapie n’est donc pas comme l’affirme le titre d’un ouvrage canadien[6], « la médecine des suppléments alimentaires ». Elle ne se limite pas au champ de la nutrition et de la diététique, elle fait appel à d’autres professions de santé avec lesquelles elle cherche à travailler en réseau.

 

 

Des bilans de santé quelque peu innovants

 

La détermination de ces recommandations fait suite à un bilan initial assez différent de celui pratiqué en médecine générale. En plus de l’interrogatoire particulièrement long - parfois près de deux heures sont nécessaires ! - le nutrithérapeute recourt à certains examens complémentaires peu connus de ses confrères et souvent non remboursés. Voici quelques uns de ces dosages :

o   L’ETPG (éléments traces plasmatiques et globulaires) qui permet de détecter les déficits et carences en oligo-éléments.

o   Le profil des vitamines B utile face à toute fatigue chronique et à toute dépression qui dure malgré une bonne prise en charge.

o   Le profil des acides gras membranaires et des acides gras phospholipides plasmatiques afin de mieux cerner le risque cardiovasculaire.

o   Le MDA (malone dialdéhyde plasmatique), marqueur de la dégradation des lipides.

o   Le 8OHDG (8-hydroxy-2’-déoxyguanosine) urinaire, marqueur de la dégradation de l’ADN par les radicaux libres et utile en cancérologie pour estimer le risque soit en prévention primaire (chez une personne saine dont plusieurs proches ont été ou sont atteints d’une forme de cancer) soit en prévention secondaire (afin d’éviter une rechute). 

 

Du régime crétois au régime d’Okinawa

 

Dans le même temps, des recherches s’intéressaient aux secrets de certaines populations réputées pour leur longévité en bonne forme.

En Occident, l’intérêt s’est d’abord focalisé sur le régime crétois car il était relié à une espérance de vie parmi les plus longues et exposait à une morbidité et à un risque de handicap nettement moindres dans les dernières années de vie[7].

Puis, l’intérêt s’est concentré sur le ‘‘french paradox’’ : c’est ainsi que le Dr Serge Renaud, ancien chef de service de cardiologie à Lyon, a choisi de qualifier l’état de santé cardiovasculaire surprenant des français par rapport aux autres pays européens et nord-américains. De ses conclusions et de celles de ces collègues, les Dr Michel de Lorgeril et Patricia Salen, a été élaboré le régime méditerranéen qui aujourd’hui fait référence[8] pour l’ensemble des nutrithérapeutes et les naturopathes.

Puis parut le livre du Dr Jean-Paul Curtay (2006) : « Okinawa - Un programme global pour mieux vivre », qui à côté des conseils nutritionnels, fait une grande part à une hygiène de vie : lien à la respiration, sacralisation des repas, méditation, pratique quotidienne d’un certain nombre d’exercices physiques, culture des liens affectifs et sociaux.

En quelques centaines de pages, l’homme occidental a l’occasion de reprendre contact avec ses différentes dimensions que sont ses corps physique, émotionnel, intellectuel et spirituel. 

 

Vers une définition plus large et plus satisfaisante de la notion d’aliment

 

La vision occidentale de l’alimentation se limite à ce que nous mangeons et buvons. Pourtant, chaque jour, nous absorbons bien plus que cela !

 

A chaque inspiration, nous extrayons de l’air des éléments bénéfiques. De l’oxygène, mais pas seulement : nous ingérons également un peu de prána, c’est-à-dire de l’énergie de vie. Pour prendre conscience de cette réalité, il suffit de faire quelques exercices respiratoires sous la guidance d’un professeur de yoga, les effets à la fois apaisants et tonifiants sont quasi immédiats.

 

Lorsque nous lisons, lorsque nous regardons la télévision, nous générons en nous un flot de pensées et d’émotions. Si nous prenons le temps d’observer les effets de ces pensées et de ces émotions sur notre façon de considérer notre place dans la vie et notre avenir, nous ne pouvons manquer de constater que certaines de ces pensées et de ces émotions sont dévastatrices, non seulement pour nous mais aussi pour notre entourage, tant notre comportement s’en trouve bouleversé.

