Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 06:46
Il aurait été difficile d’imaginer il y a quelques années que les génériques puissent de nouveau être une source de conflit au sein de la communauté médicale. Le principe du remplacement quasiment systématique des princeps par la copie équivalente semblait en effet désormais parfaitement accepté par tous. Pourtant, depuis le début de l’année, une polémique larvée altère sensiblement les rapports entre pharmaciens et médecins autour de ces fameux génériques. Le point d’orgue en a été un rapport de l’Académie nationale de médecine qui loin de jeter un discrédit complet sur les copies s’est contenté d’inviter à la vigilance et a défendu le droit des médecins à user de la mention « non substituable ». Cette dernière cependant cristallise depuis plusieurs mois les rancoeurs des officines qui seraient convaincues de sa progression constante sur les ordonnances ; phénomène qui les empêcherait d’atteindre leur objectif de substitution porté cette année à 85 %. Pas de substitution pour 22 % des ordonnances ? Le ton est d’ailleurs fortement monté cette semaine avec la publication par l’organisation qui regroupe les fabricants de génériques (GEMME) des résultats d’une enquête de BVA menée auprès de 200 médecins généralistes affirmant que ces derniers utiliseraient la mention « non substituable pour 22 % de leurs prescriptions ». Un tel taux semblait confirmer les soupçons nourris ces derniers mois par les syndicats de pharmaciens convaincus de la hausse de l’utilisation de la mention NS. Sport national ou épiphénomène  La pertinence de ces résultats serait cependant à remettre fortement en question comme l’a confirmé hier un communiqué de l’Assurance maladie. Elle a en effet tenu à rappeler que les résultats finalisés d’une analyse portant sur 12 000 ordonnances faisaient état d’une utilisation sur seulement 4,2 % d’entre elles de la mention NS. En rappelant ce taux qui avait déjà été évoqué en novembre dernier, l’Assurance maladie semble vouloir mettre un point d’arrêt aux rumeurs persistantes assimilant le recours à la mention NS à un « sport national » chez les médecins pour reprendre l’expression de Jean-Luc Audhoui, de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), cité par La Croix. Cependant, l’Assurance maladie a tenu parallèlement à rappeler à l’intention des médecins, même rares, qui semblent s’interroger sur la fiabilité des génériques les résultats d’une autre étude menée par ses soins ayant porté sur l’efficacité d’un médicament anti-cholestérol et son équivalent générique. Les données analysées de 100 000 patients n’ont mis à jour aucune différence en terme de mortalité ou de morbidité insiste l’Assurance maladie, espérant que cette démonstration suffira à rassurer les plus méfiants (même si ce n’est pas nécessairement au sujet des hypocholestérolémiants que la question de l’équivalence se pose le plus fortement). Enfin, l’Assurance maladie a tenu à se montrer confiante quant à la possibilité d’atteindre l’objectif de substitution de 85 % fin 2012 même si le taux actuel n’est que de 72 %. Aurélie Haroche 07/06/2012

Partager cet article

Repost 0
Published by Chronimed - dans Concept
commenter cet article

commentaires