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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 10:01

« DMLA - Cécité : un médicament efficace et 30 fois moins cher »

« cas d’école », 

« emblématique d'un combat à mener pour réduire les dépenses de santé dans les pays occidentaux, sans diminuer la qualité des soins ».

« deux médicaments sont utilisés actuellement contre la dégénérescence maculaire liée à l'âge. 

[…] Le premier, le Lucentis, injecté tous les mois dans l'œil au prix d'environ 1 100 € la dose, est autorisé par l'Agence du médicament. 

Le second, l'Avastin, copie quasiment conforme du premier et utilisé de la même manière, coûte environ 30 € par injection, mais n'a pas reçu d'autorisation ».

« sous la pression économique, les autorités sanitaires britanniques ont lancé, il y a 4 ans, un essai comparant le Lucentis à l'Avastin, chez 610 patients souffrant de DMLA. 

Les résultats, présentés dimanche 6 mai lors d'un congrès en Floride, confirment la similitude totale des deux molécules tant en ce qui concerne l'efficacité que les effets secondaires ».


« C'est aujourd'hui aux autorités sanitaires de prendre la décision d'autoriser l'Avastin afin que tous les patients ayant besoin de ce médicament puissent être soignés, sans pour autant faire exploser les dépenses de santé. […] La nouvelle étude anglaise, à paraître sous peu dans le journal Ophtalmology, devrait clore le débat et confirmer la similitude des molécules, hormis leur prix ».


Le Pr Usha Chakravarthy (université de Belfast), qui a mené cet essai baptisé Ivan, précise ainsi que « les résultats à la fin de la première année montrent que Lucentis et Avastin ont exactement la même efficacité ».

« les effets secondaires seraient dans cet essai un peu plus importants avec le Lucentis que l'Avastin. Une étude américaine ayant trouvé 1 an auparavant un tout petit peu plus de complications avec l'Avastin, les deux résultats s'annulent donc ».


« Que vont faire les pouvoirs publics ? La réponse n'est pas simple. Actuellement, en France, plusieurs services hospitaliers d'ophtalmologie font conditionner de manière artisanale par les pharmacies des hôpitaux des doses d'Avastin à utiliser en injection intra-oculaire. Car le produit n'est disponible que sous une forme utilisable en cancérologie. Et ce sont ces doses produites artisanalement qui sont utilisées, hors de tout champ légal ».
« Cependant, les données accumulées depuis 5 ans concluent toutes à un effet similaire des deux médicaments. La balle est donc dans le camp des autorités sanitaires qui, même si elles vont mécontenter les firmes pharmaceutiques, doivent prendre les décisions qui s'imposent face à tant d'évidence ».

 

« Les autorités peuvent faire plier les laboratoires » 

« médicament efficace et 30 fois moins cher » 

-contre la DMLA-

« L’étude anglaise […] aura-t-elle des répercussions en France ? 

En tout cas, l’idée qu’un médicament puisse légitimement être utilisé dans une situation pour laquelle il n’était pas destiné au départ a été entérinée par le Conseil d’état dès 2008, à l’issue d’une féroce bataille ».


« 3 ans plus tôt avait été signé un accord de bon usage, entre l’assurance-maladie et les syndicats médicaux, qui avait fait bondir les industriels du médicament. Il proposait aux médecins de prescrire de l’aspirine aux malades souffrant d’artérite des jambes au même titre que du Plavix, un antiagrégant plaquettaire… 20 fois plus cher. Scandale : le Plavix a une autorisation de mise sur le marché dans cette indication, alors que l’aspirine n’en a pas ».

« à l’époque, le laboratoire Sanofi Bristol-Myers Squibb, fabricant du Plavix, s’indignait non sans raison : il avait mené toutes les études montrant le bon rapport bénéfice/risque de son médicament et obtenu une AMM pour le traitement de l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs. […] 

De leur côté, les autorités de santé s’appuyaient sur des études internationales bien conduites montrant l’intérêt de l’aspirine dans ce cas-là, sans qu’existe pour autant une AMM ».


« un véritable coup de tonnerre dans le monde du médicament, car jusqu’ici le laboratoire gardait une certaine maîtrise de l’utilisation de son médicament. […] Cela, même lorsque des études indépendantes montrent l’intérêt du médicament dans d’autres situations ».


« Un privilège précieux, car un laboratoire n’a pas toujours intérêt à étendre l’usage de son médicament. Notamment dans certaines pathologies plus risquées où, en cas d’effets indésirables, c’est toute l’image du médicament qui en pâtirait ».
« désormais, [les autorités de santé] peuvent intégrer dans leurs recommandations des données scientifiques qui ne se sont pas forcément traduites par une AMM. De plus, les médecins verront leur responsabilité reportée sur l’autorité en question, au cas où les choses tourneraient mal ».
« Car, si les principes généraux du droit confèrent aux médecins une liberté de prescription qui les autorise à prescrire hors AMM - ce dont ils ne se privent pas, selon l’assurance-maladie –, ils doivent alors en assumer la responsabilité ».

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Published by Chronimed - dans Concept
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