 

L’alimentation ne se réduit donc pas à ce que nous mangeons et buvons, mais comprend aussi l’air que nous respirons et les pensées et les émotions que nous générons à travers chacune de nos activités.

 

Satisfaire nos besoins essentiels dépasse donc largement le cadre de la nutrition et fait appel à bien d’autres sources parmi lesquels méditation, exercices physiques d’entretien comme ceux du taïchi, promenade dans la nature loin de toute forme de pollution, pratique ludique d’une activité sportive, expression artistique sous quelque forme que ce soit, développement personnel en dehors de toute recherche de perfection, etc.

 

L’ouverture sur d’autres disciplines

 

Le nutrithérapeute recourt fréquemment aux compléments alimentaires.

Certains sont des micronutriments donnés seuls : vitamine C, vitamine E, zinc, coenzyme Q10, carnitine…

D’autres sont des complexes de micronutriments associés dans un but précis : formules visant à combler les carences de l’alimentation quotidienne, formules anti-stress...

D’autres intègrent des extraits de plantes (brocoli, kudzu) ou sont des produits de phytothérapie (aloe vera, bergamote, boswellia serrata, canneberge), d’algothérapie (spiruline, chlorella, klamath, laminaria japonica) ou de mycothérapie (Ganoderma lucidum, Grifola frondosa, Hericium erinaceus, Lentinus edodes[9]) dont les effets bénéfiques pour la santé ont été reconnus par un nombre d’études scientifiques suffisant.

Par ailleurs, de plus en plus de scientifiques s’intéressent aux composants de certaines plantes utilisées par les médecines traditionnelles : melon amer, hibiscus, pao pereira. Les compléments prochainement proposés seront des extraits standardisés, c’est-à-dire certifiés contenir un certain pourcentage de telle ou telle substance reconnue active.

 

La course aux brevets

 

Les recherches coûtent cher. C’est à la fois un fait, mais aussi une justification utilisée par nombre d’industriels pour en tirer de substantiels profits.

Comme l’obtention d’un brevet ne peut être obtenue sur une substance naturelle, il faut donc user d’autres voies. Deux d’entre elles connaissent actuellement un plein essor :

1.    Le recours à un mode de production ou d’extraction qui augmente significativement l’efficacité de certaines substances : le DHA-phospholipide extrait d’œufs produits par des poules dont l’alimentation a été enrichie selon un procédé tenu secret, la nacre d’huitre micronisée afin d’être administrée par voie sublinguale ou nasale.

2.    La modification légère d’un principe actif qui multiplie la puissance de celui-ci.

 

Les dérives et leurs risques réels ou potentiels

 

L’une d’elle est déjà un fléau : les laboratoires qui n’en sont pas

 

Pour la plupart, les vitrines qui proposent des compléments alimentaires ne comprennent aucun personnel qualifié en nutrition. Leurs arguments de vente ne sont que la réplique exacte d’articles péchés sur Internet, au risque de colporter leurs erreurs éventuelles.

Du fait de l’absence actuelle d’un cadre définissant la profession, les abus en tous genres se multiplient avec pour motivation princeps de vendre plus. L’affaire actuelle autour du jus de canneberge en est une bonne illustration[10].

 

Une autre dérive est la modification des substances naturelles efficaces

 

Cette voie qui est de plus en plus empruntée par la recherche est une source potentielle de profits juteux pour les industriels et d’effets indésirables pour les patients qui les prendront : de même que les médicaments allopathiques, ces produits labellisés se comporteront comme des substances étrangères que l’organisme aura plus ou moins de mal à métaboliser.


Un exemple de prise en charge : la dépression

 

 

Il est une notion récente qui bouleverse l’approche de cette pathologie : inflammation et dépression sont étroitement liées. La première peut induire la seconde et la seconde provoquer l’apparition de la première. Quelle que soit l’initiatrice des troubles, elles se renforcent l’une l’autre de sorte que tomber en dépression ou être victime d’une maladie inflammatoire chronique, c’est commencer à descendre une hélice infernale, une hélice qui sans intervention extérieure salvatrice conduit lentement à une dégénérescence et à la mort dans des conditions des plus pénibles.

 

Face à une telle situation, que propose la nutrithérapie ?

