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16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 13:59
Le sofosbuvir est un analogue nucléotidique de l’uridine qui inhibe sélectivement la polymérase NS5B du virus de l’hépatite C (VHC). Cette publication rapporte les résultats d’une étude ayant évalué la combinaison du sofosbuvir avec la ribavirine et l’interféron pégylé (peg-INF) chez des patients non cirrhotiques, infectés par un VHC et naïfs de traitements antérieur. Il s’agit d’une étude randomisée ouverte qui a recruté des patients dans 42 centres situés aux USA et à Porto-Rico entre mars et septembre 2011. Les patients étaient éligibles s’ils avaient plus de 18 ans, étaient infectés par un VHC de génotype 1, 4, 5 ou 6, et n’avaient jamais reçu de traitement antérieur pour cette infection. Ils ont été randomisés dans une des trois cohortes A, B ou C, avec un ratio 1, 2, 3 ; la randomisation était stratifiée sur le génotype IL28 (allèle CC vs non CC) et la charge virale (supérieure ou inférieure à 800 000 UI/ml). Les patients infectés par un génotype 1 ont reçu 400 mg de sofosbuvir associé à de la ribavirine et du peg-INF pendant 12 semaines (cohorte A), 24 semaines (cohorte B), ou 12 semaines de cette trithérapie suivie de 12 semaines avec soit sofosbuvir seul, soit sofosbuvir et ribavirine (cohorte C). Les sujets infectés par un virus de génotype 4, 5, ou 6 ont tous été inclus dans la cohorte B. Au total 316 patients génotype 1 (VHC-G1) ont été inclus dans cette étude, 52 dans la cohorte A, 109 dans la B et 155 dans la C. Onze patients infectés par un VHC de génotype 4 et cinq avec un génotype 6 ont été placés dans la cohorte B. Chez les patients VHC-G1 les taux de réponse virologique soutenue (RVS24, charge virale négative à 24 semaines) ont été de 89 % (92-94 %, 46/52 patients), 89 % (82-94 %, 97/109 patients) et 87 % (81-92 %, 135/155 patients) dans les cohortes A, B et C respectivement, bien évidemment sans différence significative entre les trois cohortes. Cette réponse virologique ne semblait pas être affectée par la charge virale ou le polymorphisme de l’IL28B. Les patients infectés par un VHC-G1 avaient essentiellement un génotype 1a (77 %, 68 % et 75 %, dans les cohortes A, B et C respectivement), et les résultats ne sont pas analysés en fonction du génotype 1a vs 1b. Neuf des 11 patients (82 %) infectés par un VHC-G4 et tous les 5 patients infectés par un VHC-G6 avaient une RVS à la 24ème semaine. Sept patients, tous infectés par un VHC-G1, ont rechuté après la fin du traitement. Les effets indésirables les plus fréquemment à l’origine de l’arrêt prématuré du traitement, à savoir l’anémie et la neutropénie, sont des effets indésirables liés à la ribavirine et le peg-INF. Une interruption prématurée du traitement a été observée chez 3 (6 %), 18 (14 %) et 3 (2 %) patients, dans les cohortes A, B et C respectivement. La conclusion des auteurs de cette étude est que le sofosbuvir est efficace et bien toléré, qu’il n’y a pas de bénéfice à poursuivre le traitement au-delà de 12 semaines, mais que ces résultats méritent d’être confirmés lors d’études de phase 3 (bien évidement réalisées au moment de cette publication). Cette étude encourage à l’évaluation de cette trithérapie incluant le sofosbuvir pendant 12 semaines, dans une population plus large incluant des patients cirrhotiques. Nous attendons toujours les traitements sans interféron, particulièrement pour les patients cirrhotiques. Pr Marc Bardou Publié le 24/06/2013 Kowdley et coll. : Sofosbuvir with pegylated interferon alfa-2a and ribavirin for treatment-naive patients with hepatitis C genotype-1 infection (ATOMIC): an open-label, randomised, multicenter phase 2 trial. Lancet 2013; 381: 2100-07

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Published by Chronimed - dans Infections froides
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