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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 13:08

Les études traitant du lien entre téléphone portable et tumeurs du cerveau, tumeurs gliales notamment, se suivent mais leurs résultats ne se ressemblent pas. 

 

L’Agence Internationale de Recherche contre le Cancer (IARC) estimait encore récemment que l’usage du téléphone portable était une cause possible de cancer (grade 2B). 

 

Pour arriver à cette conclusion, elle s’était principalement appuyée sur deux études épidémiologiques, l’étude Interphone et une étude suédoise, de Hardell et coll.

 

Une équipe Etats-unienne a choisi d’aborder la question de façon très pragmatique, en comparant l’évolution du nombre des tumeurs gliales, entre 1992 et 2008 dans douze états des Etats-Unis, aux incidences prévisibles calculées selon les données des deux études à l’origine de la conclusion de l’IARC.

Aux Etats-Unis, l’incidence des gliomes a été globalement stable entre 1992 et 2008 (- 0,02 % par an, Intervalle de confiance à 95 % – 0,28 % à 0,25 %), période coïncidant justement avec une augmentation considérable du taux d’utilisation du téléphone portable, qui est passé de 0 % à près de 100 %. 

Tout juste les auteurs retrouvent-ils une modeste augmentation de 0,73 % par an de l’incidence des gliomes du lobe temporal.  

Or, tout en admettant un délai de latence de 10 ans et un risque relatif faible, aux alentours de 1,5, l’incidence des gliomes aurait dû connaître une augmentation de 10,7 % au cours de la période étudiée, et d’au moins 20 % si l’on admet un temps de latence de 5 ans seulement ou un risque relatif de 2.

Selon l’étude suédoise et en calculant le risque en tenant compte de différents temps de latence et des heures cumulées d’utilisation du téléphone, le taux attendu de gliome serait supérieur de 40 % à celui observé en 2008. 

 

L’étude Interphone, qui incluait une faible proportion de personnes fortement exposées, donne des résultats similaires à ceux retrouvés dans cette étude, avec une modeste augmentation du taux de gliomes temporaux. 

Toutefois les auteurs ne retrouvent pas la différence de 19 % notée dans l’étude Interphone entre les utilisateurs et les non-utilisateurs, faisant suspecter l’existence d’un biais de participation.

Les auteurs soulignent aussi que plusieurs équipes ont repris les résultats des études expérimentales in vitro et in vivo concernant l’exposition aux ondes résultant de l’utilisation des téléphones portables.

Selon eux, aucune donnée incontestable ne permet de conclure à une augmentation du risque de cancer d’aucune sorte ni à une augmentation des taux de mutation des cellules somatiques ou germinales.

 

 

Dr Roseline Péluchon

 

Little M.P. et coll.: Mobile phone use and glioma risk: comparison of epidemiological study results with incidence trends in the United States
BMJ 2012;344:e1147 doi: 10.1136/bmj.e1147

 

 

Publié le 13/03/2012

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Published by Chronimed - dans Concept
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