 

Rappelons-nous d’abord que les trois principales raisons que j’ai de tomber malade sont :

1.    Une prédisposition génétique transgénérationnelle dans l’une de mes lignées (maternelle, paternelle) ou dans les deux.

2.    Un contexte environnemental face auquel je ne sais pas m’adapter.

3.    Une alimentation régulièrement de mauvaise qualité.

 

Le conseil nutrithérapeutique est donc multiple et s’égrène ainsi en partant du plus facile à réaliser au plus difficile.

1.    Approche et apprentissage d’une vérité première : « Je suis un être humain faillible, je suis un(e) étudiant(e) de la vie. », ceci afin d’apprendre à apprendre, à se mettre dans l’état d’esprit du débutant qui sait qu’il ne sait pas. Ceci également afin de sortir des pièges que sont la recherche de la perfection et la culpabilité face à l’échec.

Ce premier principe a un corollaire immédiat : « L’important n’est pas de tout faire ce qui est recommandé. L’important, c’est de se mettre en route ! »

Les thérapies cognitives et comportementales ont depuis démontré que la compréhension et l’application de ce corollaire ont elles-mêmes pour conséquences que si dans un an, j’ai intégré au niveau cellulaire seulement trente pourcent des informations que j’ai reçues, ma vie en sera déjà profondément transformée. 

2.    Correction de l’alimentation

a.    Se rapprocher le plus possible du régime méditerranéen. CF annexe 1.

b.    Adopter une alimentation dense en micronutriments et la moins toxique possible : aliments de saison issus de l’agriculture bio environnante et cultivés en pleins champs.

c.     Préférer les modes de cuisson qui respectent au mieux les aliments.

d.    Faire de chaque repas un moment essentiel de la journée : ambiance chaleureuse, régénératrice / premier quart temps passé à manger en silence afin de développer la conscience par rapport à ce qui se passe pendant ce temps dans les différentes dimensions de mon être.

3.    Complémentation nutritionnelle, avec dans le cas de la dépression :

a.    Un complexe d’acides gras polyinsaturés oméga 3.

                                               i.     Acide alpha linolénique (ALA) indispensable pour protéger le système circulatoire.

                                             ii.     L’EPA essentiel à la bonne régulation du phénomène inflammation et à sa résorption.

                                            iii.     Le DHA essentiel à la régénération des membranes cellulaires, notamment nerveuses et par-là à la récupération d’une neuroplasticité suffisante. En traitant la neurorogidité neuronale, on traite la psychorigidité dans laquelle la dépression enferme.

b.    Un complexe destiné à relancer la production d’énergie cellulaire et la synthèse des principaux neurotransmetteurs cérébraux : sa composition repose principalement sur un sel de magnésium liposoluble, de ses fixateurs (vitamine B6 et taurine), de certaines vitamines du groupe B. Il a pour effets cliniques de redonner un meilleur tonus physique, de calmer le terrain anxieux et de faciliter l’acceptation de la réalité telle qu’elle est.

c.     Un complexe antioxydant dont la nature est déterminée selon la nature de la maladie inflammatoire éventuellement associée à la dépression. Par exemple, la coenzyme Q10 en cas d’athéromatose et de ses complications cardiovasculaire, l’acide R alpha lipoïque en cas de diabète de type 2, les alkyl glycérols en cas de terrain rhumatoïde ou cancéreux… 

4.    Recommandation d’un travail en psychothérapie afin que le dépressif devienne capable de s’adapter au changement. Donc, c’est là un travail en réseau avec certains psychothérapeutes reconnus pour la qualité de leur pratique dans des branches comme l’analyse transactionnelle, l’approche centrée de la personne selon les principes de Carl Rogers, la gestalt-thérapie, la psychogénéalogie dans la lignée d’Anne Ancelin Schützenberger, etc.

5.    Apprendre à cultiver le plaisir au quotidien, afin de retrouver l’aspiration des besoins essentiels de l’âme qui font que la vie a un sens. CF annexe 2.

 


En guise de conclusion : « O tempora o mores »

 

 

Quels temps ! Quelles mœurs ! Cicéron s’indignerait de notre mode de vie actuel si éloigné de toute sagesse. Cependant, à la différence de son époque, les conséquences de nos excès sont si évidentes que nul ne peut plus les ignorer.

