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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 17:12

De l’autre côté de l’Atlantique, les Centers for Diseases Control (CDC) sont inquiets : selon le tout dernier rapport qu’ils publient sur le sujet, l’incidence, la mortalité et les coûts financiers liés aux colites à Clostridium (C) difficile ont atteint un niveau historiquement inégalé, alors que le nombre des personnes hospitalisées pour cette raison a triplé ces dix dernières années. 

 

Un évènement remarquable car, sur la même période, les autres infections responsables d’épidémies dans les structures de soins, marquaient, elles, une tendance à la baisse. 

 

Si on les croit, la bactérie serait responsable du décès d’environ 14 000 américains par an. 

Un comble, pour une infection dont on connaît tout, de l’agent responsable au traitement…

On comprend bien l’inquiétude de l’institution américaine et cette mise en garde qu’elle semble adresser aujourd’hui aux personnels médicaux. 

 

Rappelant que la bactérie forme des spores capables de survivre des mois dans l’environnement, aussi bien dans les salles de bains que sur les appareils médicaux, les CDC affirment que 94 % des infections à C difficile seraient liées aux pratiques médicales et que la responsabilité serait largement partagée entre toutes les structures et acteurs de soin, de l’hôpital au médecin libéral de ville (un quart seulement des patients développeraient l’infection à l’hôpital). 

Ils rappellent aussi qu’environ la moitié des infections concernent les moins de 50 ans, même si 90 % des décès surviennent dans la tranche des plus de 65. 

Et poursuivent en laissant imaginer combien ces décès, qu’on pourrait certainement éviter en grande partie, sont illicites.

Mieux contrôler, donc, les infections à C difficile. L’institution américaine énumère encore une fois les règles que devraient suivre les praticiens. 

Il s’agit de ne prescrire des antibiotiques que quand ils sont absolument nécessaires (la moitié des prescriptions seraient abusives), de tester les patients diarrhéiques qui ont été traités par des antibiotiques dans les derniers mois (et non jours ou semaines), d’isoler les patients concernés, d’inviter les personnels de santé à porter des gants et blouses adaptées quand ils s’occupent des malades, de nettoyer les surfaces de soin avec des produits reconnus efficaces sur C difficile et de prévenir les structures réceptrices lors des transferts de malades concernés. 

Nous connaissons tous ces règles, évidemment applicables en France aussi. Les respectons- nous correctement et systématiquement ?

 

 

Dr Jack Breuil Publié le 21/03/2012

 

McDonald LC et coll. Vital signs : preventing Clostridium difficile infection. MMWR Weekly. 2012 ; 61; 157-162.

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Published by Chronimed - dans Concept
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