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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 13:33
Dans le cadre de l’infarctus du myocarde aigu,il a été montré que la fréquence cardiaque initiale des patients en rythme sinusal était étroitement corrélée à la mortalité. Mais qu’en est-il de cette corrélation lorsqu’on est en présence de patients qui font un infarctus du myocarde aigu sont en fibrillation auriculaire (FA) ? Cette question n’avait pas fait jusqu’alors l’objet d’une étude spécifique. C’est ce qui a conduit Li et coll. a effectué l’analyse rétrospective d’un sous-groupe de patients d’OMEGA, essai randomisé, double-aveugle, contrôlé qui avait pour but d’étudier l’effet d’une supplémentation en acides gras oméga 3 sur l’incidence de la mort subite chez les survivants d’un infarctus du myocarde. L’analyse de Li et coll. a tenté de savoir si, dans le cadre d’un infarctus myocardique aigu, la fréquence cardiaque des patients en FA relevée lors de l’admission était ou non un facteur déterminant de la mortalité à un an. Sur les 3 851 patients inclus dans l’étude OMEGA, 211 (6 %) présentaient une FA lors de leur admission. Ces 211 patients ont été classés en 2 groupes selon que la fréquence cardiaque est ≤ 94 ou ≥ à 95 battements/min (bpm). Globalement, la mortalité à un an de ce groupe de 211 patients a été de 11 %. L’analyse multivariée a montré que, dans le cadre d’un infarctus du myocarde aigu en FA, une fréquencecardiaque ≥ 95 bpm est un facteur déterminant indépendant de la mortalité à un an dont elle multiplie le risque par plus de 4,5 (odds ratio = 4,69 ; intervalle de confiance à 95 % de 1,47 à 15,01 ; p = 0,01), alors même que ces patients recevaient le traitement optimal préconisé par les recommandations internationales. En conclusion, cette étude démontre pour la première fois que, chez les patients présentant un infarctus du myocarde aigu et une FA, une fréquence cardiaque initiale ≥ 95 bpm multiplie par près de 5 le risque de mortalité à un an. Ces constatations ont une implication pratique : dans la mesure où, à la phase aiguë d’un infarctus du myocarde, la fréquence cardiaque initiale des patients en FA permet de stratifier le risque, il est urgent de ralentir la fréquence cardiaque en prescrivant rapidement les médications adéquates visant à déprimer la conduction auriculo-ventriculaire. Dr Robert Haïat 08/03/2013 Li J et coll. : Usefulness of Heart Rate to Predict One-Year Mortality in Patients With Atrial Fibrillation and Acute Myocardial Infarction (from the OMEGA Trial). Am J Cardiol 2013 ; 111 : 811-815.

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Published by Chronimed
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