Aussi, fais-je le souhait suivant : que nos erreurs soient pour chacun de nous un rappel à plus de conscience et un guide vers une vie plus saine afin qu’à travers nos exemples, nous donnions envie autour de nous.

Certes, le travail est immense car je garde en mémoire cette remarque d’Achille Tournier (1802-1885), toujours d’actualité : « Les foules suivent ceux qui les éblouissent. Elles tournent le dos à ceux qui les éclairent. »[11]

 

Je vous remercie de votre attention.

 

 


Petit glossaire

 

 

Alicament 

 

Aliment conventionnel, ou qui en a l’apparence, qui fait partie de l’alimentation normale, et qui a pour caractéristique de procurer des effets physiologiques bénéfiques dépassant ses fonctions nutritionnelles habituelles ou de réduire le risque de maladies chroniques. (Office de la langue française, 2002)

Exemple : œufs enrichis en oméga 3.

 

 

Diététique[12]

 

1.    Règles de l’alimentation normale contribuant au maintien de la santé.

2.    Principes et réalisation des régimes destinés aux malades.

 

 

Nutraceutique 

 

Produit fabriqué à partir de substances alimentaires, mais rendu disponible sous forme de comprimé, de poudre, de potion ou d’autres formes médicinales habituellement non associées à des aliments, et qui s’est avéré avoir un effet physiologique bénéfique ou protecteur contre les maladies chroniques. (Office de la langue française, 2002)

Exemples : la poudre de pousses de trois jours de brocolis (riches en sulforaphane) conditionnée en gélules, le resvératrol issu du vin rouge présent dans de nombreux compléments alimentaires.

 

Nutrition[13]

 

Science qui traite de l’alimentation et des aliments sous tous leurs aspects.

 


Annexe 1 : principes et intérêts du régime crétois

 

 

Ce régime se compose de 500 g/j de légumes et de fruits frais, de légumes secs, de céréales, de viande (de poisson essentiellement, environ 3 fois par semaine), de pain à base de farine de blé ou de froment. Un verre de vin par repas. Peu de produits laitiers, peu de beurre et de crème. De l’huile d’olive pour assaisonner tous les plats, des escargots[14] assez souvent, de nombreuses plantes sauvages. Quant à l’exercice physique, une marche quotidienne de 2 km.

En Crète, la mortalité par affections cardio-vasculaires est 20 fois moins élevée qu’aux U.S.A. et 12 fois moins qu’en Italie.

L’efficacité du régime crétois semble pouvoir être reliée à sa distribution particulière en acides gras, sa richesse en acides gras mono-insaturés (acide oléique de l’huile d’olive) et poly-insaturés (teneur élevée en acides de la série w3 issus des poissons avec rapport w6/w3 égal à 5), à sa richesse d’apports quotidiens en minéraux, en substances antioxydantes (vitamines C et E, bêta-carotène, lycopène), en phénols et en fibres (chélatrices du cholestérol).

Sur le plan biochimique, le régime crétois entraîne une augmentation du HDL-cholestérol, une diminution de LDL-cholestérol et de sa toxicité (par augmentation des récepteurs, du catabolisme et de la résistance des LDL à l’oxydation), la diminution de l’agrégation plaquettaire (par le rapport AGMI/AGS > 2) et une fluidification du sang.

Cliniquement, sont notés une diminution de l’HTA, des infarctus myocardiques et des morts subites[15].

 

 

Annexe 2 : le modèle méditerranéen

 

 

Cette variante du régime crétois repose sur :

o   Une forte consommation de légumes, de fruits, de céréales semi complètes et de légumineuses. La consommation des céréales étant toujours associée à celles de légumineuses dans un rapport moyen de 2/1 : par exemple, pour deux personnes, une tasse de riz et une demi tasse de lentilles.

o   La consommation quotidienne à cru de deux cuillérées à soupe d’un mélange d’huiles d’olive et de colza : dans la salade ou sur les légumes cuits lorsqu’ils sont déposés dans l’assiette.

o   Une faible consommation de viande - notamment rouge - au profit d’une consommation régulière de poisson (deux à trois fois par semaine) et de volaille.

o   Une consommation modérée de produits laitiers.

o   Le recours à quelques olives et noix en cas de grignotage.

o   La pratique quotidienne d’une demi-heure d’une activité physique quelconque, pourvu qu’elle produise du plaisir et qu’elle soit réalisée en dehors de tout esprit de compétition (même avec soi-même).

