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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 07:06
Du miel et des vers, mais pas d’antibiotiques Sans doute croyez vous bien connaître le diclofénac, anti inflammatoire largement prescrit en ville et à l’hôpital ; mais saviez vous que cette molécule possède une activité bactéricide vis-à-vis de souches de staphylocoques, Listeria, Escherichia coli ou Mycobacterium, sensibles ou non aux antibiotiques ? Et ce n’est pas le seul médicament non supposé anti bactérien à développer de tels effets, puisqu’on pourrait aussi citer les statines, les phosphonosulphonates, l’oxyfédrine et d’autres… L’homme devra t-il un jour, submergé par les résistances aux antibiotiques et l’absence de nouveaux produits, « profiter » des vertus cachées de molécules développées pour d’autres usages ? P Bourlioux, de l’Académie de Pharmacie, nous livre un listing de ce que pourraient être les alternatives aux antibiotiques. Une liste ou le miel et les virus tiennent une place de choix… -Bactériophages. Les virus qui détruisent les bactéries sont partout, dans les excréments, la terre, les eaux d’égouts… Ils ont été utilisés un peu partout depuis 1919 pour traiter des maladies infectieuses, et continuent de l’être dans les pays de l’Est ; la phagothérapie n’est pas reconnue en France au prétexte que trop peu d’expérimentations contrôlées ont été publiées, et pourtant le nombre de publications dédiées explose littéralement depuis 1994. Des résultats très intéressants ont été obtenus sur des infections à staphylocoques ou Pseudomonas multi résistants. Les phages, désormais autorisés en agro alimentaire par la FDA américaine, renaissent partout, y compris en France où un laboratoire vient d’obtenir un financement de 900 000 € de la DGA (« Phagespoir »). -Apithérapie. Les propriétés anti infectieuses du miel ont été documentées dès 1894 et, comme les phages, c’est la découverte des antibiotiques qui les a plongées dans le domaine du folklore. Le miel développe des propriétés curatives synergiques, agissant tant sur la phase inflammatoire que sur les germes eux- mêmes ou sur la production des cytokines et la granulation. Tous ne sont pas également efficaces, les anglos-saxons préférant le miel de manuka et les français le miel de thym. Le miel est régulièrement utilisé par certaines équipes françaises (celle de Limoges a acquis en la matière une incontestable réputation), grâce à un produit filtré et passé aux rayons gammas avant d’être utilisé, surtout pour des blessures traumatiques et chirurgicales et sur des brûlures. Ce n’est pas tout, loin de là. Certaines plantes pourraient être utiles dans certaines circonstances et, sur ce site, ont été exposés à plusieurs reprises les multiples intérêts de l’asticothérapie (ou luciliathérapie ou larvothérapie), méthode de désinfection des plaies très ancienne dont les Australiens ont toujours été de grands adeptes (citons aussi des travaux de Caen ou Lyon). P Bourlioux leur consacre évidemment une belle place, rappelant que l’utilisation des larves d’asticots a été reconnue comme médication en Europe en 2004 et qu’une première ATU a été délivrée par l’Afssaps en France en 2006. Peut-être entrerons nous bientôt, comme d’aucun le craignent, dans l’ère post-antibiotiques. Ce ne sera pourtant pas un véritable retour en arrière, tant l’homme connaît aujourd’hui de nombreux moyens de se défendre contre les microbes. Dr Jack Breuil 10/06/2013 Bourlioux P : De quelles alternatives notre arsenal thérapeutique anti-infectieux dispose-t-il face aux bactéries multi- résistantes ? Annales Pharmaceutiques Françaises 2013 ; 71 : 150-158.

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Published by Chronimed
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