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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 07:40
Dans une publication avancée en ligne du Lancet, une équipe de Boston (Massachusetts) évoque les avancées récentes en matière de « psychiatrie génétique», à propos de cinq grandes pathologies psychiatriques : troubles du spectre autistique, trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité, trouble bipolaire, trouble dépressif majeur et schizophrénie. Portant sur plus de 33 000 cas (et près de 28 000 contrôles), des études du polymorphisme d'un seul nucléotide (SNP, single-nucleotide polymorphism) ont visé à « caractériser des contributions alléliques» dans ces cinq affections, grâce à une analyse statistique ad hoc, une « procédure de régression logistique multinomiale» avec sélection du « meilleur modèle de relations entre le génotype et le phénotype. » Dans ces études d'association pangénomique (genome-wide association), les auteurs ont en particulier évalué les effets de locus importants (préalablement identifiés pour le trouble bipolaire et la schizophrénie) et ceux d'un « ensemble plus large de variants communs.» Pour contribuer à l'identification de certains gènes responsables d'une « part substantielle de la variabilité génétique» de différents caractères quantitatifs, les auteurs ont utilisé notamment l'analyse d'enrichissement de locus de caractères quantitatifs (approche dite eQTL, quantitative trait loci d'expression). Parmi les SNP dépassant le seuil de pertinence statistique (p < 5×10 -8), figurent des locus sur les chromosomes 3p21 et 10q24, et des sous-unités des canaux calciques voltage-dépendants CACNA1Cet CACNB2. L'analyse suggère d'ailleurs « un rôle des gènes de signalisation calcique» pour l'ensemble des pathologies étudiées. Les auteurs estiment que leurs travaux confirment « l'association de SNP spécifiques» à une large gamme de troubles psychiatriques débutant dès l'enfance (autisme, troubles déficitaires de l'attention) ou plus tardivement (schizophrénie). Ils insistent sur la variation de l'activité des gènes des canaux calciques, susceptible de présenter des effets pléiotropes sur la psychopathologie. Ces travaux confirment les progrès d'un nouveau paradigme en psychiatrie où les recherches se dirigent désormais vers une « nosologie à orientation étiologique». Smoller JW et coll.: Identification of risk loci with shared effects on five major psychiatric disorders: a genome-wide analysis. Lancet, 2013; publication avancée en ligne 28 Février. doi: 10.1016/S0140-6736(12)62129-1. 14/03/13 Dr Alain Cohen

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Published by Chronimed
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