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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 19:47
L’Exposome : un concept porteur d’espoir en santé environnementale. C’est un article du « Quotidien du Médecin » (rubrique « Le praticien de l’environnement ») qui nous l’apprend : les évolutions de la biologie s’intéressent de plus en plus aux relations causales entre maladies et facteurs d’environnement avec évaluation des niveaux d’exposition et, si possible, des doses. La prise en compte des différents niveaux d’exposition de l’homme aux polluants de son environnement présente plusieurs difficultés : - variations dans le temps et l’espace - complexité liée à la multiplicité des agents environnementaux - insuffisance des outils de mesure (quelques dizaines de polluants seulement peuvent être évalués). Sans mesure précise, pas d’estimation réelle de la morbidité et de la mortalité liées aux facteurs d’environnement. D’autant que dans les pays développés l’exposition se définissant par des doses faibles sur une longue durée, les pathologies qui en découlent sont du type chronique et plurifactoriel qui ne se révèlent souvent qu’après des années d’exposition. Autre difficulté. Faibles doses égale faibles risques. Mais, en fait, les erreurs dans l’estimation entraînent des erreurs dans les statistiques, ce qui peut entraîner des études s’avérant négatives alors qu’il existe bel et bien un lien entre l’environnement et la pathologie étudiée. Si bien que l’analyse précise des conditions d’exposition devient un enjeu crucial dans le domaine de la santé environnementale. Malgré le panel d’outils à notre disposition – questionnaires, modèles mathématiques, mesurage de biomarqueurs dans le sang, urine, cheveux – il s’avère impossible de rendre compte de la totalité des expositions environnementales qui nous affectent tout au long de notre vie. D’autant que deux autres facteurs peu mesurables interviennent ici : habitudes de vie, conditions de travail à quoi il faut ajouter l’éventuelle détermination génétique. C’est ici qu’intervient la notion d’exposome(par analogie avec la notion de génome). En quoi cela consiste-t-il ? « On anticipe l’idée que, avec le développement de l’épidémiologie moléculaire, c’est à dire des études dans lesquelles on analyse des paramètres biologiques dans les cellules, les tissus ou les fluides corporels, il sera possible d’obtenir une vision globale et intégrée de l’historique des expositions aux agents chimiques, physiques et infectieux » précise l’article du Quotidiendu Médecin. Nous pourrons alors aboutir à une nouvelle discipline, l' »exposomique » qui prendra place à côté de la génomique (analyse de la variabilité du génome) ou de la protéinomique (analyse du profil protéique). On entrevoit aisément l’orientation de cette démarche : en associant les méthodes de la biologie, les biotechnologies et la bio-informatique à la démarche épidémiologique, on espère pouvoir comparer des populations saines à des populations malades à partir de l’exposome individuel ce qui aboutira à la création d’une médecine prédictive personnalisée en matière de santé environnementale. Ce sera sans doute une avancée très heureuse en matière de santé publique, mais « prévenir valant mieux que guérir » nous pensons qu’il faut d’abord agir sans relâche pour libérer nos concitoyens de cette menace permanente et sournoise constituée par l’exposition aux agents chimiques de toutes sortes. Il existe déjà assez de facteurs naturels de morbidité pour que la médecine s’évertue à combattre en permanence ceux que nous nous infligeons à nous-mêmes à partir d’une notion de « progrès » aussi contestable que destructrice. Olivier TOMA – Primum-Non-Nocere

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Nutrition
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