Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 22:49
Paris, le jeudi 18 octobre 2012 – Face à l’épidémie de rougeole qui sévit dans notre pays depuis plusieurs années et aux difficultés rencontrées pour faire progresser la couverture vaccinale des jeunes enfants jusqu’au 95 % requis (alors qu’elle est aujourd’hui de 90 %), de nombreuses voix se sont élevées ces derniers mois pour recommander que le vaccin contre la rougeole devienne obligatoire. Une telle mesure permettrait notamment de lever l’ambiguïté qui existe actuellement dans l’esprit de nombre de Français autour de la notion de « recommandation », qui pour beaucoup est considérée comme synonyme de « non indispensable » relève le professeur Jean-Paul Chiron président de l’Académie de pharmacie. Cette institution compte de longue date parmi les principaux partisans d’une telle évolution. Hier, encore, à l’occasion d’une séance entièrement consacrée à la vaccination, elle s’est une nouvelle fois exprimée dans ce sens.
Piqûre de rappel

Outre la question spécifique de la rougeole, l’Académie de pharmacie a également plaidé pour un renforcement du rôle des pharmaciens en ce qui concerne la vaccination. Il a ainsi été suggéré que les officinaux, dont l’excellente répartition sur le territoire est un solide atout, puissent procéder à l’administration des rappels. Si le professeur de pédiatrie Pierre Bégué, membre de l’Académie nationale de médecine a rappelé l’importance de la prescription médicale, il a observé qu’une « participation plus active du pharmacien [serait] bienvenue dans le cadre de campagnes vaccinales ou en situation épidémique (par exemple de grippe) ». Plusieurs évolutions législatives et conventionnelles récentes vont dans le sens d’une telle évolution : la loi hôpital patient santé territoire (HPST) et les derniers accords entre l’Assurance maladie et les syndicats d’officinaux qui visent dans les deux cas à élargir le champ d’action des pharmaciens. Néanmoins, un décret supplémentaire serait nécessaire pour dûment permettre aux pharmaciens de réaliser les injections.
Succès passés et futurs de la vaccination

En l’absence d’un tel sésame réglementaire, dores et déjà le rôle joué par les pharmaciens pourrait être renforcé en matière de vaccination, notamment pour améliorer la compréhension par les patients du calendrier, qui n’a cessé d’être amendé et complété au fil des années. Le conseil du pharmacien « s’exerce à plusieurs niveaux : rappel du calendrier vaccinal, orientation des personnes vers le médecin, information sur l’intérêt d’un vaccin et sur le rationnel des recommandations du calendrier vaccinal, conseils de conservation du vaccin au moment de la délivrance du produit, contribution à la surveillance des effets adverses des vaccins » a énuméré le professeur Pierre Bégué. Enfin, au-delà de la formulation de ces différentes recommandations, la séance a été l’occasion d’aborder de nombreux autres aspects de la vaccination : l’évaluation de son bénéfice risque, l’éradication en cours de la poliomyélite, la question bien plus complexe qu’il n’y paraît des nouveaux adjuvants ou encore la mise au point prochaine d’un vaccin contre la dengue.


Aurélie Haroche

Partager cet article

Repost 0
Published by Chronimed - dans Concept
commenter cet article

commentaires