 

 


Annexe 3 : conseils pratiques pour tout un chacun

 

 

1.    L’alimentation doit être source de plaisir

 

·      Le repas est précédé par une courte période de retour au calme, par exemple par un exercice respiratoire pendant deux à trois minutes ou une méditation pendant cinq minutes.

·      Il est pris dans un cadre agréable, silencieux, bien éclairé (sans trop), spacieux, sur une table décorée.

·      Les aliments sont consommés en conscience dans le silence pendant le premier quart d’heure, afin de profiter des saveurs profondes de chaque bouchée et d’observer ce qu’elles induisent dans les différents corps, physique, émotionnel et mental.

·      Le repas est un temps précieux : au moins 25 minutes pour le petit déjeuner, 35 pour les repas de midi et du soir.

·      Il doit être source de bien-être : aussi est-il indispensable de quitter la table avec un petit sentiment de creux puis de marcher quelques minutes d’un pas assez rapide avant de retourner à ses activités.

 

2.    L’alimentation fait la part belle aux produits de qualité

 

Ce qui revient à :

·      Consommer essentiellement des produits frais, naturels et goûteux qui ne nécessitent pas ou peu d’être préparés avec une sauce quelconque.

·      Prendre au cours des repas de midi et du soir une cuillérée à soupe de mélange d’huile de colza et d’olive.

·      Consommer 3 fois par semaine du poisson de mer, gras de préférence, cuit à la vapeur ou au court bouillon éteint.

·      Manger de la viande rouge en quantité limitée (une à deux fois par semaine, ce qui satisfait les besoins en fer sauf chez la femme avant sa ménopause).

·      Penser à toujours consommer les céréales avec des légumineuses à raison de deux volumes de céréales pour un de légumineuses, par exemple 2/3 de riz avec 1/3 de lentilles. Le quinoa par contre se suffit à elle-même.

·      Manger chaque jour deux à trois fruits frais différents (tels quels ou en jus ou en compote sans adjonction de sucre), deux légumes verts aux deux repas (de préférence cuits).

·      Préférer le pain (semi) complet au levain aux autres pains.

·      Ne pas manger en dehors des repas, exceptés les fruits au cours des pauses du matin et de l’après midi.

 

3.    L’élaboration et la répartition des repas répondent à un cahier des charges précis mais simple

 

·      Les repas se composent de produits de saison, issus si possible du terroir, provenant d’exploitations pratiquant l’agriculture biologique ou à défaut l’agriculture raisonnée.

·      Pour la cuisson, ne sont utilisés que des instruments en acier 18/10 à des températures n’atteignant pas les 100°C : autocuiseur Baumstal, Vitaliseur de Marion, etc.

·      Chaque jour, trois repas principaux[16] et deux pauses fruit par jour, la première pause en milieu de matinée, la seconde vers 16 heures. 

·      Observer la recommandation « Petit déjeuner comme un roi, déjeuner comme un prince, dîner comme un mendiant ».

Le matin, nous avons besoin non seulement de faire le plein d’énergie mais aussi de retrouver un tonus physique et psychique maximal, les apports en protéines sont donc indispensables, par exemple sou forme de céréales.

Le midi, le repas reprend les principes du petit déjeuner.

Le soir, manger doit préparer au sommeil : évitement des protéines notamment carnées, préférence aux glucides lents qui participent de la sécrétion de la mélatonine, « l’hormone du sommeil »[17].

 

4.    Exemples de répartition au cours d’une journée ordinaire

 

·      Petit déjeuner

 

Au choix : un œuf dur / une tranche de jambon maigre découenné / un morceau de blanc de poulet, de pintade ou de dinde (évidemment sans la peau) / un demi bol de flocons d’avoine, de sarrasin ou de semoule de blé trempé dans du lait de soja, de riz, d’avoine, d’amande / un yaourt au soja. (Les céréales et les flocons sont non grillés et non sucrés)

Du pain éventuellement, mais complet ou semi complet, au levain et non grillé.

