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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 17:23

Les infections à Clostridium difficile (CD) ont pris une place préoccupante au cours de ces dernières années  en raison de l'augmentation de l'incidence et  de la sévérité des colites, qu’elles soient acquises à l'hôpital ou en ville. Dans certains hôpitaux, cette bactérie a dépassé les infections à staphylocoques dorés comme première cause de mortalité au cours d’infection nosocomiale.

Une revue fait le point sur la prise en charge actuelle de cette complication, issue des recommandations des sociétés savantes américaines (laSociety for Healthcare Epidemiology of Americaet l’Infectious Diseases Society of America).

Les facteurs de risque (tableau 1) sont nombreux et connus.  Les auteurs soulignent toutefois, que chez les malades sous antibiothérapie en soins intensifs,  la plupart des diarrhées (80 % environ) ne sont  pas d’origine infectieuse. La traduction clinique de la colite à CD va de la diarrhée banale à la colite fulminante mettant en jeu le pronostic vital. Les selles liquides ont une odeur assez caractéristique de « grange à chevaux ». Trente pour cent des malades sont fébriles et 50 % ont une hyperleucocytose. Une leucocytose supérieure à 20 000/mm3suggère un risque de progression vers un mégacôlon toxique, survenant chez 3 à 5 % des patients avec un taux de mortalité de 35 à 57 %. Une autre particularité de cette infection est la fréquence des récidives, intéressant 30 % des malades et s’observant quel que soit  le  traitement institué lors du premier épisode. 

Le diagnostic biologique fait appel à plusieurs techniques dont les sensibilités et spécificités ne sont pas clairement documentées. Il importe de pratiquer cette recherche uniquement en présence de symptômes évocateurs de colite à CD car 40 à 60 % des patients colonisés à l’hôpital sont porteurs asymptomatiques.

Le traitement, outre les mesures de réhydratation et l’arrêt si possible du traitement antibiotique à l’origine de la colite, est basé sur le métronidazole oral 500 mg deux fois par jour en cas d’atteinte légère à modérée et la vancomycine orale 125 mg,  4 fois par jour, dans les cas sévère ou récurrents.  De nombreux  traitements associés ont été proposés, dont la bactériothérapie fécale,  mais l’évaluation de ces thérapeutiques est restée relativement sommaire. Au stade de mégacôlon toxique, la colectomie doit être envisagée.

Les stratégies de prévention reposent sur un bon usage des antibiotiques et la prévention de la transmission manuportée. En cas d’épidémie, le port de gants, un lavage des mains à l’eau et  au savon et la désinfection des surfaces à l’eau de Javel sont recommandées. Pour finir, rappelons qu’en France, le signalement  des formes nosocomiales sévères ou survenant  dans un contexte épidémique  est requis.



Dr Béatrice Jourdain Publié le 23/02/2012


Bobo L et coll. : Clostridium diffi cile in the ICU. The Struggle Continues. Chest 2011; 140 (6) : 1643 – 1653.

Tableau 1-facteurs de risque associés avec une colite à Clostridium difficile

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Published by Chronimed - dans Infections froides
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