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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 07:06
Les chercheurs new-yorkais ont utilisé des cellules immunitaires génétiquement modifiées pour traiter des patients adultes atteints de leucémie lymphoblastique aiguë. (professeurs Sadelain et Brentjens Memorial Sloan-Kettering Cancer Center.) La thérapie cellulaire contre la leucémie aiguë de l'adulte Mots clés : cancer, leucémie, Infographie Des chercheurs ont réussi à soigner des patients adultes en leur injectant leurs propres cellules immunitaires modifiées. Parmi les cancers du sang de l'adulte, les leucémies aiguës lymphoblastiques (LAL) sont les plus sévères: difficiles à traiter, leur taux de rechute est important. Pour les patients en récidive, le pronostic à court terme est alors très peu favorable. Les résultats publiés récemment dans la revue Science Translational Medicine par une équipe du centre de recherche sur le cancer «Memorial Sloan-Kettering» (New-York) pourraient ouvrir des perspectives de traitement pour les formes les plus réfractaires de ce type de leucémie. La thérapie cellulaire développée par l'équipe des professeurs Sadelain et Brentjens a en effet permis pour la première fois de faire reculer la maladie chez trois patients adultes atteints d'une forme résistante de LAL. En décembre dernier, le cas d'une petite fille de 7 ans, Emily Whitehead en rémission après un traitement novateur, avait suscité beaucoup d'espoir pour les malades atteints de LAL. L'originalité de cette thérapie résidait dans l'utilisation des cellules immunitaires de la malade, prélevées, modifiées génétiquement puis réinjectées. «C'est une sorte de reprogrammation du système immunitaire, explique le Pr Mauricette Michallet, chef du service d'hémato-oncologie de l'hôpital Lyon-Sud. Alors que les cellules immunitaires n'arrivent pas à faire face aux cellules cancéreuses, la modification génétique leur apporte de nouvelles compétences et les rend aptes à défendre l'organisme contre le cancer.» Le principe de cette thérapie cellulaire date de plusieurs années déjà mais c'était la première fois que la technique montrait son efficacité dans un cas de leucémie aiguë. Les chercheurs new-yorkais ont utilisé une technique de thérapie cellulaire similaire mais cette fois-ci chez des patients adultes. Si la LAL est une leucémie beaucoup plus rare chez les adultes que chez les enfants, elle se traite aussi beaucoup moins bien. «Pour les patients qui n'entrent pas en rémission après la première ou la deuxième chimiothérapie, le pronostic est souvent peu favorable, précise le Pr Michel Sadelain, responsable de l'essai clinique. Et le taux de patients qui n'entrent pas en rémission, même après une greffe, reste élevé.» Seuls trois des cinq patients participant à l'essai new-yorkais ont vu leur état de santé s'améliorer après la thérapie cellulaire. Mais pour le Pr Edgardo Carosella, chef du service de recherche en hémato-immunologie à l'hôpital Saint-Louis, ces résultats constituent une avancée importante. «Il faut bien sûr rester prudent face à une étude préliminaire comme celle-ci. Mais si les résultats étaient confirmés sur d'autres patients, ce serait un véritable espoir pour développer de nouveaux traitements contre les leucémies aiguës réfractaires», explique-t-il. Michel Sadelain souligne la rapidité avec laquelle la thérapie cellulaire a agi. Pour le patient le plus gravement atteint il a suffi de huit jours pour que les cellules cancéreuses ne soient plus détectables. Le Pr Sadelain ajoute que «contrairement aux chimiothérapie, ce traitement ne détruit pas les autres cellules de la moelle - à l'exception des lymphocytes B - ce qui permet une bien meilleure récupération». Le premier patient ayant bénéficié de cette thérapie est toujours en rémission depuis 24 mois. Plusieurs années à attendre Les experts s'accordent sur le fait que cette thérapie cellulaire est une approche complexe, individualisée et qu'il serait sans doute difficile de la développer à grande échelle. Le Pr Carosella ajoute que ce traitement peut présenter des effets secondaires qui restent encore à déterminer: «le bénéfice d'une telle thérapie cellulaire pourrait être malgré tout intéressant car elle s'adresse à des patients pour lesquels d'autres traitements ont été peu inefficaces.» Les chercheurs soulignent la nécessité de poursuivre leurs investigations pour améliorer et apprendre à mieux maîtriser ce type de thérapies. Il faudra encore plusieurs années, et surtout d'autres résultats concluants, avant que ces traitements soient opérationnels et applicables en clinique. Les médecins insistent donc sur le fait qu'aujourd'hui les patients atteints de LAL n'ont d'autre recours que la greffe de moelle osseuse et que le nombre de donneurs reste insuffisant. L'Agence de la biomédecine, qui a lancé ce lundi la huitième Semaine nationale de mobilisation pour le don de moelle osseuse, rappelle que chaque année, ce sont environ 2000 patients qui ont besoin d'une greffe. Or il est très difficile de trouver un donneur compatible. L'objectif de l'Agence de la biomédecine serait de recruter cette année 18.000 nouveaux donneurs pour mieux répondre aux besoins des malades, en espérant atteindre 240.000 donneurs inscrits sur le registre France Greffe de Moelle avant 2015. Ils sont aujourd'hui un peu plus de 200.000. Par Stéphany GardierService le 28/03/2013

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Published by Chronimed
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