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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 00:46
Les Echos indique en effet que « Martine Aubry est entendue cet après-midi par la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy, qui instruit ce dossier depuis pratiquement 10 ans. La magistrate veut que l'ex-patronne du PS lui explique comment la Direction des relations du travail, placée sous sa responsabilité entre 1984 et 1987, a pu se montrer aussi lente avant de durcir la réglementation qui protège les travailleurs d'une substance dont les dangers pour la santé humaine sont officiellement reconnus en France depuis 1977 ».

Le journal relève que « le principal sujet d'interrogation de la juge d'instruction concerne l'entrée en vigueur en 1987 d'une directive européenne remontant à 1983 et visant à mieux protéger les travailleurs ». Le quotidien ajoute que « cette audition pourrait entraîner la mise en examen [de Mme Aubry] pour «homicides involontaires». Une éventualité rejetée par la maire PS de Lille, qui a fait savoir qu'elle demanderait l'annulation de cette procédure ».

Les Echos observe qu’« en 2010, [Martine Aubry] avait déjà expliqué aux policiers qui l'interrogeaient dans le cadre de cette procédure que jusqu'en 1994, elle était convaincue que les décrets de 1977 et 1987 suffisaient pour protéger efficacement les salariés. Ce n'est, selon elle, qu'en 1994, avec l'étude du scientifique britannique Julian Peto, que la nécessité d'interdire l'amiante serait apparue. Cette interdiction n'interviendra qu'en 1997 ». « Un fait semble cependant troubler la juge. Alors que, jusqu'en 1987, la valeur limite d'exposition aux poussières d'amiante en France culminait encore à 2 fibres par millilitre, le Royaume-Uni […] imposait à ses industriels un niveau 10 fois moins élevé », note le quotidien.

Les Echos ajoute qu’« un autre grief pourrait être porté à l'encontre de Martine Aubry, celui d'avoir laissé siéger son adjoint au Comité permanent amiante. La justice reproche à ce lobby constitué d'industriels, de scientifiques, de hauts fonctionnaires et de représentants syndicaux d'avoir «activement participé au retard de l'interdiction de l'amiante» ». Le journal rappelle qu’« aujourd'hui, 3.000 décès par cancer par an sont imputés à cette substance ».

La Croix constate aussi qu’« après avoir cherché à établir la responsabilité pénale de plusieurs chefs d’entreprise [dans l’affaire de l’amiante], les juges enquêtent désormais au sein de la haute administration », qui se trouve ainsi « rattrapée par la justice », note le quotidien. La Croix relève que « les victimes de l’amiante réclament depuis des années un «grand procès pénal de l’amiante». Sans succès. La convocation de Martine Aubry devant le pôle santé publique du tribunal de grande instance de Paris marque-t-elle une accélération dans cette épineuse enquête ? Difficile de le dire ».

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Published by Chronimed - dans Concept
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