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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 11:45

Le BEH du 20 mars revient sur l’augmentation quasi-exponentielle du nombre de

maladies infectieuses épidémiques au cours des dernières décennies. Pour 6 des 13

maladies infectieuses étudiées, un lien avec les indices de variabilité climatique a été

établi.

 

Quels sont les scénarios climatiques envisageables pour le futur ? Et quels pourraient être leurs impacts sur

l’environnement et les sociétés humaines ? Une vingtaine de laboratoires à travers le monde planchent sur le

sujet.

 

Ces travaux devraient orienter les conclusions du 5e rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur

l’évolution du climat (Giec), attendu pour 2014. La surveillance sanitaire, dans un délicat exercice prospectif voire

spéculatif, a désormais la mission d’identifier les menaces émergentes liées au changement climatique et

d’aider à mettre en place de dispositifs de prévention ou de gestion adaptés. Le BEH du 20 mars revient sur ces

enjeux.

 

L’anticipation du risque caniculaire est, à ce jour, l’exemple le plus abouti de cette surveillance. La vague de

chaleur de l’été 2003 a accéléré la constitution d’une base de données de la morbidité (via un système organisé

par l’Institut de Veille Sanitaire) et l’élaboration du plan canicule national.

 

Parmi les autres risques identifiés, l’augmentation quasi-exponentielle du nombre de maladies infectieuses

épidémiques au cours des dernières décennies inquiète particulièrement les experts. L’équipe de Serge

Morand, directeur de recherche à l'Institut des sciences de l'évolution de Montpellier (Université Montpellier 2 –

CNRS), a analysé les facteurs potentiellement explicatifs de 114 maladies infectieuses épidémiques répertoriées

dans 36 pays sur la période 1950-2010.

 

« Cette augmentation continue est en partie due à l’effort de recherche, d’identification et de déclaration des

maladies infectieuses. Le PIB et la part consacrée au budget de la santé sont d’ailleurs bien corrélés au nombre

de maladies infectieuses recensées. Mais cela n’explique pas tout », indique Serge Morand.


« En analysant les données disponibles pour 13 pathologies, on s’est aperçu que les indices de variabilité

climatique qui correspondent aux mois d’hiver plutôt doux et pluvieux sont souvent favorables

au développement de certaines maladies infectieuses. Une association a pu être clairement établie pour six

d’entre elles : les infections à adénovirus, la fièvre Q, les infections à entérovirus, les fièvres typhoïdes, la

tularémie et la trichinellose.»


« On note également une tendance pour les méningites aseptiques virales, les gastro-entérites et les fièvres

hémorragiques à hantavirus. À l’inverse, les quatre maladies infectieuses qui ne semblent pas concernées par

la variabilité climatique sont la rougeole, la tuberculose, les hépatites A et les shigelloses. ».



Amandine Ceccaldi 20/03/2012 

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Published by Chronimed - dans Infections froides
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