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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 10:06
L’organisation du dépistage systématique des infections à Chlamydiae aurait un triple objectif : détecter et traiter les infections asymptomatiques, limiter la propagation de l’infection et réduire l’incidence des pathologies inflammatoires pelviennes, facteur majeur de risque d’infertilité et de grossesses extra-utérines. Son intérêt est régulièrement l’objet de publications médicales. Certains pays envisagent en effet de remplacer le dépistage opportuniste par un dépistage organisé, ou, comme en Angleterre, encouragent un dépistage annuel pour les moins de 25 ans et après chaque changement de partenaire. Mais pour le moment, les preuves manquent de l’intérêt que représente un dépistage organisé par rapport aux dépistages opportunistes. Une étude réalisée aux Pays-Bas vient alimenter le débat. Il s’agit d’un essai contrôlé randomisé incluant plus de 300 000 hommes et femmes âgés de 16 à 29 ans. Entre mars 2008 et février 2011, ils ont été invités annuellement, par courrier postal, à demander par internet un kit de prélèvement urinaire pour les hommes et de prélèvement vaginal ou urinaire pour les femmes. En cas de non réponse sous 4 semaines, un rappel par courrier postal leur était envoyé, et si un kit était demandé mais non retourné dans les deux semaine, un rappel était fait par voie électronique. Le résultat du test était accessible par internet avec un code d’accès, ou par courrier, et en cas de positivité le traitement délivré par le médecin généraliste référent ou un centre de dépistage des maladies sexuellement transmissibles. La première année, la participation au dépistage est de 16,1 %. Mais au lieu de s’accroître comme on pouvait l’espérer, elle diminue d’année en année, passant à 10,8 % après la deuxième invitation et à 9,5 % après la troisième. Dans le groupe contrôle, composé de patients dépistés dans le circuit de soins habituel, le dépistage atteint en moyenne 13 %. Concernant le taux de positivité, il est de 4,3 % lors du premier test de dépistage systématique, identique à celui du groupe contrôle et de 4,1 % au 3è cycle d’invitations. Mais seulement 2,8 % des participants répondront aux 3 invitations. Chez ces derniers, la positivité du test passe de 6 % au premier test à 3 % au troisième (différence – 3 % ; OR [odds ratio] = 0,49 ; intervalle de confiance à 95 % de 0,47 à 0,50). Le peu de bénéfice constaté tient essentiellement au faible taux de participation aux trois cycles. Bien que séduisante en théorie, l’idée d’un dépistage systématique des infections génitales à Chlamydiae montre ici ses limites dans la vie courante. Mais si les auteurs concluent négativement à la question de l’intérêt du dépistage organisé, il y a fort à parier que le sujet n’est pas éteint. D’autres type de design organisationnel auraient peut-être en effet des résultats différents. Dr Roseline Péluchon 06/07/2012

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Published by Chronimed - dans Infections froides
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