En guise de boisson (à la fin du repas), du thé sans lait de préférence au café ou au chocolat.

 

·      Vers 10 heures

 

Au choix : un fruit (une pomme, une poire, une pêche, une tomate, une orange, un pamplemousse, deux kiwis, deux à trois abricots ou prunes, 100 grammes de fraises, de framboises, de myrtilles ou de cassis) / un jus de fruits / une salade, une purée ou une compote de fruits « fait maison », sans sucre ajouté... auxquels on peut ajouter en cas de forte activité physique ou cérébrale, une demi-douzaine (au choix) de noisettes, d’amandes, de noix de cajou ou de Grenoble.

 

·      A midi

 

Au choix : poisson, gras de préférence : maquereau, sardine, saumon sauvage, cabillaud, flétan, hareng / volaille / viande maigre.

Légumes verts à volonté, de préférence cuits.

Glucides lents en quantité modérée : petite portion de pâtes, une ou deux pommes de terre de taille moyenne avec une tranche de pain (semi) complet au levain.

Boisson : eau, vin rouge (un demi à un verre d’un cépage de bonne qualité, à choisir si possible parmi les Bordeaux, Bourgogne et Côtes du Rhône).

 

·      Vers 16 heures

 

Même principe qu’à 10 heures du matin, mais on prend un fruit différent et on s’abstient des fruits oléagineux.

 

·      Au dîner

 

Pâtes nature ou à la sauce tomate, riz, semoule, lentilles en observant si possible le principe de la complémentation (2/3 de céréales pour 1/3 de légumineuses).

Crudités et légumes verts.

Boisson : eau préférentiellement.

 

 


Annexe 4 : la canneberge, un jus qui rapporte gros (histoire abrégée)

 

Une première mondiale

 

En 2004, l’AFSSA a officiellement reconnu l’intérêt de la consommation quotidienne de canneberges chez les personnes sujettes aux colibacilloses urinaires à répétition. C’était d’ailleurs la première fois au niveau mondial qu’une institution d’état admettait le principe de complémentation nutritionnelle.

Toutefois, une recommandation accompagnait cette déclaration : l’efficacité ne pouvait être obtenue qu’à partir d’une posologie au moins équivalente à 36 mg de PACs (proanthocyanidines, les molécules actives de la plante dans cette indication). A cette dose-là, les colibacilles (Escherischia coli) ne peuvent plus adhérer à la paroi intérieure des voies urinaires et sont emportées dans les urines : même si la femme oublie de boire suffisamment ou/et d’aller régulièrement uriner, les bactéries ne peuvent plus se multiplier aussi activement. Cette propriété a été baptisée ‘‘anti-adhésion bactérienne’’.

 

Des dérives frauduleuses

 

Du fait des fluctuations des prix du marché, deux dérives sont aujourd’hui fréquemment constatées et font l’objet d’une répression par la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes).

Ainsi, certains revendeurs proposent des extraits de canneberges insuffisamment titrés avec pour conséquences pour les consommatrices un manque d’efficacité évident et une perte de confiance dans l’AFSSA et les études sur lesquelles elle s’est appuyée.

D’autres marchands, quant à eux, proposent des PACs de raisin, moins chers… mais parfaitement inefficaces parce que ces PACs - de nature différente - ne possèdent pas la propriété d’anti-adhésion bactérienne.  

 

Alors que faire ?

 

Dans l’attente d’une réelle réglementation, avant d’acheter une spécialité à base de canneberges, il convient de vérifier l’absence de PACs de raisin dans sa composition, puis la quantité de PACs délivrée par la posologie recommandée. Si cette dernière information n’est pas précisée sur l’emballage, il vaut mieux éviter un tel produit. 

 

 


Annexe 5 : culture du plaisir nourricier

 

 

C’est un apprentissage en trois temps :

1.    J’apprends à identifier mes besoins et à la reconnaître légitimes.

2.    J’apprends à les exprimer d’abord à moi-même (afin de les hiérarchiser et de me donner un horizon) puis aux autres (afin qu’ils soient entendus, reconnus et respectés).

