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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 20:15
Paris, le mardi 23 avril 2013 – Voici des travaux que n’aurait pas reniés François Jacob, Prix Nobel de médecine en 1965, qui vient de s’éteindre à l’âge de 92 ans. Il est d’ailleurs fort probable que les équipes de Carmen Buchrieser (chef de l’unité mixte Biologie des bactéries intracellulaires, Institut Pasteur/CNRS) et de Raphaël Margueron, qui travaillent dans l’institut qui accueillit il y a plus de soixante ans le jeune François Jacob ait eu une pensée émue dimanche en apprenant sa disparition. Les recherches de Carmen Buchrieser et de Raphaël Margueron concernent en effet le mécanisme épigénétique « qui permet à Legionella pneumophila de modifier l’expression des gènes des cellules hôtes » comme le résume un communiqué du CNRS. RomA anéantit toutes les défenses On sait en effet (notamment grâce à Jacob, Monod et Lwoff) que parmi les différentes stratégies développées par les « pathogènes intracellulaires » pour déjouer les défenses immunitaires, certaines consistent à « moduler l’expression des gènes d’une cellule hôte à leur avantage ». Or, chez Legionella pneumophila, cette tactique atteint des sommets d’efficacité ! Carmen Buchrieser et Raphaël Margueron ont en effet mis en évidence chez cette bactérie un « mécanisme épigénétique inédit qui permet à Legionella pneumophila de modifier l’expression des gènes des cellules hôtes afin de faciliter son propre développement ». L’arme fatale de la fameuse bactérie a été baptisée RomA. Il s’agit d’une enzyme secrétée par Legionella pneumophila qui a la capacité de modifier la structure et la conformation de l’ADN de la cellule attaquée. Ainsi prise au piège, cette dernière voit l’expression de nombre de ces gènes profondément altérée : « un changement du niveau d’expression des gènes » a ainsi été constaté pour 4 870 gènes ! C’est notamment le cas de ceux codants pour l’interleukine 6 ou le récepteur TLR5, ce qui explique que Legionella pneumophila ne craigne guère les défenses immunitaires classiques. Ces travaux publiés dans la revue Cell Host & Microbe représentent selon le CNRS une avancée importante pour comprendre le mécanisme de « régulation de l’expression des gènes eucaryotes et donc le fonctionnement des cellules en général ». Léa Crébat

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Published by Chronimed
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