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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 10:17
De nombreux travaux s’intéressent aux liens entre surpoids et symptômes vasomoteurs, deux phénomènes particulièrement fréquents chez les femmes arrivant à l’âge de la ménopause. Si des associations semblent bien exister, les mécanismes physiopathologiques qui les sous-tendent restent inconnus. On sait cependant que le tissu graisseux est responsable d’un certain degré d’activité endocrinienne, étant capable de sécréter cytokines et facteurs inflammatoires réunis sous le terme d’adipokines. La leptine fait partie de ces adipokines, tout comme l’adiponectine ou la protéine MCP-1 (monocyte chemoattractant protein 1). Ce sont 536 femmes de la cohorte prospective américaine SWAN (Study of Women's Health Across the Nation), âgées de 42 à 52 ans à l’inclusion, qui ont permis à Rebecca C. Thurston et ses collaborateurs d’analyser les liens entre masse grasse, profil des adipokines et survenue des bouffées de chaleur. Les investigateurs ont défini un profil d’adipokines dit « défavorable », se traduisant sur le bilan sanguin par une adiponectine basse, une leptine élevée, une diminution du récepteur soluble à la leptine et une augmentation des taux de MCP-1. Le suivi de la cohorte pendant 8 ans a montré que les associations entre profil d’adipokines et troubles vasomoteurs variaient aux différentes périodes de la ménopause. Ainsi, en tout début de préménopause, ce sont les femmes qui avaient les profils d’adipokines les plus défavorables qui avaient le plus de risque de bouffées de chaleur, analyse faite en tenant compte de l’indice de masse corporelle (IMC) des patientes. Cette association n’était plus retrouvée en périménopause. À la ménopause, une élévation des taux de MCP-1 était significativement associée à la fréquence des bouffées de chaleur nocturnes (Odds ratio : 1,37). Les interactions entre IMC et symptômes vasomoteurs variaient également selon la période considérée : en préménopause et en début de périménopause, les femmes en surpoids ou obèses sont celles qui ont le plus de bouffées de chaleur. En revanche, cette association n’était retrouvée ni en fin de périménopause ni en postménopause, la tendance semblant même au contraire s’inverser. Selon les auteurs de ce travail, ces résultats sont une étape supplémentaire vers la compréhension de la physiopathologie des troubles vasomoteurs aux différents stades de la ménopause, et pour mieux appréhender l’impact de l’adiposité et des adipokines sur ces phénomènes. Dr Arielle le Masne 26/07/2013 Thurston RC et coll. : Adipokines, adiposity, and vasomotor symptoms during the menopause transition: findings from the Study of Women's Health Across the Nation. Fertil Steril., 2013 Jun 10. pii: S0015-0282(13)00568-2.

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Published by Chronimed - dans Concept
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