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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 20:04

L’INVS n’a pas la clé des champs (électromagnétiques)

Que sait-on à ce jour de la dangerosité des champs électromagnétiques (CEM), ces rayonnements non ionisants qui évoluent dans une gamme de fréquences comprise en 0 et 300 GigaHz ?

Et quelle conduite tenir devant un groupe de pathologies attribuée à des CEM ?

C’est le propos de la note de positionnement que l’Invs vient de publier.

Deux types de CEM sont à distinguer : les champs de basses et extrêmement basses fréquences (entre 0 et 300 kiloHz), émis notamment par les appareils fonctionnant avec du courant alternatif comme les lignes électriques ou les transformateurs (CEM-EBF), et à l’autre « extrémité » les champs de hautes à extrêmement hautes fréquences (de 3 mégaHz à 300 GHz) dont les radiofréquences (CEM-RF) utilisées en téléphonie mobile, télévision, radiodiffusion FM, radar et communication satellitaire ; ou dans les fours à micro-ondes.

Des effets biologiques connus

L’effet principal de ces CEM est thermique (utilisé pour le micro-ondes et perceptible quand on téléphone trop longtemps…).

L’exposition aigue et de très forte intensité aux CEM-BF provoque (selon des études OMS et du Comité scientifique sur les risques émergents pour la commission européenne) des effets visuels, neuromusculaires, osseux , « les seuls effets néfastes établis à ce jour » pour ces fréquences ; or l’Invs indique que les règlementations actuelles « sont destinées à protéger totalement la population contre ces effets ».

Pour les CEM-RF, « à part » l’accident de la route (même avec les kits main-libre !) et l’interférence avec certains dispositifs médicaux, aucun lien entre l’exposition environnementale et la santé humaine n’a pu être établi.

Faisant le point sur « ce qui est suspecté ou allégué », l’Invs note qu’un doute persiste concernant un risque de maladie d’Alzheimer lors d’une exposition professionnelle aux CEM-EBF et que plusieurs études évoquent une augmentation du risque de leucémie aigüe chez le jeune enfant vivant à moins de 50 m d’une ligne à très haute tension.

Concernant les radiofréquences (CEM-RF), les utilisations intensives ou à long terme de téléphone mobile exposeraient « peut-être » (niveau de preuve « limité ») à une augmentation du risque respectivement de gliome et de neurinome de l’acoustique.

L’Invs ne trouve pas d’étude concluante sur le risque cancérigène, souvent évoqué, des antennes-relais.

Des champs qui restent à défricher

Des études sur les effets « divers » sur la santé des CEM ont pu associer les symptômes non pas à la distance réelle de l’antenne-relais mais à la distance estimée par les personnes interrogées, ce qui évoquerait  un effet nocebo.

Enfin concernant l’intolérance environnementale idiopathique aux CM, l’Invs rappelle que le seul critère de définition de cas étant à ce jour l’attribution à une exposition à des CEM, par le patient lui-même, des symptômes qu’il ressent, sa prévalence est difficile à estimer (d’ailleurs très variable en fonction des pays) : il souhaite que les études se poursuivent.

Rappelant son rôle, comme pour tout risque sanitaire, de surveillance épidémiologique, d’investigation, de soutien à la recherche, l’Invs prévoit que les acteurs de terrain soient à l’avenir davantage sollicités, tant localement que sur la réflexion nationale.

Devant une sollicitation pour l’augmentation de survenue de maladies  (dans le temps ou l’espace) autour d’une antenne relais (on appelle ça des « agrégats spatio-temporels de maladies non infectieuses »), il préconise une démarche d’investigation « rigoureuse et transparente », tout en convenant des importantes limites méthodologiques : « il est rare que l’investigation conduise à identifier une cause externe à la survenue de cas groupés de maladies ».

Ces « non conclusions » laissent le champ libre aux interprétations et sur certaines situations (cancers infantiles), ont aboutit à un vrai champ de bataille.

Dr Blandine Esquerre 

Publié le 15/12/2014

 

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Les ondes
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