3.    J’apprends à les satisfaire pleinement.

 

Idéalement, cet apprentissage nécessite le recours à un psychothérapeute formé au coaching.

 


Bibliographie minimale

 

 

Dr Jean-Paul Curtay

Le régime Okinawa, un programme pour mieux vivre

Le Livre de Poche, n° 10.015, 2008, 6,50 € 

 

T. Colin Campbell, Thomas M. Campbell

Le rapport Campbell : révélations stupéfiantes sur les liens entre l’alimentation et la santé à long terme

Editions Ariane (Canada)

 

Pr Jean-François Narbonne

Sang pour sang toxique

Editions Thierry Souccar, 2010, 19,90 €

 

 

 

 

 

 

 

 

Adresses utiles sur Internet

 

 

Les origines de la nutrithérapie en France

www.lagrandesante.com/articles/nutrition/la-nutrithérapie-médecine-millénaire-devient-une-science-incontournable

 

Pour en savoir plus sur le régime Okinawa 

www.lanutritherapie.com

 

Site de La Nutrition, créé par Thierry Souccar, journaliste scientifique

www.lanutrition.fr/

 

Blog du Dr Joël Liagre

www.blog-micronutrition.com



[1] Un principe dont l’origine remonterait à Hippocrate (encore lui !) puisque c’est dans le traité des Epidémies (@ 410 avant J.C.), un ouvrage qui lui est attribué, que l’on retrouve sa première inscription.

[2] Quelques noms de pionniers : David Kritchevsky (dès le milieu des années 50), Linus Pauling, Dr Catherine Kousmine, Dr Jean-Paul Curtay.

[3] Ils sont également appelés AQR et ANC, c’est-à-dire Apports Quotidiens Recommandés et Apports Nutritionnels Conseillés.

[4] J. Zittoun : « Médicaments et carences en folates » in « La Gazette Médicale », tome 98, n°8 de 1991, pages 16 à 18.

[5] Dr Ellen Grant : « Amère pilule – La vérité sur le contraceptif chimique », 3ème édition, éditions François-Xavier de Guibert, 2008, page 215.

[6] CF le titre de l’ouvrage de Roseline Gagnon : « La nutrithérapie : médecine des suppléments alimentaires », Editions Amyris, 2001.

[7] CF l’annexe 1 présentant les principes et les intérêts de ce régime, page 11.

[8] Pour plus détail, CF l’annexe 2, page 12.

[9] Ganoderma lucidum, Grifola frondosa et Lentinus edodes sont plus connus sous leurs appellations japonaises qui sont respectivement reishi, maïtaké et shiitake.

[10] CF annexe 4, page 16.

[11] Citation tirée de son ouvrage « Pensées d’automne ».

[12] Selon le dictionnaire médical avec atlas anatomique sous la coordination de Jacques Quevauvilliers, éditions Masson, 2009, page 214.

[13] Idem, page 646.

[14] Les escargots de Crète seraient beaucoup plus riches en acides gras w3 que leurs homologues français.

[15] CF ‘‘Impact Médecin Hebdo’’, n° 437 du 29.01.1999, page 76.

  CF M. LORGERIL  et coll, ‘‘Circulation’’, 1999 ; 99,6 : 779-785.

Une étude lyonnaise (Drs RENAUD & LORGERIL) a démontré l’efficacité du régime crétois versus les conseils de l’AHA (American Heart Association) sur les récidives d’ischémie myocardique : 302 personnes ont été soumises au régime crétois et comparées à 303 autres soumises aux recommandations de l’AHA. Après un suivi de 27 mois, il a été observé dans le groupe observant le régime crétois 5 accidents myocardiques et 3 morts de maladies cardio-vasculaires contre 17 infarctus et 16 décès dans le groupe observant les consignes de l’AHA.

Les consignes de la ‘‘prudent diet’’ de l’AHA sont les suivantes : protéines  de 12 à 15%, glucides 55% dont moins de 10% de sucres simples, lipides égaux à 30% et répartis en 1/3 d’AGS, 1/3 d’AGMI et 1/3 d’AGPI et cholestérol inférieur à 250mg/j. Elles consistent donc dans le remplacement des graisses saturées d’origine principalement animale par des huiles et margarines riches en acides gras poly-insaturés.

