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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 08:05
Les composés perfluorés comme l'acide perfluoro-octanoïque (AFPO) ont mauvaise presse. Ils sont omniprésents dans l'environnement au travers, pour ne citer que deux exemples, des détachants ou des anti-adhésifs. L'AFPO est une molécule de synthèse qui suscite plus d'attention que ses congénères car plus souvent retrouvée dans de nombreux produits ménagers ou dans les processus chimiques qui permettent de les fabriquer. Bref, l'AFPO est dans le collimateur, au point d'être traqué dans les fluides biologiques de l'organisme, en premier lieu le sang. Pourrait-il être en cause dans la survenue de la maladie cardiovasculaire (MCV) qui reste l'ennemi numéro de la santé publique ? L'hypothèse a été avancée devant les résultats de certains dosages sanguins qui ont retrouvé des quantités faibles, quoique non négligeables de la molécule en question dans 98 % des cas. De tels résultats sont pris au sérieux, l'identification de nouveaux facteurs de risque cardiovasculaire étant toujours d'actualité, la pathogénie de la MCV restant imparfaitement expliquée. En outre, certaines données purement expérimentales émanant de modèles animaux ou autres rendent plausible une association entre MCV et AFPO. Une étude réalisée aux Etats-Unis va un peu plus loin dans la mesure où elle a tenté d'établir une relation entre les taux sériques d'AFPO et la probabilité d'une MCV. Au total, 1 216 sujets (dont 51,2 % de sexe féminin) ont été «extraits» de la vaste base de données constituée à partir d'une enquête célèbre, en l'occurrence la National Health and Nutritional Examination Survey (1999-2003). Les taux sériques d'AFPO ont été répartis en quartiles. L'attention s'est portée sur les participants rapportant être atteints d'une MCV, incluant la maladie coronaire et les accidents vasculaires cérébraux et chez ceux souffrant d'une AOMI (artériopathie des membres inférieurs) objectivée par un index de pression bras/cheville, inférieur à 0,90. Les taux sériques d'AFPO ont été positivement associés à l'existence d'une MCV et d'une AOMI, indépendamment des variables ou des facteurs suivants : âge, sexe, race/ethnie, tabagisme, indice de masse corporelle, diabète, hypertension artérielle et cholestérolémie. La comparaison interquartile réalisée dans le cadre d'une analyse multivariée a montré que pour le quartile supérieur des taux d'AFPO, le risque relatif de MCV, en fait l'odds ratio était de 2,01 versus quartile inférieur (p=0,01). Il en a été de même pour l'AOMI, l'odds ratio étant en effet de 1,78 (p=0,04). L'exposition à l'AFPO est associée à la survenue d'une MCV ou d'une AOMI, indépendamment des autres facteurs de risque cardiovasculaire. Faut-il avoir peur de l'AFPO ? Excellente question, car il est évident que la relation établie entre AFPO, MCV et AOMI ne saurait être assimilée à un lien de causalité. Shankar A et coll. : Perfluorooctanoic Acid and Cardiovascular Disease in US Adults. Arch Intern Med., 2012; 172 :1-7. 09/11/12 Dr Philippe Tellier

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Published by Chronimed - dans Concept
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