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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 21:18
Simplifier le dépistage et le suivi des cancers en élaborant des outils permettant d’identifier la présence d’une tumeur ou de métastases grâce à un simple dosage sanguin ou urinaire est une voie de recherche suivie avec enthousiasme par de nombreuses équipes à travers le monde et notamment en France. Ces dernières années, des résultats encourageants ont pu être proposés. Ainsi, l’année dernière des biologistes du CNRS, de l’Inserm et des universités Paris Descartes et de Strasbourg annonçaient être parvenus à mettre au point une technique capable de déceler les traces d’ADN tumoral présentes dans les urines ou le sang d’un patient souffrant d’un cancer. Leur technique élaborée en collaboration avec une équipe allemande du Max Planck institute (Göttingen, Allemagne) et une société américaine permet de « déceler des seuils d’ADN 20 000 fois inférieurs à ce qui se faisait avant en clinique » expliquait le communiqué du CNRS en mai 2011. Grâce à ce procédé, ces chercheurs confirmaient la possibilité de contourner l’obstacle majeur soulevé par l’ADN tumoral : son infime présence dans les fluides biologiques. A titre d’exemple, on rappellera que l’ADN tumoral « représente moins de 0,01 % de tout l’ADN qui se trouve sous forme diluée » dans le sang.
Une technique simple et peu coûteuse

Aujourd’hui, alors que des tests reposant sur l’utilisation de la PCR (réaction en chaîne par polymérase) pour détecter la présence d’un cancer colorectal à partir d’un échantillon sanguin ont déjà prouvé l’efficacité de cette méthode, une équipe français présente dans la revue Clinical Cancer Research de nouveaux résultats très prometteurs. Ces chercheurs de l’INSERM et de l’Institut Curie ont en effet mené chez 21 patients souffrant d’un mélanome oculaire des essais confirmant la possibilité de détecter la présence de la maladie grâce à une recherche de l’ADN tumoral dans le sang du patient. Ils ont eu recours à la méthode de la polymérisation activée par pyrophosphorolyse (PAP), une technique basée sur la PCR. « Cette technique allie sensibilité et spécificité puisqu’elle permet d’identifier une mutation ponctuelle dans un gène au milieu d’une quantité d’ADN équivalente à plus de 10 000 génomes entiers  de cellules » précise le communiqué de presse de l’INSERM. Grâce à cette méthode « peu coûteuse » et pouvant être mise en œuvre dans n’importe quel laboratoire de biologie moléculaire, ils sont parvenus à détecter l’ADN tumoral chez 20 des 21 patients. Ils ont également pu observer que la quantité d’ADN tumoral était proportionnelle à l’importance de la tumeur, telle qu’elle avait été mesurée par l’IRM.
Une méthode validée

Ce procédé est tout d’abord un atout certain pour les patients souffrant de mélanome oculaire chez lesquels les métastases, qui peuvent survenir dix voire vingt ans après le diagnostic initial du cancer ne sont souvent détectées que tardivement par les techniques d’imagerie. Mais au-delà, à l’instar des travaux précédemment cités, cet essai confirme la faisabilité et l’intérêt clinique d’un dépistage du cancer grâce à la recherche de l’ADN tumoral dans le sang.


Aurélie Haroche 27/6/2012

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Published by Chronimed - dans Concept
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