Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 20:12
Le facteur de libération de l’hormone de croissance encore appelé GH-RH (hormone–releasing hormone) par les anglosaxons aurait des effets stimulants sur certaines fonctions cognitives. Les applications cliniques semblent encore être bien lointaines, mais il est d’ores et déjà licite de s’interroger sur les mécanismes biologiques activés par ce neurotransmetteur. La spectroscopie RMN du proton ; une technique de choix La technique de choix pour explorer le métabolisme cérébral in vivo chez l’homme est actuellement la spectrométrie RMN du proton qui ne fournit par d’images, mais des courbes relevant d’une analyse spectrale relativement complexe mais extraordinairement précise. Cette approche a été utilisée dans le cadre d’une étude randomisée menée à double insu contre placebo, au sein de l’unité de recherche clinique de l’Université de Washington. Elle a inclus 30 sujets relativement âgés (55-87 ans), dont 17 atteints d’un déficit cognitif léger (DCL), les 13 autres participants étant en l’occurrence des témoins. Une étude randomisée contre placebo L’administration d’un analogue stabilisé du GH-RH (tésamoréline) a été effectuée par voie sous-cutanée (1 mg/jour) pendant 20 semaines consécutives, 30 minutes avant le coucher, ceci dans le groupe traité. Un placebo a été administré dans les mêmes conditions chez les autres participants. Une IRM et une spectroscopie du proton ont été systématiquement réalisées à l’état basal, puis à deux reprises, respectivement 10 et 20 semaines plus tard. Dans le même temps, des tests cognitifs ont été pratiqués, ainsi qu’une évaluation de la tolérance glucidique. L’analyse spectroscopique a permis de mesurer les concentrations cérébrales des neurotransmetteurs suivants: glutamate, GABA (γ-aminobutyric acid), NAAG ( N-acetylaspartylglutamate) et MI (myo-inositol) ; ce dernier étant un osmolyte lié à la maladie d’Alzheimer. Ces mesures ont été effectuées dans trois aires cérébrales de petite taille (2 × 2 × 2 cm3l) situées dans l’hémisphère gauche : région frontale dorsolatérale, cingulum postérieur et partie postérieure du lobe pariétal. Des résultats inédits Au terme de 29 semaines de traitement par le GH-RH, les taux de GABA ont augmenté dans ces trois sites (p < 0,04 versus état basal). Les taux de NAAG n’ont augmenté que dans le cortex frontal dorsolatéral (p = 0,03), cependant que ceux du MI diminuaient au sein du cingulum postérieur (p = 0,002). Ces résultats ont été obtenus certes chez les patients atteints d’un DCL, mais aussi chez les sujets dont les fonctions cognitives étaient normales. Dans le cingulum postérieur, les modifications des concentrations sériques de l’insulin-like growth factor 1 ont été positivement corrélées à l’élévation des taux cérébraux du GABA (r = 0,47; p = 0,001). Une corrélation négative a été observée pour ce qui est du MI dans cette zone, sans que le seuil de signification statistique soit pour autant atteint (r = −0,34; p = 0,06), ce qui n’est pas surprenant, eu égard au petit nombre de sujets. Une amélioration des fonctions cognitives (p < 0,03) a été enregistrée parallèlement à ces résultats neurochimiques, mais aucune corrélation n’a été établie entre ceux-ci et les variations de la neurotransmission. Aucune modification de la glycorégulation n’a été observée lors du traitement par la GH-RH. En bref Cette étude randomisée qui relève de la recherche clinique à part entière aboutit à des résultats extrêmement prometteurs. Vingt semaines de traitement par le GH-RH augmentent les taux de GABA dans trois régions cérébrales critiques pour ce qui est des fonctions cognitives. Parallèlement, les taux de NAAG augmentent au sein du cortex frontal, cependant que ceux du MI diminuent au sein du cingulum postérieur. La puissance de la spectroscopie RMN du proton est clairement mise en exergue. L’impact neurochimique du GH-RH reposerait sur ces voies de la neurotransmission, qu’il y ait ou non un DCL. Bien évidemment, les conséquences thérapeutiques sont encore lointaines, mais cette étude ouvre des perspectives inédites et passionnantes dans l’approche pathogéniques des maladies neurodégénatives et dans la compréhension du vieillissement cérébral. Une voie de recherche également pour la pharmacothérapie du DCL et des démences. Dr Philippe Tellier 17/08/2013 Friedman SD et coll.: Growth Hormone–Releasing Hormone Effects on Brain γ-Aminobutyric Acid Levels in Mild Cognitive Impairment and Healthy Aging. JAMA Neurol 2013 ; 70 : 883-890.

Partager cet article

Repost 0
Published by Chronimed - dans Infections froides
commenter cet article

commentaires