 

LORGERIL a poursuivi cette étude sur une période supplémentaire de 19 mois, soit un suivi moyen de 46 mois. Ce travail révèle l’observance à long terme de conseils diététiques quand les patients à qui ils sont adressés sont avertis des bénéfices ‘‘non pas hypothétiques, mais concrètement obtenus’’.  Observance d’autant plus facile à obtenir du fait que ce régime est profondément convivial, compatible autant avec la vie familiale que la vie professionnelle, et qu’il ne grève pas les ressources économiques.

Bien que les conseils de l’AHA réduisent le taux de cholestérol, la mortalité reste importante, alors que le régime méditerranéen, bien que ne modifiant peu la cholestérolémie (baisse de l’ordre de 5%) ainsi que les taux d’HDL et de LDL, influe de façon bénéfique le pronostic cardio-vasculaire. La raison de cette différence semble résider :

·       d’une part dans l’absence de prescription conjointe d’anti-oxydants au cours de la ‘‘prudent diet’’,

·       et d’autre part, de l’induction simultanée de l’augmentation sanguine des acides gras de la série oméga 3 et de la baisse des acides de la série oméga 6 au cours du régime méditerranéen. Les acides gras de la série oméga 3 ont une puissante action anti-inflammatoire, notamment au niveau des lésions artérielles. Ils pourraient constituer un traitement préventif efficace des complications aiguës des cardiopathies ischémiques.

Au cours de l’étude lyonnaise, les acides de la série oméga 3, qui proviennent de poissons et d’une margarine spéciale enrichie en oméga 3, sont protégés de la peroxydation par la prise quotidienne importante de fruits et de légumes qui apportent vitamines anti-oxydantes et flavonoïdes. 

Cette modification de répartition des acides gras poly-insaturés n’influence pas cependant l’impact des facteurs de risque cardio-vasculaires tels que le tabagisme ou le taux élevé du LDL-clolestérol. Ainsi la prise en charge conjointe de ces risques reste de mise.

[16] Les voies de notre métabolisme se devisent en voies complexes et en voies rapides. Les premières permettent la meilleure utilisation de ce que nous inhalons, malheureusement, elles sont vite saturées. Dès lors, les voies rapides prennent le relais et aboutissent entre autres, au stockage sous forme de tissu adipeux. C’est pourquoi sauter un repas ou ne faire qu’un repas quotidien est toujours insatisfaisant sur le plan des résultats escomptés.

Par ailleurs, au plan biochimique, le trop pris ne peut être (di)géré par le métabolisme mitochondrial, aussi y a-t-il baisse du rendement énergétique et augmentation de la production radicalaire, modifications dont l’intensité est proportionnelle à la quantité de calories brûlées : le trop est donc un facteur de vieillissement accéléré.

[17] Les protéines stimulent les fonctions psychomotrices, puisque à partir d’elles sont synthétisées les neurotransmetteurs. Les glucides lents induisent un sommeil de bonne qualité, même si le sujet n’est pas en dette de sommeil.

 

 

 

 

Dr Naïma Ânanda Bauplé Conférence statutaire prononcée le 1er mars 2011 à la Maison du Rotary Révisée le 24 mars 2011


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Published by Chronimed - dans Concept
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commentaires

Viviane 15/01/2015 16:11

La nutrithérapie est une approche très intéressante. Néanmoins, cette dernière doit être indépendante des laboratoires pharmaceutiques!

Malheureusement les informations que l'on retrouve régulièrement dans les médias sont loin d'être impartiales...

Etant que médecin je refuse d'adhérer à ce diktat !

A ce titre je viens d'acheter un livre passionnant que qui correspond totalement à ma façon de penser. L'auteur aborde l’approche micronutritonnelle de façon claire, exhaustive, et surtout en toute
indépendance du lobbying industriel.

Ci-joint les coordonnées de l'ouvrage : Micronutrition et nutrithérapie à l'attention des professionnels de santé, de Jérôme MANETTA (Sparte éditions).

Lien : http://nutriformation.free.fr/livre_sur_la%20micronutrition%20et%20la%20nutritherapie.htm

Bonne et heureuse année 2015 !