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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 20:07
La fibrillation auriculaire (FA) affecte plus de 2 millions de personnes aux Etats Unis et plus de 4 millions en Europe. Parmi tous les facteurs qui favorisent sa survenue, on a récemment invoqué la durée du sommeil mais aucune étude prospective n’avait, jusqu’alors, été consacrée à ce paramètre. Khawaja et coll. ont donc tenté d’apprécier, pour la première fois, dans une étude prospective menée sur une cohorte de 18 755 médecins américains de sexe masculin, issue de la Physicians’ HealthStudy (N Engl J Med., 1989; 321: 129-135 et Ann Epidemiol., 2000; 10: 125-134), l’association entre la durée du sommeil et la survenue d’une FA, toutes deux évaluées par un questionnaire. L’âge moyen de la population étudiée était, à l’état basal, de 67,7 ± 8,6 ans. La durée du sommeil a été classée en 3 catégories : ≤ 6, 7, ≥ 8 heures. Au cours d’un suivi moyen de 6,9 ± 2,1 ans, il a été dénombré 1 468 cas de FA dont l’incidence brute était respectivement de 9,6, 9,9, and 14,9 cas/1 000 personnes-années pour les durées de sommeil ≥ 6, 7 et ≤ 8 heures. Dormir trop longtemps nuit, sauf en cas d’apnées du sommeil Par rapport au groupe de référence (7 heures de sommeil/nuit), dont le rapport de risque (hasard ratio [HR]) de FA ajusté en analyse multivariée était égal à 1, le rapport de risque était légèrement supérieur de façon non significative pour une durée de sommeil ≤ 6 heures/nuit (HR 1,06 ; intervalle de confiance [IC] 95 % [0,92 à 1,22]) et significativement pour une durée de sommeil ≥ 8 heures(1,13 ; IC 95 % [1,00 à 1,27]) (p pour la tendance =0,26). Une analyse secondaire a montré que cette interaction n’était pas modifiée par l’indice de masse corporelle du sujet (p pour l’interaction =0,69). En revanche, la présence d’une apnée du sommeil modifiait la relation entre la durée du sommeil et la survenue d’une FA (p pour l’interaction= 0,01). Ainsi, en sa présence, comparé au groupe de référence (7 heures de sommeil/ nuit), le risque de FA était significativement plus élevé pour une durée de sommeil ≤ 6 heures/nuit (HR 2,26 (IC 95% [1,26 à 4,05]) et avait seulement tendance à l’être pour une durée de sommeil ≥ 8 heures/nuit (HR1,34 ; IC 95 % [0,73 à 2,46]). En l’absence d’apnée du sommeil, le risque de FA avait seulement tendance à être plus élevé dans les 2 groupes (HR 1,01 ; IC 95 % [0,87 à 1,16] et HR 1,12 ; IC 95 % [0,99 à 1,27] pour une durée de sommeil respectivement ≥ 8 heures/nuit et ≤ 6 heures/nuit). En conclusion, dans cette population d’hommes médecins américains, un sommeil long (≥ 8 heures/nuit) augmente légèrement le risque de survenue d’une FA. De plus, chez les seuls sujets qui présentent une apnée du sommeil, une courte durée de sommeil (≤ 6 heures/nuit) apparaît associée à un risque plus élevé de FA. Dans cette dernière situation, la FA pourrait être la conséquence de l'hypoxémie, de l’hypercapnie, de l’excitation des chémorécepteurs, de l’augmentation de l’activité sympathique, mais également de l’allongement de l’onde P et de sa dispersion qui traduisent une conduction inhomogène de l’influx sinusal et sont favorisés par de courtes nuits de sommeil. Dr Robert Haïat 21/02/2013 Khawaja O et coll.: Sleep Duration and Risk of Atrial Fibrillation (from the Physicians’ Health Study). Am J Cardiol., 2013; 111: 547-551.

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Published by Chronimed
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