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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 07:56
Coup de force contre les décès prématurés Plus d’un million de jeunes suédois se sont prêtés à une étude dont l’objectif était de déterminer si une moindre force musculaire était associée à un risque de mortalité prématurée (<55 ans). De récents travaux soutiennent en effet l’hypothèse selon laquelle une faible force musculaire serait un facteur de risque de mortalité précoce à l’âge l’adulte, au même titre que les pathologies cardiovasculaires ou le cancer. Les taux bas de mortalité chez les jeunes adultes dans les pays industrialisés rendaient difficile une telle évaluation. Il fallait une cohorte de grande taille pour la rendre possible. C’est chose faite, grâce à ces jeunes suédois âgés de 16 à 19 ans, inscrits sur les registres de conscription au service militaire. Notons d’entrée que l’étude ne concerne que les garçons. La force musculaire était évaluée par la force d’extension du genou et au poignet. Pendant le suivi moyen de 24 ans, 26 146 décès ont été enregistrés (2,3 %). Le décès était le plus souvent accidentel (25,9 %). Le suicide venait ensuite (22,3 %), puis les cancers (14,9 %) et les pathologies cardio-vasculaires (7,8 %). L’hypothèse de départ se confirme, puisque les jeunes gens dont la force musculaire était la plus importante ont un risque inférieur de 20 à 35 % de mortalité prématurée toutes causes confondues par rapport à ceux qui se classent parmi les moins forts. Les auteurs se sont ensuite intéressés aux décès par causes spécifiques les plus fréquentes chez les adolescents. Si les plus forts ont aussi un risque diminué de 35 % de décès de cause cardiovasculaire, indépendamment de l’indice de masse corporelle et de la pression artérielle, il n’existe pas de relation entre la force musculaire et le risque de décès par cancer. En revanche, les adolescents les plus forts ont un risque de suicide diminué de 20 à 30 % par rapport aux moins forts. Plus précisément, pour 100 000 personnes-années, le risque de décès toutes causes confondues va de 122,3 pour les adolescents les moins forts, à 86,9 pour les plus forts. Concernant spécifiquement le décès par suicide, les chiffres sont de 24,6 pour 100 000 personnes-années pour les plus faibles à 16,9 pour les plus forts. Les auteurs remarquent que l’augmentation du risque lié à une force musculaire faible est équivalente à celle observée pour des facteurs de risque bien établis tels que indice de masse corporelle ou pression artérielle élevés. Dr Roseline Péluchon Ortega FB et coll. : Muscularstrength in male adolescents and premature death: cohortstudy of one million participants. BMJ 2012; 345: e7279

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Published by Chronimed - dans Concept
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