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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 07:12

Flore colique, alimentation et modulation de la génotoxicité d'une amine hétérocyclique

Humblot C 1, Kassie F 2, Nugon-Baudon L 1, Knäsmuller S 2, Lhoste EF 1

1 Unité d'écologie et de physiologie du système digesti, INRA, Domaine de Vilvert, 78350 Jouy-en-Josas. 2 Institut of Cancer Research, University of Vienna, Borschkegasse 8a, 1090 Vienna, Autriche.

 

L'objet de ce travail est d'évaluer les interactions entre les amines hétérocycliques et certains aliments interagissant avec la flore colique (laits fermentés, fibres et glucosinolates) chez le rat associé à une flore humaine.

Les amines hétérocycliques sont de puissants mutagènes présents dans l'alimentation.

Formées lors du grillage ou du fumage de la plupart des aliments, elles pèsent d'un poids non négligeable dans les processus de cancérisation (en particulier au niveau du côlon), même s'il est difficile d'évaluer leur impact spécifique.

Nombre d'entre elles sont métabolisées par les enzymes du métabolisme des xénobiotiques (EMX : cytochrome P450, UDP-glucuronosyl transférase, glutathion-S-transférase...) et par la flore colique (beta-glucuronidase).

Certains métabolites sont génotoxiques alors que d'autres ne présentent aucune toxicité.

Les aliments ayant un impact sur la flore colique peuvent-ils moduler les effets génotoxiques d'une amine hétérocyclique majoritaire dans l'alimentation (IQ) ?

Nous avons choisi de tester quatre aliments : chou de Bruxelles, lait fermenté et deux prébiotiques* (inuline à courte chaîne ou à longue chaîne).

Des rats sans germe ont été inoculés avec la flore d'un donneur sain puis répartis en quatre groupes recevant un aliment de type humain enrichi d'un des quatre composés étudiés.

Après 4 semaines de traitement, la moitié des rats a reçu une dose unique d'IQ et les dommages à l'ADN ont été mesurés par le test de la comète. L'autre moitié des rats a été sacrifiée et le foie prélevé afin de doser certaines EMX.

Les métabolites bactériens ont été dosés dans les contenus cæcaux.

Les effets génotoxiques de l'IQ sont diminués par la consommation de chou de Bruxelles et d'inuline à longue chaîne.

La consommation de chou de Bruxelles a diminué la production de butyrate, d'ammoniaque et de D-lactate.

La consommation d'inuline à longue chaîne a diminué la production de D-lactate et d'ammoniaque (tout comme l'insuline à courte chaîne).

Bien que nous n'ayons pas observé d'effet protecteur de l'inuline à courte chaîne sur la génotoxicité de l'IQ, celle-ci a diminué l'activité de la beta-glucuronidase fécale, enzyme ayant une connotation négative.

Seule la consommation de chou de Bruxelles a augmenté la production d'activités enzymatiques de détoxication (NAD-quinone réductase et UDP-glucuronosyl transférase).

L'augmentation de ces activités enzymatiques est associée à une diminution du risque de cancer colique.

* Les prébiotiques sont des constituants alimentaires indigestibles (oligosaccharides...) qui affectent de façon bénéfique l'équilibre de la flore intestinale et son métabolisme.

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Published by chronimed - dans Nutrition
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