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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 17:55

Des études menées chez l’animal suggérant un lien entre exposition à faibles doses aux perturbateurs endocriniens et obésité, des auteurs d’Harvard ont cherché à en savoir plus sur la relation, chez l’Homme, entre l’exposition au bisphénol A (BPA), largement répandue (notamment via les plastiques et résines des emballages et contenant alimentaires) et l’obésité, largement répandue elle aussi et devenue, aux États-Unis (comme dans nombre de pays industrialisés), une priorité de santé publique.


C’est à partir des données poolées intéressant la période 2003-2006 du National Heath and Nutrition Examination Survey (NHANES), que JL Carwile et coll ont examiné, transversalement, le lien entre BPA et obésité.


La concentration urinaire de BPA, prise comme indicateur d’exposition, a été mesurée, sur échantillon unique, au laboratoire des Centers for Disease Control and prevention, et les critères d’intérêt principal de ce travail, l’obésité  et l’obésité centrale, ont été déterminés par l’indice de masse corporelle (IMC) et la mesure du tour de taille.


Dans la population étudiée, comptant 2 747 adultes, âgés de 18 à 74 ans, dont la moyenne géométrique des concentrations urinaires de BPA rapportées à la créatinine était de 2,05 µg/g de créatinine, l’analyse associe à la concentration urinaire de BPA, l’obésité et l’obésité centrale.


Après ajustements (notamment sur l’âge, le sexe, la créatininurie, l’ethnie, le niveau d’éducation, le tabagisme), la probabilité d’être classé obèse (IMC > 30) était, en comparaison des sujets du quartile le plus bas de BPA urinaire (≤ 1,1 ng/ml), accrue chez ceux des quartiles plus élevés de concentration urinaire de BPA : les odds ratios étaient de 1,85 (intervalle de confiance à 95 % ; IC à 95 % : 1,22-2,79) dans le deuxième quartile (1,2-2,3 ng/ml), de 1,60 (1,05 ; 2,44) dans le troisième (2,4-4,6 ng/ml) et de 1,76 (1,06-2,94) dans le quatrième quartile (≥ 4,7 ng/ml). Les OR correspondants pour l’obésité centrale (tour de taille ≥ 102 cm chez les hommes,  ≥ 88 cm chez les femmes) étaient respectivement de 1,62 (1,11-2,36), 1,39 (1,02-1,90) et 1,58 (1,03-2,42) pour les deuxième, troisième et quatrième quartiles de concentration urinaire de BPA.


Dans un contexte d’obésité épidémique et de préoccupation quant aux effets sanitaires des expositions environnementales, cette étude, forte des données intéressant un échantillon représentatif de la population civile non institutionnalisée des États-Unis, celle du NHANES, associe obésité, et obésité centrale, et concentration urinaire de bisphénol A. De type transversal, elle ne permet pas de conclure à une relation causale (et, fondée sur un seul dosage sur échantillon urinaire, elle est peut être entachée d’erreurs de classement des expositions).

 

Des études prospectives sont nécessaires afin de préciser le lien entre BPA et obésité ; le métabolisme du BPA reste à éclaircir, le déroulement chronologique de l’exposition au BPA et du gain de poids, les mécanismes qui sous-tendent l’association observée, aussi.

 

 

Dr Claudine Goldgewicht

Publié le 29/09/2011

Carwile JL et coll. : Urinary bisphenol A and obesity : NHANES 2003-2006. Environ Res., 2011 ; 111 : 825-30.

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Published by Chronimed
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